Après des mois de débats, Ouahbi impose la refonte de la procédure pénale au parlement

Adoption du projet de réforme du Code de procédure pénale : une avancée structurante pour la justice marocaine

Après de longues semaines de concertation et une mobilisation politique constante, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, est parvenu à faire adopter le projet de loi n°03.23 modifiant la procédure pénale, l’un des textes les plus sensibles et débattus de ces derniers mois. Fruit d’une approche participative, cette réforme marque un tournant pour la justice pénale marocaine et conforte la dynamique de modernisation de l’arsenal juridique national.

La Chambre des conseillers a adopté à la majorité le projet de loi n°03.23 portant modification et complément de la loi n°22.01 relative à la procédure pénale. Ce texte a été voté par 24 conseillers4 se sont opposés, et 2 se sont abstenus, lors d’une séance législative tenue mardi à Rabat.


Un texte stratégique dans l’architecture judiciaire

Présenté par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, ce projet de réforme vise à actualiser le cadre procédural du système pénal marocain à l’aune des mutations institutionnelles, juridiques et sociétales qu’a connues le Royaume. Le ministre a rappelé que la procédure pénale constitue le moteur du droit pénal et un pilier fondamental des garanties judiciaires, notamment celles relatives aux droits de la défenseà la recherche de la vérité, et à l’équité du procès.

La réforme s’inscrit dans une logique duale :

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  • Assurer l’efficacité des poursuites et la répression des actes criminels.
  • Renforcer les garanties procédurales au profit des personnes poursuivies, dans le respect des standards internationaux en matière de droits de l’homme.
Une réforme conçue selon une approche participative

Le ministre a insisté sur la méthodologie inclusive ayant présidé à l’élaboration du texte. Des consultations élargies ont été menées avec des acteurs institutionnels et constitutionnels, parmi lesquels :

  • Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH)
  • Le Conseil économique, social et environnemental (CESE)
  • Les professionnels du droit (magistrats, avocats, académiciens, etc.)

Le ministère a également pris en considération les observations formulées par la Commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme lors de l’examen parlementaire du texte, en vue d’élaborer une conception globale et intégrée d’une «loi de procédure moderne en phase avec les évolutions».

Une mise en conformité avec la Constitution et les engagements internationaux

Ce projet de loi s’inscrit dans le cadre plus large des réformes impulsées depuis l’adoption de la Constitution de 2011, qui consacre une autorité judiciaire indépendante, et dans la continuité des engagements internationaux du Maroc en matière de lutte contre la criminalité et de protection des droits fondamentaux.

Le ministre Ouahbi a qualifié cette réforme de « jalon historique » dans la consolidation de l’État de droit, précisant que la pratique de ses dispositions constituera le véritable test de son efficacité.

Prochaine étape : mise en œuvre coordonnée

Le ministre de la Justice a souligné que la pratique reste le véritable test pour la mise en œuvre optimale du contenu de la loi. Il a affirmé que le ministère veillera à communiquer sur ses développements et à coordonner avec toutes les parties concernées par l’application de ses dispositions.

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