Alors qu’Emmanuel Macron continue d’appeler à la fin de la guerre en Ukraine, son gouvernement anticipe désormais l’hypothèse d’un conflit armé de grande intensité sur le sol européen. Selon des révélations du Canard enchaîné dans son édition du 27 août, le ministère de la Santé a adressé, dès le 18 juillet, une instruction aux agences régionales de santé (ARS) leur demandant de préparer les soignants à un « engagement majeur » : en clair, la guerre.
Des hôpitaux civils mobilisés
Sous mandat du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, les services de Catherine Vautrin planchent sur la création de centres médicaux pour accueillir des blessés de guerre, notamment des soldats étrangers. Ces structures seraient installées à proximité des gares, aéroports et ports afin de faciliter leur évacuation vers leur pays d’origine. Les prévisions évoquent une capacité d’accueil allant de 100 à 250 patients par jour, lors de « pics d’activité ».
Les chiffres clés de la préparation sanitaire de la France à la guerre
100 à 250 blessés par jour : capacité prévue pour les centres médicaux civils lors des « pics d’activité ».
100 000 à 500 000 militaires étrangers : volume estimé d’hommes accueillis en France sur une période de 10 à 180 jours.
14 000 personnels de santé des armées : dont 66 % militaires et 34 % civils.
8 hôpitaux militaires : réservés prioritairement aux soldats français blessés.
1 000 à 2 500 patients étrangers : nombre prévu sur trois jours en cas de crise.
Environ 100 soignants par jour : mobilisables sur deux mois consécutifs pour encadrer ces afflux.
Soutien aux forces alliées
L’Hexagone est ainsi appelé à jouer un rôle de base arrière pour ses alliés de l’OTAN. Les projections tablent sur l’accueil, sur une période de 10 à 180 jours, de 100 000 à 500 000 militaires étrangers. Une « population masculine, jeune et apte au combat » bénéficiant également de campagnes de dépistage et de vaccination.
Les soignants civils devront troquer leur champ opératoire habituel pour celui du champ de bataille, « quel que soit leur secteur d’exercice », afin de renforcer le Service de santé des armées, composé aujourd’hui de 14 000 personnes (dont deux tiers de militaires).
Anticiper un « temps de guerre »
Les instructions adressées aux ARS insistent sur la nécessité de sensibiliser la communauté médicale aux contraintes d’une situation marquée par la rareté des ressources, l’augmentation des besoins et la survenue de rétroactions sur le territoire français. Une attention particulière doit être portée à la prise en charge des troubles psychiques post-traumatiques et à la médecine physique et de réadaptation.
Une prise en charge encadrée
Pour éviter un impact trop lourd sur les finances publiques, l’exécutif français prévoit une traçabilité stricte des patients étrangers afin de permettre une indemnisation des établissements de santé mobilisés, conformément aux accords internationaux. Les huit hôpitaux militaires français devront être réservés en priorité aux soldats français blessés, tandis que les hôpitaux civils seraient mis à contribution pour absorber le reste du flux.