Régionalisation avancée : un an après le message royal, Laftit dévoile la feuille de route de la poursuite

Un an après le message royal du 20 décembre 2024, la régionalisation avancée change de régime. Réunis au ministère de l’Intérieur, les pouvoirs publics et les territoires ne sont plus dans le temps des principes ni des architectures institutionnelles, mais dans celui de la méthode, du tempo et de l’exécution. À travers la présentation d’un cadre d’action structuré, le département de Abdelouafi Laftit acte une inflexion claire : faire de la régionalisation un levier opérationnel de développement territorial, aligné sur les priorités économiques, sociales et environnementales du Royaume, et inscrit dans le temps long voulu par le Roi.

Réunis le 8 janvier 2026 au siège du Ministère de l’Intérieur, les principaux acteurs gouvernementaux et territoriaux ont procédé à un exercice de clarification stratégique : mesurer l’état réel d’avancement de la régionalisation avancée, en identifier les points de solidité, mais surtout en préciser les inflexions nécessaires pour en faire un levier pleinement opérationnel de développement, de cohésion et d’investissement.


Cette réunion interministérielle élargie s’inscrit dans la continuité du processus consultatif mis en place pour accompagner un chantier qui ne relève plus du seul registre institutionnel, mais bien de l’architecture économique et sociale du Royaume. Autour du ministre de l’Intérieur étaient présents plusieurs membres du gouvernement, les walis, les présidents des conseils régionaux, ainsi que la présidente de l’Association des Régions du Maroc, traduisant la volonté d’un pilotage partagé, sans dilution des responsabilités.

Le bilan présenté à cette occasion met en évidence une phase de consolidation désormais achevée. Les douze régions du Royaume disposent aujourd’hui de leurs schémas régionaux d’aménagement du territoire et de leurs programmes de développement régional, constituant un socle stratégique homogène à l’échelle nationale. Sur le plan financier, le transfert intégral des crédits budgétaires aux régions au titre de l’année 2025, avec un taux d’exécution de 100 %, marque une avancée significative en matière de crédibilité budgétaire et de déconcentration des moyens.

Mais cet état des lieux n’a pas éludé les zones de friction. L’opérationnalisation effective du décret relatif à la déconcentration administrative, l’exercice plein et entier des compétences régionales, ainsi que la soutenabilité financière du processus demeurent des points de vigilance structurels. Autrement dit, la régionalisation ne souffre plus d’un déficit de cadre, mais d’un enjeu de synchronisation entre compétences, ressources et capacités d’exécution.

C’est précisément pour répondre à cette phase de maturité que le projet de feuille de route actualisée a été présenté. Celui-ci s’inscrit dans le prolongement direct des Hautes Orientations Royales formulées dans le message adressé aux Assises nationales de la régionalisation avancée, tenues à Tanger en décembre 2024. Il vise à traduire les recommandations issues de ces assises, ainsi que les quatre conventions signées à cette occasion, en mécanismes concrets, mesurables et pilotables.

L’architecture stratégique de cette feuille de route est explicitement alignée sur les priorités énoncées dans le Discours du Trône de 2025, qui appelle à l’émergence d’une nouvelle génération de programmes de développement territorial. Une génération moins fragmentée, davantage orientée vers l’impact économique, l’emploi et l’équité spatiale.

À l’issue des échanges, les participants ont validé une feuille de route structurée autour de 97 mesures opérationnelles, dont 35 constituent un programme prioritaire articulé autour de quatre axes clairs :

  1. Promotion de l’investissement productif au service de l’emploi,
  2. Développement des infrastructures et services de base en milieu urbain et rural,
  3. Gestion rationnelle des ressources en eau, en énergie et en environnement,
  4. Renforcement de l’aménagement territorial intégré.

La mise en œuvre de ce programme prioritaire est programmée dès février 2026. Elle ouvrira une phase décisive : celle où la régionalisation avancée cessera d’être un horizon institutionnel pour devenir un outil pleinement assumé de projection économique, de résilience territoriale et de cohésion nationale à l’horizon de la prochaine décennie.

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