Washington frappe Huawei au cœur de ses puces : deux appareils bannis du marché américain

Les États-Unis franchissent une nouvelle étape dans leur offensive contre les technologies chinoises. La Federal Communications Commission (FCC) a bloqué l’accès au marché américain de deux modèles d’appareils électroniques intégrant des puces produites par HiSilicon, filiale du géant Huawei. Annoncée jeudi 22 octobre 2026 par Brendan Carr, président du régulateur américain des télécommunications, cette décision marque la première application d’une réglementation qui permet désormais à Washington de sanctionner un produit en raison de l’origine de ses composants, indépendamment de la marque sous laquelle il est commercialisé.

Une simple puce électronique peut désormais suffire à fermer les portes du marché américain. C’est le message adressé par Washington aux fabricants mondiaux d’équipements électroniques à travers une décision visant deux appareils : une caméra embarquée pour automobile (dashcam) et un émetteur vidéo sans fil.

Leur point commun : ils intègrent des semi-conducteurs conçus par HiSilicon, filiale du groupe chinois Huawei, placé depuis plusieurs années dans le viseur des autorités américaines pour des motifs de sécurité nationale.

Dans une publication sur X, Brendan Carr, président de la FCC, a expliqué que les autorités avaient découvert la présence de ces composants dans les deux catégories d’appareils.

Selon lui, ces puces sont commercialisées comme des technologies destinées au marché de la surveillance. Le régulateur souligne notamment que HiSilicon propose des circuits intégrant des algorithmes de détection des visages.

La FCC a donc décidé de bloquer les modèles concernés, invoquant les dispositions américaines interdisant certains équipements comportant des composants provenant d’entreprises figurant sur sa liste des fournisseurs présentant des risques pour la sécurité nationale.

Informations de la Commission fédérale des communications · États-Unis

Communiqué officiel de la FCC · 22 octobre 2026 · Traduction française intégrale

La FCC bloque deux appareils contenant des puces de surveillance étrangères

Première mesure d’application par l’agence des règles de la Commission relatives aux composants

WASHINGTON, le 22 octobre 2026 — Cette semaine, le Bureau de l’ingénierie et des technologies de la FCC a empêché la commercialisation ou la vente aux États-Unis de deux appareils (une caméra embarquée pour automobile et un émetteur vidéo sans fil). Il a pris cette mesure après avoir établi que ces modèles d’appareils contenaient une puce étrangère dangereuse produite par une entité figurant sur la Covered List, à savoir HiSilicon, une filiale de Huawei. HiSilicon présente sa puce comme « conçue pour le marché de la surveillance » et dotée d’« algorithmes intégrés de détection des visages humains ». Il s’agit de la première mesure d’application prise par la FCC au titre des règles de l’agence entrées en vigueur la semaine dernière, lesquelles interdisent l’autorisation des appareils contenant des composants dotés de capacités logiques (c’est-à-dire « intelligents ») produits par des entités figurant sur la Covered List. La FCC continuera de faire appliquer avec fermeté ses règles relatives aux composants provenant d’entités figurant sur la Covered List.

Le président Brendan Carr a fait la déclaration suivante :

« La FCC continuera d’agir avec vigilance pour protéger et renforcer la sécurité nationale des États-Unis. Les appareils vidéo contenant des puces de surveillance produites par des entités figurant sur la Covered List présentent un risque évident et inacceptable pour notre pays et notre population. Je salue le Bureau de l’ingénierie et des technologies de la FCC pour son travail et pour avoir empêché ce dispositif d’espionnage potentiel d’obtenir les autorisations nécessaires à sa commercialisation et à sa vente aux États-Unis. Nous continuerons d’agir avec fermeté pour faire appliquer nos règles et sécuriser les réseaux américains. »

Informations complémentaires :

Pour importer, commercialiser ou vendre la plupart des appareils électroniques aux États-Unis, il faut obtenir une autorisation d’équipement délivrée par la FCC. Depuis des années, les règles de la FCC interdisent aux équipements produits par des entités figurant sur la Covered List d’obtenir une telle autorisation, en raison des risques évalués pour la sécurité nationale. Mais jusqu’à récemment, ces règles n’interdisaient pas aux appareils par ailleurs conformes à la réglementation d’intégrer des composants produits par des entités figurant sur la Covered List.

Plus tôt cette année, la FCC a adopté des règles pour combler cette faille, en interdisant l’autorisation de tout appareil intégrant des composants matériels dotés de capacités logiques (c’est-à-dire des composants intelligents) produits par une entité figurant sur la Covered List, lorsque cet appareil aurait été privé d’autorisation s’il avait été fabriqué par cette entité elle-même. Ces règles sont entrées en vigueur le 13 octobre.

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La première application d’une nouvelle réglementation

La décision annoncée jeudi constitue une première depuis l’entrée en vigueur, le 13 octobre 2026, d’un nouveau dispositif réglementaire américain.

Adopté le 22 juillet, puis publié le 11 septembre au Federal Register, ce texte vient combler ce que Brendan Carr avait décrit comme une faille dans le contrôle des équipements électroniques.

Jusqu’alors, les restrictions américaines visaient principalement les produits finis commercialisés par les entreprises placées sur la liste noire de la FCC, notamment Huawei et ZTE.

Cette architecture réglementaire permettait néanmoins à des fabricants tiers d’intégrer certains composants provenant de ces groupes dans leurs propres produits, sans nécessairement perdre leur autorisation de commercialisation.

La nouvelle réglementation change cette logique.

Désormais, un appareil susceptible de recevoir une certification américaine peut être rejeté s’il incorpore un composant matériel doté de capacités de traitement logique et fabriqué par une entreprise visée par les restrictions.

Autrement dit, l’identité du fabricant de la puce devient aussi déterminante que celle de l’entreprise qui commercialise le produit fini.

HiSilicon, la filiale stratégique de Huawei

HiSilicon occupe une place centrale dans l’écosystème technologique de Huawei. Cette filiale spécialisée dans la conception de semi-conducteurs développe des processeurs et des circuits intégrés destinés à plusieurs secteurs, notamment les télécommunications, les équipements connectés et le traitement vidéo.

Sa présence au sein d’appareils vendus sous d’autres marques illustre la complexité des chaînes mondiales d’approvisionnement en composants électroniques.

C’est précisément cette organisation industrielle que Washington entend désormais soumettre à un contrôle renforcé.

Les nouvelles restrictions obligent les fabricants souhaitant accéder au marché américain à examiner non seulement les fournisseurs directs de leurs produits, mais aussi l’origine de certains circuits intégrés et modules électroniques.

L’enjeu concerne potentiellement ainsi toute une chaîne industrielle, des fabricants de caméras aux producteurs d’équipements de télécommunications et d’objets connectés.

Une décision de sécurité nationale

La FCC justifie sa décision par les risques attribués aux technologies provenant d’entreprises inscrites sur sa liste de sécurité nationale.

Brendan Carr estime que les appareils vidéo comportant des puces de surveillance produites par ces entreprises présentent un risque inacceptable pour les États-Unis.

Selon Reuters, Huawei n’avait pas immédiatement répondu à une demande de commentaire après l’annonce.

Avec cette première décision, Washington démontre que sa politique de restrictions technologiques ne se limite plus aux grandes marques chinoises. Elle s’étend désormais aux composants intégrés dans des équipements assemblés et commercialisés par des entreprises tierces.

La mesure intervient dans un contexte de durcissement des restrictions américaines visant les technologies chinoises, notamment les infrastructures de télécommunications, les équipements de surveillance, les routeurs et les drones.


Sources : Déclaration de Brendan Carr, 22 octobre 2026 · Reuters, 22 octobre 2026 · Réglementation FCC 26-50

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