BCP, Bank of Kigali : Le deal est-il compromis ?

Nous l’annoncions en exclusivité dans notre édition du 28 juin 2017. La BCP était en négociation avancée avec la plus grande banque du Rwanda pour une prise de participation stratégique. Une opération de croissance africaine par laquelle la banque marocaine cherchait à damer le pion à Attijariwafa bank, premier opérateur à s’intéresser au marché rwandais. La pression politique sur le rapprochement entre Bank of Kigali et la BCP était très forte, ce qui n’était pas du goût du management de la banque qui pistait d’autres options notamment l’appel à l’épargne publique sur les marchés financiers internationaux.

Coup de bluff ou décision stratégique, le management de la plus grande banque rwandaise n’a pas écarté, dans une sortie médiatique, ses intentions de faire appel aux marchés financiers pour lever 60 à 100 millions de dollars. Une déclaration qui met de la pression sur les négociations d’entrée de la BCP dans le Capital de la BOK.


«Nous étudions la possibilité d’introduire Bank Of Kigali sur plusieurs places boursières: la bourse de Johannesburg (JSE), la place de Nairobi (NSE) ou le London stock exchanges (LSE)», a déclaré Diane Karusisi, directrice générale de la BOK. «Si nous optons pour une cotation croisée, une part de ce montant de 60 millions de dollars à 100 millions de dollars sera émise dans d’autres marchés boursiers, mais très probablement, nous émettrons des droits sur le marché intérieur» a-t-elle expliqué. Avant d’ajouter sans plus de détail : «Nous voulons augmenter notre capital pour faire accroître la dimension de la banque» en précisant que «la banque annoncera ses décisions finales sur l’augmentation de capital avant la fin de cette année».

Interpellée au sujet du projet de cession d’actions à un investisseur stratégique, Diane Karusisi a répondu que «toutes les options [étaient] encore ouvertes.»

Cette sortie calculée de Diane Karusisi annonçant une fourchette de 60 à 100 millions de dollars, fixe une valorisation de la part cessible du capital de Bank Of Kigali, et met ainsi volontairement la barre des négociations à un niveau élevé pour tout acheteur potentiel. Toutefois, l’annonce des places boursières cibles dévoile le jeu de pression de la banque. En effet, le choix de la place de Nairobi réputée être la pire au monde et celui la place londonienne sous pression suite à l’annonce du Brexit, paraissent peu réalistes pour une ouverture du capital de la BOK.

Par ailleurs, la Directrice Générale de BOK n’a pas omis de rappeler les performances de sa banque en annonçant que le bénéfice avant impôts de Bank of Kigali s’est accru de 5,6 % à 20,2 millions de dollars, grâce à une augmentation de 16% des engagements.

La banque, fondée il y a plus d’un demi-siècle, exploite dans son réseau 79 agences et une compagnie d’assurance. Ses actions sont cotées depuis 2011 à la Bourse du Rwanda.

LE1

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