Biden suspend 130 millions de dollars d’aide militaire à l’Égypte en raison de la situation des droits de l’homme

L’administration Biden s’apprête à refuser 130 millions de dollars d’aide militaire à l’Égypte pour des raisons de droits de l’homme, ont déclaré vendredi 28 janvier 2022, des responsables du département d’État américain, une sanction rare à l’encontre d’un allié clé, même si elle ne satisfait pas les attentes des groupes de défense des droits.

Avec Reuters

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré en septembre de l’année dernière que l’aide militaire à l’Égypte serait suspendue si Al-Sissi ne répondait pas aux conditions spécifiques liées aux droits de l’homme que Washington a fixées. Les militants de droits de l’homme avaient exigés la libération des prisonniers politiques.


Les groupes de défense des droits avaient demandé à l’administration de bloquer la totalité des 300 millions de dollars de financement militaire étranger destinés au gouvernement égyptien d’Abdel Fattah al-Sisi.

Le dictateur préféré de Trump avait évincé dans le sang les Frères musulmans en 2013 du pouvoir et a mené une dure répression de la dissidence.

«Bien qu’Antony Blinken n’ait pas encore pris une décision finale, s’il n’y a pas de développements majeurs au cours des deux prochains jours, il reprogrammera les 130 millions de dollars vers d’autres priorités de sécurité nationale, comme il l’a prévu en septembre», a déclaré un responsable du département d’État lors d’un appel téléphonique avec des journalistes.

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La partie de l’aide retenue représente 10 % des 1,3 milliard de dollars qui ont été alloués à l’Égypte pour l’année fiscale 2020. Ce montant est affecté annuellement à l’Égypte depuis 2017.

Les défenseurs des droits de l’homme sur leur faim

Cependant, l’annonce de vendredi intervient après que l’administration ait approuvé en début de semaine la vente potentielle de radars de défense aérienne et d’avions C-130 Super Hercules à l’Égypte pour une valeur combinée de plus de 2,5 milliards de dollars, ce qui soulève des doutes quant à l’impact du montant objet de la suspension.

«C’était la bonne décision. Le bilan atroce de l’Égypte en matière de droits de l’homme ne devrait laisser aucune place à des compromis de la part du gouvernement américain. Mais nous avons également vu 2,5 milliards de dollars de ventes d’armes américaines à l’Égypte notifiés cette même semaine….. Compte tenu de ces aides, ce n’est guère plus qu’une tape sur les doigts», a déclaré Sarah Holewinski, directrice de Human Rights Watch à Washington.

Intérêts supérieurs des Etats-unis

Les responsables américains affirment que les relations avec l’Égypte sont complexes. Le pays arabe le plus peuplé est un allié vital de Washington qui s’engage toujours à le soutenir pour ses «besoins légitimes de défense».

«La vente de 2,5 milliards de dollars est une opération qui sert essentiellement les intérêts américains» a déclaré à Reuters l’un des responsables du département d’État.

Le sénateur américain Chris Murphy, démocrate et allié du président Joe Biden, s’est félicité de cette décision et a déclaré qu’Al-Sissi n’avait pas satisfait les «conditions tout à fait réalisables en matière de droits de l’homme» fixées par l’administration américaine.

«Cela envoie le message important qui consiste à maintenir notre engagement en faveur des droits de l’homme par des actions. L’époque où les dictateurs recevaient des chèques à blanc des Etats-unis est révolue», a déclaré Murphy dans un communiqué.

Il n’existe pas de chiffres officiels sur les détenus, mais les groupes de défense des droits de l’homme estiment que des dizaines de milliers d’entre eux ont été emprisonnés pour des motifs liés à la sécurité.

Lors d’un forum de la jeunesse ce mois-ci, Al-Sissi a qualifié les critiques contre son pays au sujet des droits de l’homme constituait une attaque contre l’Égypte. Il a déclaré que ces critiques ne reflétaient pas la réalité sur le terrain, tout affirmant que son gouvernement a essayé d’assurer le bien-être économique après avoir surmonté les troubles consécutifs au soulèvement de 2011.

Biden s’est engagé à placer les droits de l’homme au cœur de sa politique étrangère et les défenseurs des droits ont poussé Washington à se montrer plus sévère envers Al-Sissi, même si les liens avec l’Égypte se sont améliorés après la médiation du Caire pour aider à mettre fin aux hostilités en avril entre Israël et les militants du Hamas.

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