Au lendemain d’un week-end de violences et d’une allocution présidentielle destinée à reprendre la main, Emmanuel Macron a entamé lundi une tournée de trois jours dans le Golfe. Du Koweït au Qatar, le président français entend obtenir des engagements sur les livraisons de pétrole et de diesel, alors que la flambée des carburants alimente une contestation sociale qui fragilise la fin de son quinquennat.
Emmanuel Macron a quitté une France en pleine crise sociale et politique pour rejoindre, lundi 19 octobre 2026, les monarchies du Golfe. Première étape : le Koweït, où le président français a été accueilli par l’émir Mechaal al-Ahmad Al-Sabah.
Cette tournée, maintenue malgré les violences qui ont accompagné la mobilisation du 17 octobre, doit le conduire successivement aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Qatar, jusqu’au mercredi 21 octobre.
Selon l’AFP, le déplacement répond à une priorité immédiate de l’Élysée : obtenir des volumes de pétrole et de diesel afin de desserrer la pression sur les prix à la pompe en France.
Après les violences du 17 octobre, Macron joue la carte internationale
Le départ du chef de l’État intervient quelques heures après son allocution télévisée de dimanche soir, prononcée au lendemain des manifestations contre la vie chère, marquées par des affrontements, des dégradations et des pillages dans plusieurs villes françaises.
Emmanuel Macron a promis la fermeté contre les auteurs des violences, tout en reconnaissant les préoccupations économiques exprimées par les manifestants. Il s’est également engagé à faire toute la « transparence » sur le dispositif de maintien de l’ordre, vivement critiqué par les oppositions et plusieurs élus locaux.
Lundi, l’Élysée a annoncé que le président avait refusé la démission de son ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, auquel il a demandé de déployer rapidement de nouveaux modes d’action contre les casseurs.
La décision de maintenir sa tournée internationale expose néanmoins le président à une critique politique : celle de s’éloigner du territoire au moment où la crise sociale et les interrogations sur le maintien de l’ordre dominent l’actualité nationale.
Du Koweït au Qatar, une diplomatie du pétrole et du diesel
Le chef de l’État a lui-même justifié son déplacement par la nécessité de « sécuriser nos approvisionnements », établissant un lien direct entre les tensions énergétiques mondiales et la colère des Français.
L’Élysée cherche à obtenir des engagements concrets sur des volumes d’hydrocarbures, susceptibles de renforcer l’approvisionnement du marché français et d’atténuer la pression sur les prix des carburants.
La tournée prévoit des entretiens au Koweït avec l’émir Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, aux Émirats arabes unis avec le président Mohamed ben Zayed Al-Nahyane et au Qatar avec l’émir cheikh Tamim ben Hamad al-Thani. Bahreïn figure également au programme.
Ces rencontres doivent permettre de consolider les partenariats économiques, stratégiques et de défense entre Paris et les monarchies du Golfe.
La sécurité des routes pétrolières au cœur des discussions
En plus des engagements énergétiques, Emmanuel Macron entend aborder avec les dirigeants régionaux la sécurisation des voies maritimes, fortement perturbées depuis l’offensive israélo-américaine contre l’Iran en février 2026.
Le détroit d’Ormuz, passage stratégique du commerce mondial des hydrocarbures, concentre les préoccupations françaises. Les tensions militaires dans le Golfe alimentent l’instabilité des marchés pétroliers.
Paris veut ainsi identifier des itinéraires alternatifs pour l’acheminement du pétrole et des produits raffinés, afin de réduire sa vulnérabilité aux perturbations du trafic maritime.
Cette démarche complète les mesures déjà engagées par les principales puissances industrialisées. Début octobre, les pays du G7, sous présidence française cette année, ont convenu de mobiliser jusqu’à 100 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques pour atténuer les tensions sur les marchés, selon l’AFP.
Source : AFP, dépêche du 19 octobre 2026 reprise par Le Télégramme.


