Le Maroc et la Jordanie réagissent de concert suite aux déclarations roumaines sur Al-Qods

La déclaration du Premier ministre roumain, Viorica Dăncilă, depuis Washington, au sujet de la décision de son pays de déplacer son ambassade en Israël de Tel Aviv à Al-Qods, a suscité beaucoup de réactions dans les pays arabes, notamment en Jordanie et au Maroc qui vont réagir de concert à cette déclaration. Ainsi, le Roi Abdallah II annulera, à la dernière minute, sa visite officielle en Roumanie qui était prévue pour le 25 Mars et le Maroc décidera de reporter la visite du président du Sénat roumain qui devait avoir lieu aujourd’hui, mercredi 27 Mars.

Les médias roumains ont fait échos aujourd’hui de l’annulation de la visite du président du Sénat roumain, Calin Popescu-Tariceanu, au Maroc, après que la Première ministre, Viorica Dăncilă, eut annoncé le 24 mars à Washington qu’elle déplacerait l’ambassade de Roumanie en Israël de Tel Aviv à Jérusalem.


Dans un communiqué du Sénat roumain, on apprend que le Maroc aurait fait savoir par voie diplomatique qu’il n’était pas disponible pour des réunions avec le responsable roumain.

« La visite officielle du président du Sénat, Calin Popescu-Tariceanu, au Royaume du Maroc, censée avoir lieu entre le 27 et le 31 mars 2019, a été reportée à la demande de la partie marocaine, à une date ultérieure, qui sera convenu ultérieurement », a annoncé le Sénat dans son communiqué.

Concomitamment, les médias jordaniens, ont annoncé que le roi Abdallah II de Jordanie a annulé un voyage officiel en Roumanie qui était prévu le 25 mars à la suite des propos tenus par la responsable roumaine, selon lesquels Bucharest déplacerait son ambassade en Israël à Jérusalem.

La visite du roi Abdallah II en Roumanie devait inclure des rencontres avec le président roumain Klaus Iohannis. Les gouvernements jordanien et roumain devaient signer plusieurs accords de coopération. Un forum des affaires entre la Jordanie et la Roumanie était également prévu, avec la participation de représentants du secteur privé des deux pays.

Déménagement de l’ambassade roumaine à Al-Qods, pas du goût du président roumain ni de l’Union Européenne.

C’est dans une conférence du lobby américain pro-Israël Aipac à laquelle participait également le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, que Viorica Dăncilă a annoncé vouloir déménager son ambassade à Jérusalem. La première ministre roumaine s’est exprimée sans l’accord du président, Klaus Iohannis, qui a immédiatement déclaré ne pas valider la décision

« En tant que Première ministre de la Roumanie, mon gouvernement déplacera l’ambassade de Roumanie à Jérusalem, la capitale d’Israël », a déclaré la Première ministre Viorica Dăncilă.

Le sujet de l’ambassade roumaine en Israël divise profondément le pays à tel point que le parti du président avait déposé une plainte au pénal contre la Première ministre pour haute trahison et usurpation de fonction.

L’Union Européenne suit également avec inquiétude la proximité assumée du gouvernement social-démocrate avec Washington. En effet, depuis leur accession au pouvoir fin 2016, les sociaux-démocrates ont clairement pris leur distance avec l’UE au grand dam du président roumain.

Pour le Roi de la Jordanie, Al-Qods est une ligne rouge

S’exprimant, mercredi dernier devant les dignitaires du Gouvernorat Zarqa, une ville qui abrite le plus grand camp de réfugiés palestiniens en Jordanie, le roi Abdallah II a réitéré sa position sur la question palestinienne, soulignant que sa position sur «Jérusalem était inébranlable».

« Pour moi, Jérusalem est une ligne rouge et tout mon peuple est avec moi », a déclaré le roi jordanien.

« En Jordanie, nous avons un devoir historique envers Jérusalem et ses lieux saints », a poursuivi Abdallah II aux dignitaires de Gouvernorat de Zarqa.

Cette position commune du Maroc et de la Jordanie, qui constitue, aujourd’hui un front unis contre l’utilisation du sujet d’Al Qods comme argumentaire électoral du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pourrait être davantage renforcée par la visite qu’effectue, dès aujourd’hui, le Roi Abdallah II de Jordanie au Maroc.

Netanyahu met le turbo

A quelques jours du scrutin législatif en Israël qui s’annonce très serré, Benjamin Netanyahu, met le turbo et abat ses dernières cartes gagnantes à l’image de cette annonce surprise du Président américain, Donald Trump, sur le Golan, du bombardement de Gaza et de cette annonce de la Première ministre roumaine sur Jérusalem.

Il est à rappelé que les Etats-Unis ont transféré leur ambassade de Tel Aviv à Jérusalem le 14 mai 2018. Le Guatemala va emboîter le pas à Washington, alors que la République tchèque et le Honduras ont annoncé vouloir le faire à leur tour.

Les plus lus

Maroc : le fisc et l’Office des Changes traquent des milliards de dirhams dissimulés dans 84 pays

Selon Al Arabiya, l’Office des Changes et la Direction générale des impôts examinent des comptes et avoirs détenus par des Marocains dans 84 pays. Dix-sept entreprises et des influenceurs figureraient parmi les dossiers examinés.

Fatima Ezzahra El Mansouri dévoile sa majorité gouvernementale autour de quatre partis

Le PAM, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS forment la nouvelle majorité gouvernementale, forte de 207 sièges à la Chambre des représentants.

Arabie saoudite : un autre missile houthi intercepté au sud du pays

La pression militaire des Houthis sur l’Arabie saoudite s’étend...

De « The Voice » aux semi-conducteurs : à Abidjan, Othman El Ferdaous met en lumière l’envergure de la diaspora marocaine

À Abidjan, en marge d’une rencontre autour des « Nouveaux Boss » de TV5MONDE, l’ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire a mis en avant plusieurs figures de la diaspora marocaine actives dans l’audiovisuel, les semi-conducteurs et le capital-risque. Une séquence qui intervient alors que le Maroc et la Côte d’Ivoire avancent vers une entrée dans la gouvernance de TV5MONDE.

Déconcentration administrative : Mohammed VI avertit qu’« aucun retard ni atermoiement n’est plus tolérable »

Mohammed VI exige l’application de la Charte de la Déconcentration et le transfert effectif des compétences et des ressources vers les territoires.

Al-Sissi devient « Al-Zaïm » : le titre de Nasser, la guerre en toile de fond

Promu « Al-Zaïm » par les médias du pouvoir, Al-Sissi prépare son héritage dans l’ombre de Nasser, entre menaces sur Suez, tensions sur le Nil et risque d’escalade dans le Golfe.

Après la rupture avec Abou Dhabi, Alger déroule le tapis rouge à Riyad au Salon du livre

Un mois après sa rupture avec les Émirats, Alger désigne l’Arabie saoudite invitée d’honneur du Salon du livre. Entre attaques houthies, crise du diesel et Sahara marocain, le signal est diplomatique.

Sous pression en France, Macron annonce 200 000 tonnes de diesel supplémentaires par mois venues du Golfe

Les Émirats et Bahreïn doivent fournir 200 000 tonnes supplémentaires de gazole par mois à la France. Avec l’Arabie saoudite, ces engagements couvrent environ 10 % de sa consommation de diesel.

France : le 17 octobre, la colère lycéenne change d’échelle

Avec 550 000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur et près de 800 000 selon la CGT et les organisations de jeunesse, la mobilisation du 17 octobre a réuni plusieurs générations autour des conditions d’études et du pouvoir d’achat. Les violences et les blessures graves ont marqué la fin de journée.

Bassem Youssef devant Al-Sissi : que prépare le pouvoir égyptien ?

Douze ans après l’arrêt de son émission sous la pression, le satiriste égyptien réapparaît par vidéo dans un événement auquel assiste Abdel Fattah Al-Sissi. Ce retour intervient alors que le président envisage un soutien militaire à l’Arabie saoudite, annonce son départ en 2030 et confie à l’armée la préparation de futurs dirigeants. Une ouverture qui pose la question des épreuves auxquelles le pouvoir cherche à préparer le pays.

Netanyahu : « Macron a-t-il retenu la leçon des émeutes ? Les Français, eux, voient ce qui se passe dans leurs rues »

Sur C14, Benjamin Netanyahu relie les violences du 17 octobre en France à son avertissement de 2023 à Emmanuel Macron et voit dans une alternance à droite un rapprochement possible avec Israël.

Après l’échec de la mobilisation des avocats, Abdelkebir Tabih, figure du barreau de Casablanca, démissionne des instances de la profession

Douze jours après la suspension du mouvement de protestation des avocats, Abdelkebir Tabih démissionne du Conseil de l’Ordre de Casablanca et du bureau de l’Association des barreaux du Maroc.

Moyen-Orient sous tension : Abou Dhabi consulte Nasser Bourita dans une vaste mobilisation diplomatique

Deux jours après sa reconduction, Nasser Bourita s’est entretenu avec Abdallah ben Zayed sur la sécurité au Moyen-Orient et le renforcement du partenariat Maroc–Émirats arabes unis.

Related Articles

Focus Thématiques