Le ministère des Habous lance le « Moshaf Mohammadî Digital », une application coranique de référence

Le ministère des Habous et des Affaires islamiques a annoncé, mercredi 18 février 2026, la veille du Ramadan, le lancement de l’application « Al-Moshaf Al-Mohammadi » (المصحف المحمدي الرقمي), désormais mise à la disposition du public sur les principales plateformes numériques et via le portail officiel dédié.

Inscrite dans le cadre de la sollicitude constante de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine, pour le Livre sacré, cette initiative vise à conjuguer fidélité à la tradition marocaine et exigence de modernité technologique. Elle s’inscrit également dans une dynamique assumée de transformation digitale des services religieux, afin de faciliter l’accès au Saint Coran, notamment selon la lecture Warsh «an Nafie» (voie d’Al-Azraq), qui constitue la référence canonique au Maroc.


Une plateforme complète, scientifique et multilingue

L’application permet la consultation intégrale du texte coranique dans la version adoptée au Royaume, enrichie d’un appareil scientifique comprenant :

  • le tafsir (exégèse),
  • l’analyse grammaticale (i’rab),
  • la traduction des significations en anglais, espagnol et français.

L’interface, accessible en plusieurs langues, a été conçue pour garantir une expérience fluide, aussi bien pour les utilisateurs au Maroc que pour la diaspora et les chercheurs étrangers intéressés par la tradition scripturaire marocaine.

Le dispositif propose également l’écoute des versets à travers les voix d’une sélection de grands récitateurs marocains, figures reconnues de la scène coranique nationale, avec une navigation souple entre lecture, écoute et consultation des contenus explicatifs.

Au-delà de la consultation du texte sacré, l’application intègre un ensemble de services pratiques :

  • un assistant de mémorisation permettant la répétition ciblée de versets
  • la détermination des horaires de prière selon les villes, avec appel à la prière
  • l’indication de la direction de la qibla
  • l’accès au flux en direct de la chaîne et de la radio Mohammed VI du Saint Coran
  • la possibilité de copier le texte coranique sur ordinateur après téléchargement de la police, au bénéfice des chercheurs
  • des outils techniques facilitant la recherche par sourate ou par mot-clé.

L’application est disponible sur Google Play, l’App Store, ainsi qu’en version web via :
https://almoshaf-almohammadi.ma/

Ancien ministre PJD de la Justice et des Libertés), actuellement avocat au barreau de Casablanca, El Mostapha Ramid a salué cette initiative en des termes appuyés.

Il qualifie l’application de « bénéfique et remarquable », soulignant que son adossement à la lecture Warsh depuis «Nafie», voie d’Al-Azraq, renforce son ancrage dans la tradition marocaine. Il met également en exergue la qualité des récitations proposées, assurées par une élite de lecteurs marocains, ainsi que la richesse des services intégrés, recherche par sourate ou par mot, horaires de prière, orientation vers la qibla, entre autres.

Pour M. Ramid, cette réalisation « gagne encore en éclat » par la diversité de ses fonctionnalités et appelle, à ce titre, à exprimer reconnaissance et prière en faveur de tous ceux qui ont contribué à son aboutissement, que ce soit par la décision ou par l’exécution. Il conclut en rappelant que « Dieu ne laisse pas sans récompense celui qui accomplit le bien ».

La lecture Warsh ‘an Nafi‘ : une tradition marocaine séculaire

La lecture Warsh ‘an Nafi‘ (رواية ورش عن نافع) constitue la transmission canonique du Coran adoptée au Maroc depuis plus de douze siècles. Elle tire son nom de l’imam Nafi‘ al-Madani (VIIIᵉ siècle), l’un des sept lecteurs canoniques reconnus par la tradition musulmane, et de son élève Warsh (Othman ibn Saïd al-Misri), qui a diffusé sa récitation en Afrique du Nord.

Cette lecture s’est imposée au Maghreb et en Afrique de l’Ouest parallèlement à l’adoption du rite malikite, fondé par Malik ibn Anas. Si l’imam Malik n’a pas « adopté » formellement une lecture au sens technique ultérieur du terme, la tradition médinoise dont il était l’héritier accordait une autorité particulière à la récitation transmise par les habitants de Médine, ville du Prophète. Or Nafi était précisément le lecteur de Médine, ce qui confère à cette transmission un ancrage historique fort.

La lecture Warsh est réputée, dans la tradition savante maghrébine, pour sa proximité avec la récitation médinoise primitive et pour sa fidélité à la phonétique et aux usages transmis par les premières générations. Elle se distingue par certaines particularités de prononciation, d’allongement vocalique et de variantes lexicales autorisées dans le cadre des lectures canoniques.

Au Maroc, cette lecture n’est pas seulement une option liturgique : elle constitue un marqueur d’identité religieuse. Elle s’inscrit dans un triptyque doctrinal structurant, rite malikite, théologie acharite, spiritualité soufie sunnite, qui a façonné la cohésion religieuse du Royaume à travers les siècles.

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