Le groupe technologique Oracle a engagé une vague mondiale de licenciements pouvant toucher jusqu’à 30 000 employés. Les salariés concernés ont été informés par email, dans le cadre d’une réorganisation visant à financer le développement d’infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle.
Le groupe américain Oracle a procédé à des suppressions massives de postes à l’échelle internationale. Des employés aux États-Unis, en Inde, au Canada, au Mexique et dans d’autres pays ont reçu, mardi vers 6 heures du matin, un email de la direction annonçant la fin immédiate de leur emploi.
Le message adressé aux salariés concernés indiquait notamment : « Après un examen attentif des besoins actuels d’Oracle, nous avons pris la décision de supprimer votre poste dans le cadre d’une réorganisation plus large. En conséquence, aujourd’hui est votre dernier jour de travail. »

Les employés licenciés ont également été informés que l’accès à leur ordinateur, à leurs emails, à leur messagerie vocale et à leurs fichiers serait rapidement désactivé. Le courriel précisait par ailleurs qu’ils seraient éligibles à une indemnité de départ, sous réserve des conditions prévues par le plan de clicenciement.
Selon des médias locaux, environ 12 000 employés auraient été licenciés en Inde. Au total, ces suppressions de postes pourraient concerner jusqu’à 30 000 salariés dans le monde. Oracle comptait environ 162 000 employés en mai 2025, ce qui représenterait près de 18 % de ses effectifs.
Ces licenciements interviennent alors que l’entreprise a récemment publié des résultats financiers jugés « exceptionnels », avec des revenus trimestriels en hausse de 22 % en dollars et des performances supérieures aux attentes. Oracle a également levé 50 milliards de dollars en dette et en capitaux en janvier, tout en indiquant ne pas prévoir de nouvelles levées de dette en 2026.
Réactions et critiques sur les modalités des licenciements
Une consultante en recrutement a également critiqué sur la plateforme X (anciennement Twitter) la manière dont les licenciements ont été annoncés. Elle évoque un message envoyé à 6 heures du matin, signé « Oracle Leadership », sans échange préalable avec les managers ni avertissement. Selon elle, l’email informait directement les salariés que leur poste était supprimé et que « today is your last working day », avec une coupure immédiate des accès informatiques.


La consultante, affirmant avoir lui-même vécu une situation similaire, a qualifié cette méthode de « froide et déshumanisante ». Elle a souligné également que l’entreprise ne traverse pas de difficultés financières, rappelant notamment la forte hausse du bénéfice net au dernier trimestre et les revenus contractuels futurs importants.
Selon elle, ces pratiques peuvent affecter l’image employeur de l’entreprise, estimant que « la façon dont une entreprise se sépare de ses employés influence le recrutement et la fidélisation ». Elle appelle enfin les entreprises à « traiter les personnes avec dignité, à l’entrée comme à la sortie ».
As a TA practitioner, this is an HR, Communications, and Leadership failure at every level.
— Keirsten Greggs (@TrapRecruiter) March 31, 2026
Situations like this make a TA pro's job even harder. pic.twitter.com/CBRnmGj3d2
Malgré ces performances, le titre de l’entreprise a reculé d’environ 25 % depuis le début de l’année, une baisse supérieure à celle observée chez les principales entreprises technologiques. Des analystes avaient estimé en janvier que la suppression de 30 000 postes pourrait générer jusqu’à 10 milliards de dollars de trésorerie disponible supplémentaire.
Dans le même temps, Oracle accélère ses investissements dans l’intelligence artificielle. Lors d’une conférence téléphonique sur les résultats financiers, le responsable Oracle Clay Magouyrk a déclaré : « La demande d’infrastructures d’intelligence artificielle, tant pour les GPU que pour les CPU, continue de dépasser l’offre. Cela se reflète directement dans nos 553 milliards de dollars d’obligations de performance restantes. »
L’entreprise expérimente également des programmes utilisant des agents d’intelligence artificielle pour effectuer des tâches d’administration de bases de données, auparavant réalisées par des équipes d’ingénieurs.



