Ce jeudi 15 octobre 2026 fera date dans l’histoire de l’inclusion au Maroc. Au programme de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Asmaa, la visite aux enfants marocains et panaméens récemment implantés et l’inauguration, à Rabat, de la première université inclusive au monde, qui porte Son nom. Une journée où la sollicitude princière s’est prolongée dans une ambition universitaire : réunir jeunes sourds, malentendants et entendants dans un même lieu de savoir, de recherche et de transmission.
Accueillie par le Pr Nawal Bouyahyaoui, Présidente de l’Université Lalla Asmaa, Son Altesse Royale la Princesse Lalla Asmaa a dévoilé jeudi la plaque commémorative d’une institution qui donne une nouvelle dimension à Son engagement. Après les soins, la rééducation et la scolarisation, l’action de la Fondation trouve désormais son prolongement dans l’enseignement supérieur et la formation de ceux qui, demain, accompagneront à leur tour les personnes sourdes et malentendantes.
L’inauguration traduit l’engagement constant de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en faveur de l’excellence scientifique, de l’innovation au service de la santé et de l’insertion socioprofessionnelle des personnes en situation de handicap, souligne un communiqué de la Fondation relayé par la MAP.
L’Université réunit quatre écoles, seize diplômes et sept laboratoires, pour une capacité de 3.500 places. Du certificat professionnel au master, ses formations accueilleront ensemble étudiants sourds, malentendants et entendants. Le cursus en sciences de l’audition est gratuit. Dès 2027, un internat sera ouvert aux étudiants de toutes les régions du Royaume et de l’étranger.
Plus de onze siècles après la fondation d’Al Quaraouiyine à Fès, en 859, le Maroc inscrit ainsi une nouvelle ambition dans son histoire universitaire : réunir, au sein d’un même campus, les soins de l’audition, les langues des signes, les technologies et l’apprentissage des métiers.
« Pendant des années, la Fondation a soigné. Aujourd’hui, elle forme ceux qui soigneront, et elle les forme ensemble, qu’ils entendent ou non. C’est la vision de Son Altesse Royale : que l’inclusion devienne la norme », déclare Karim Essakalli, Président délégué de la Fondation.
Devant Son Altesse Royale, Karim Essakalli a signé cinq accords qui donnent à cette ambition un réseau de partenaires scientifiques, universitaires et professionnels.
À Paris, l’IHU reConnect réunit l’Institut Pasteur et trois hôpitaux de l’Assistance publique–Hôpitaux de Paris : Necker-Enfants malades, la Pitié-Salpêtrière et Lariboisière. Signé par sa directrice, le Pr Anne-Lise Mamessier Giraud, l’accord ouvre une coopération allant de la génétique de la surdité à la thérapie génique. Il associe également l’expertise de Necker en audiologie pédiatrique et celle de la Pitié-Salpêtrière pour l’adulte.
L’Université de Montpellier, son Audiocampus et Cochlear Academy apportent leur modèle de formation aux métiers de l’appareillage et des implants. La convention prévoit des passerelles vers la recherche et un appui au diplôme en implants auditifs. Ces partenaires étaient représentés par François Pierrot, vice-président chargé des relations internationales, le Pr Jean-Luc Puel et Karim Abdennour, directeur pour la zone Afrique.
L’Université catholique de Louvain, la Haute École Léonard de Vinci et les Cliniques universitaires Saint-Luc, premier centre d’implantation cochléaire de Belgique francophone, étaient représentées par le Pr Naïma Deggouj. Leur lettre d’intention engage une coopération en langue française consacrée à la clinique de l’implant et à la formation des audiologistes.
Au Maroc, une convention signée par Mohamed Rhachi, Président de l’Université Mohammed V de Rabat, rapproche les deux établissements pour la formation et la recherche.
La SNRT, représentée par son Président Directeur Général, Fayçal Laraïchi, formera avec l’Université des interprètes en langue des signes pour l’antenne, développera des programmes accessibles et ouvrira aux jeunes sourds les métiers de l’image. Le pôle audiovisuel public a également équipé le studio du Motion Lab.
Une sixième convention avait été conclue quelques semaines auparavant à Rabat avec une institution académique américaine de Chicago. Elle apporte une expertise en analyse appliquée du comportement, ou ABA, discipline née aux États-Unis et encore très peu présente au Maroc. Cette coopération soutiendra le master et le laboratoire spécialisés, la formation d’analystes certifiés, la supervision ainsi que les échanges d’enseignants et d’étudiants.
Les quatre écoles de l’Université couvrent des parcours complémentaires :
- L’École des sciences de l’audition, de la communication et des neurosciences cliniques propose un cursus gratuit en audiologie, orthophonie, thérapie auditivo-verbale, guidance parentale, psychologie clinique et analyse appliquée du comportement. Un diplôme en implants auditifs est réservé aux chirurgiens ORL.
- L’École des langues des signes, de l’interprétariat et de l’accessibilité formera les interprètes, les enseignants spécialisés et les professionnels des médias inclusifs.
- L’École inclusive des technologies, de l’innovation et de la création numérique accueillera les formations en informatique, intelligence artificielle, design graphique et art numérique.
- L’École inclusive des métiers et de la formation professionnelle proposera notamment l’infographie, la pâtisserie et la chocolaterie, la cuisine et le service, ainsi que la certification Microsoft.
La recherche et la pratique disposent de sept laboratoires. À l’Innovation Lab, les travaux portent sur l’intelligence artificielle et les robots humanoïdes dont les mains apprennent à signer dans les langues des signes du monde entier. Le Motion Lab enregistrera, grâce à la capture de mouvement, la langue des signes marocaine afin de créer des avatars signeurs, des capsules pédagogiques et un dictionnaire visuel de référence.
L’Inclusion Lab, issu d’une coopération maroco-belge, accompagnera les étudiants dans leur orientation, le développement de leurs compétences relationnelles et leurs projets d’entreprise. Le Digital Lab sera consacré à la conception et au fonctionnement de sites, d’applications et de logiciels.
Le laboratoire de dissection ORL permettra aux praticiens de répéter les gestes de l’implantation avant d’opérer un patient. Le laboratoire d’audiologie accueillera la pratique des examens de l’audition et du réglage des aides auditives. Le laboratoire d’analyse appliquée du comportement formera à l’accompagnement d’enfants présentant d’autres besoins de développement.
L’Université préparera également les professionnels de l’accueil à recevoir les personnes sourdes ou malentendantes. Banques, hôtels, administrations, transports et stades sont concernés, avec l’échéance de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. Guides, réceptionnistes et agents d’accueil pourront y acquérir les compétences nécessaires.
Parmi les futurs étudiants figureront des jeunes accompagnés depuis l’enfance par la Fondation. Beaucoup, implantés enfants, parlent aujourd’hui. Ils suivront les mêmes cursus que leurs camarades, pour devenir audiologistes, orthophonistes, psychologues cliniciens, interprètes, développeurs ou artisans.
Au cours de Sa visite, Son Altesse Royale a parcouru les laboratoires et les ateliers avant de rencontrer le corps enseignant. Le Pr Abdelaziz Raji et le Pr Naïma Deggouj L’ont accompagnée dans l’espace de simulation des implants auditifs, Philippe Castro au laboratoire d’audiologie et Fayçal Laraïchi au studio du Motion Lab.
Son Altesse Royale a également découvert les ateliers culinaires avec Loubna Tricha, Directrice Générale de l’OFPPT, le Digital Lab avec Amine El Mezouaghi, Directeur Général de l’Agence de Développement du Digital, et l’Inclusion Lab avec Gilles Heyvaert, Ambassadeur du Royaume de Belgique au Maroc. Loubna Jazouli Hadid, Directrice Générale de Decenture, L’a accompagnée à l’Innovation Lab, tandis que Soumia Erras et le Pr Leïla Essakalli ont présenté le laboratoire d’audioprothèse.



