Trump exige la grâce immédiate de Netanyahu pour qu’il se « concentre sur la guerre »

Donald Trump a vivement critiqué le président israélien Isaac Herzog, l’exhortant à accorder « immédiatement » une grâce au Premier ministre Benjamin Netanyahu. Dans un entretien téléphonique accordé jeudi au média américain Axios, l’ancien président américain a estimé que les poursuites judiciaires visant Netanyahu constituent une distraction inacceptable en pleine guerre contre l’Iran.

Selon Trump, Netanyahu ne devrait avoir « qu’une seule pression » : la conduite de la guerre. « Je parle tous les jours avec Bibi de la guerre. Je veux qu’il se concentre sur la guerre et pas sur cette foutue affaire judiciaire », a-t-il déclaré, qualifiant le procès pour corruption du Premier ministre israélien de « chasse aux sorcières », en écho à ses propres démêlés judiciaires aux États-Unis.


Trump a accusé Isaac Herzog d’avoir promis à plusieurs reprises d’accorder cette grâce sans jamais passer à l’acte. « Il m’a dit cinq fois qu’il lui accorderait la grâce, mais il la garde au-dessus de la tête de Bibi depuis un an », a-t-il affirmé. Dans un ton particulièrement virulent, il a même qualifié Herzog de « disgrâce » et déclaré qu’il refuserait de le rencontrer tant que la grâce ne serait pas accordée.

Le président israélien détient en effet le pouvoir constitutionnel de gracier des condamnés ou de mettre fin à des poursuites, mais la procédure suppose l’examen de recommandations juridiques et, en pratique, une reconnaissance de responsabilité de la part du bénéficiaire.

L’entourage d’Isaac Herzog a rapidement contesté la version de Trump. Un haut responsable israélien a indiqué que le président n’avait jamais promis de grâce, mais seulement accepté d’examiner la demande dans le cadre légal.

Dans un communiqué, la présidence israélienne a salué Trump comme « le leader du monde libre » et « un allié central d’Israël », avant de rappeler fermement que « l’État d’Israël est un État souverain gouverné par l’État de droit ».

Le bureau du président a également précisé que la procédure d’examen d’une éventuelle grâce est toujours en cours et qu’aucune décision ne sera prise avant d’avoir reçu les avis juridiques nécessaires. La décision, le moment venu, sera prise « conformément à la loi, à l’intérêt de l’État et à la conscience du président, sans influence extérieure ou intérieure ».

Un procès suspendu mais politiquement explosif

Benjamin Netanyahu est jugé depuis 2020 pour plusieurs affaires de corruption, notamment pour avoir reçu des cadeaux de grande valeur ( cigares, champagne et bijoux ) de la part d’hommes d’affaires en échange d’avantages politiques présumés. Il nie toute faute.

Trump a minimisé ces accusations, estimant que Netanyahu « ne devrait pas être jugé pour des histoires de vin et de cigares » et encore moins risquer la prison alors qu’il dirige Israël en temps de guerre.

Ironiquement, le procès est actuellement suspendu en raison des mesures d’urgence décrétées depuis le début du conflit, les tribunaux israéliens étant fermés pour les affaires non urgentes.

Les déclarations publiques de Trump pourraient toutefois compliquer davantage le dossier. Plusieurs juristes israéliens estiment qu’une grâce accordée sous pression étrangère pourrait être contestée devant la Cour suprême.

De plus, Netanyahu n’a jamais reconnu la moindre responsabilité, une condition généralement requise pour bénéficier d’une grâce présidentielle.

Dans ce contexte, l’intervention spectaculaire de Trump illustre à quel point la guerre en cours et les tensions régionales redessinent les équilibres politiques, jusque dans les arcanes du système judiciaire israélien.

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