C’est une scène digne d’une fiction, mais elle est bien réelle. En Chine, le patron de Henan Kuangshan Crane Co., Ltd. a distribué l’équivalent de 26 millions de dollars (180 millions de yuans) de primes à ses employés lors de la fête annuelle de l’entreprise, déclenchant une vague d’admiration et d’envie sur les réseaux sociaux chinois.
Des tables couvertes de billets
Le 13 février dernier, près de 7 000 salariés étaient réunis pour le gala annuel de l’entreprise, spécialisée dans la fabrication de grues industrielles et d’équipements de manutention, présente dans plus de 130 pays.
Pour l’occasion, 800 tables de banquet ont été installées. Mais ce ne sont pas les plats qui ont attiré l’attention : des rangées entières de tables étaient littéralement recouvertes de billets de banque.

Lors d’animations sur scène, certains employés ont été invités à compter eux-mêmes les billets. La règle était simple : tout ce qu’ils parvenaient à compter dans le temps imparti, ils pouvaient le garder. Des vidéos devenues virales montrent des salariés serrant des liasses dans leurs bras, parfois incapables de tout porter.

70 % des bénéfices redistribués
Au total, plus de 180 millions de yuans ont été versés en primes de fin d’année, soit près de 70 % des bénéfices 2025, qui s’élèvent à 270 millions de yuans.
Le dirigeant, Cui Peijun, détient environ 98,88 % du capital de l’entreprise, fondée en 2002. L’année précédente déjà, sur un bénéfice net de 260 millions de yuans, 170 millions avaient été redistribués aux employés.
En mars 2025, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, près de 1,6 million de yuans avaient également été distribués à 2 000 salariées.

« Ce n’est pas que j’aime donner de l’argent »
Surnommé par les internautes « le patron qui aime le plus distribuer de l’argent », Cui Peijun assume sa démarche, tout en la relativisant :
« Ce n’est pas que j’aime donner de l’argent. Les jeunes ont des crédits automobiles, des prêts immobiliers. Si nous pouvons alléger un peu leur charge, cela aide. »
Sur les réseaux sociaux chinois, les réactions oscillent entre admiration et envie. Certains internautes y voient « le véritable dieu de la richesse », d’autres estiment que ce type de générosité est plus efficace que n’importe quelle campagne publicitaire.

Une stratégie sociale… et d’image
Au-delà du caractère spectaculaire, l’initiative pose aussi la question du partage de la valeur en entreprise. Redistribuer près des deux tiers des profits à 7 000 salariés constitue un signal fort dans un contexte où la pression financière pèse lourdement sur les classes moyennes urbaines chinoises, notamment en raison des crédits immobiliers.
Dans ce cas précis, la générosité du patron est devenue virale, offrant à l’entreprise une visibilité nationale, voire internationale, difficilement atteignable par des canaux traditionnels.
Pour beaucoup d’internautes, une conclusion s’impose : avec une prime de fin d’année pareille, difficile de ne pas rêver d’y travailler.





