Le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères n’a pas tardé à combler le vide. À peine la démission de Jack Lang actée dans le sillage des révélations liées à l’affaire Epstein, la diplomatie française a avancé ses pions. En quelques jours, l’Institut du Monde Arabe, fragilisé par la tourmente, a changé de centre de gravité. L’élection d’Anne-Claire Legendre, diplomate chevronnée et proche du président Emmanuel Macron, ne relève pas seulement d’un choix de compétence : elle scelle un moment politique. Derrière le discours sur la sérénité retrouvée et la modernisation nécessaire, se lit une reprise en main méthodique d’une institution stratégique, longtemps autonome dans son incarnation, désormais pleinement arrimée au Quai d’Orsay.

Proche conseillère du président Emmanuel Macron pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, la diplomate Anne-Claire Legendre a été élue à l’unanimité mardi 17 février à la présidence du Conseil d’administration de l’Institut du Monde Arabe (IMA). Elle succède à Jack Lang, démissionnaire le 7 février après treize années à la tête de l’institution.
Sa nomination intervient dans un contexte sensible. Jack Lang a quitté ses fonctions après la révélation de ses échanges répétés avec le financier américain Jeffrey Epstein, condamné pour crimes sexuels et mort en détention en 2019. Dans la foulée, l’association AC !! Anticorruption a déposé une plainte auprès du parquet national financier visant d’éventuels liens financiers ainsi que la gestion de l’IMA sous sa présidence.
C’est dans ce climat que la diplomate de 46 ans, arabophone et spécialiste du Maghreb et du Moyen-Orient, a été choisie pour restaurer la crédibilité de l’établissement. Sa désignation marque également un tournant institutionnel : avec l’arrivée d’une haute fonctionnaire issue du sérail diplomatique, la tutelle du Quai d’Orsay apparaît renforcée sur une institution historiquement située à la croisée du culturel et du politique.
Diplômée de Sciences Po Paris et de la Sorbonne (Lettres modernes), formée à l’arabe à l’Inalco, Anne-Claire Legendre devient la première femme à présider l’IMA depuis sa création en 1987. Elle a déclaré vouloir « ramener de la sérénité » et « redonner confiance au public ».
« Je remercie le Président de la république EmmanuelMacron, le ministre Jean-Noël Barrot et tous les membres du Conseil d’administration de l’IMA pour leur confiance. Avec ses membres et ses équipes formidables nous nous attelons dès aujourd’hui à répondre à l’ambitieux mandat fixé. » a-t-elle publié sur X.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé le lancement d’un audit de la gestion financière et des ressources humaines de l’IMA. Une réforme des statuts est également envisagée, prévoyant notamment une limite d’âge pour la présidence, une limitation du nombre de mandats successifs et un renforcement des règles de déontologie et de prévention des conflits d’intérêts.
Le gouvernement prévoit également une réforme des statuts visant notamment à fixer une limite d’âge pour la présidence, limiter le nombre de mandats successifs et renforcer les règles de déontologie et de prévention des conflits d’intérêts.
La nouvelle présidente a déclaré vouloir « ramener de la sérénité » et « redonner confiance au public » à l’institution, à l’approche de son 40ᵉ anniversaire.





