Présentée comme la photo d’un couple d’octogénaires dépouillé à Paris, l’image relayée sur X, notamment par un syndicat de police, a été générée ou modifiée par intelligence artificielle, selon CheckNews. Le récit de l’agression provient d’une information de source policière rapportée sur BFMTV.
Deux personnes âgées en sous-vêtements, présentées comme les victimes d’une agression lors de la mobilisation du 17 octobre à Paris. Diffusée le lendemain sur X, l’image a suscité une vague d’indignation et cumulé près d’un million de vues, selon une enquête de CheckNews, le service de vérification de Libération, publiée le 18 octobre. Ses vérifications concluent à une intervention de l’intelligence artificielle dans la fabrication du cliché.
La photo a notamment été relayée par le SCSI, le syndicat des cadres de la sécurité intérieure, qui représente des officiers et commissaires de police. Elle circulait comme l’illustration d’un récit diffusé plusieurs heures auparavant à la télévision.
Une information annoncée sur BFMTV avant la diffusion de l’image
Samedi 17 octobre, dans la soirée, Dominique Rizet avait rapporté en direct sur BFMTV qu’un couple de 80 ans avait été agressé place de la République, dépouillé et laissé quasiment nu. Le journaliste invoquait alors « des informations de police ».
Interrogé le lendemain par CheckNews, il a précisé avoir reçu cette information d’une source policière à 20 h 47, alors qu’il était à l’antenne. Relancé pour savoir s’il confirmait les faits, il n’avait pas répondu au moment de la publication de l’enquête. La préfecture de police de Paris, également sollicitée par Libération, n’avait pas non plus donné suite.
Dans son article du 18 octobre à 18 h 53, CheckNews indiquait donc n’avoir pu ni confirmer ni infirmer l’agression rapportée.
Un filigrane numérique et des anomalies visuelles
Concernant la photo, le service de vérification rapporte un résultat positif avec SynthID Detector, l’outil de Google qui recherche un filigrane invisible intégré aux contenus produits ou retouchés par des outils d’intelligence artificielle compatibles. Ce marquage permet de repérer une intervention de l’IA dans tout ou partie d’une image.
CheckNews relève aussi plusieurs incohérences visuelles : la main gauche de la femme ne présente que quatre doigts, avec un pouce particulièrement proéminent ; un personnage à gauche semble posséder deux têtes pour un seul corps. Le service s’interroge également sur un plot visible en bas à droite, qui ne paraît pas correspondre au mobilier urbain parisien.
Le compte X ayant diffusé le cliché, basé en Israël d’après les informations disponibles sur le réseau social, n’avait pas répondu aux questions de CheckNews sur l’origine de l’image.
Pour moi, c’est l’image la plus horrible de ce 17 octobre: Un couple d’octogénaire dépouillé de tout, en pleine rue, laissé à moitié nu. Comme si les Rolex, les Vuiton, les Hermès, les Dior, les Sephora pillés n’étaient pas suffisants pour la revente. L’image qui devrait être un signal d’alarme pour tout l’occident. L’image d’un pseudo président qui a perdu le contrôle. Qui a totalement échoué envers son peuple. L’image d’une gauche radicale qui a sacrifié votre propre identité pour faire de votre pays une zone de guerre, aux arrières-plans culturels qui n’ont rien à voir avec les vôtres. Cette image est effrayante!
— Ô.Mercedes (@DolceVenezia74) October 18, 2026
La conclusion porte sur une image générée ou modifiée par IA, sans établir qu’elle a été entièrement créée de toutes pièces. Ce cliché ne constitue donc pas une preuve photographique de l’agression décrite sur BFMTV. Son altération ne suffit pas davantage à démontrer que cette agression n’a pas eu lieu.
Source principale : CheckNews / Libération, 18 octobre 2026, 18 h 53.
Fonctionnement de SynthID : documentation Google DeepMind.



