Abdelkebir Tabih a présenté, lundi 19 octobre 2026, sa démission du Conseil de l’Ordre des avocats de Casablanca. Ce départ entraîne également son retrait du bureau de l’Association des barreaux du Maroc, douze jours après la suspension du mouvement de protestation contre la loi n° 66.23 régissant la profession.
Figure connue du barreau de Casablanca, Me Abdelkebir Tabih met fin à ses fonctions au sein de deux instances représentatives des avocats marocains. Dans une lettre adressée au bâtonnier et aux membres du Conseil de l’Ordre de Casablanca, il présente sa démission de la fonction de conseiller ordinal.
Il invoque expressément l’article 125 de la loi relative à la profession d’avocat : « Je vous présente ma démission de mon mandat de membre du Conseil de l’Ordre, conformément aux dispositions de l’article 125 de la loi relative à la profession d’avocat »
Il demande que cette décision soit consignée au procès-verbal de la prochaine réunion du Conseil. Sa démission du Conseil de l’Ordre s’accompagne de son départ du bureau de l’Association des barreaux du Maroc.
Un membre du bureau national élu en 2024
Abdelkebir Tabih avait été élu en mars 2024 au bureau de l’Association des barreaux du Maroc, présidée par le bâtonnier El Houssine Ziani. Il y occupait les fonctions de chargé des affaires culturelles.
Avocat engagé dans les débats sur la réforme du système judiciaire, il avait publiquement contesté plusieurs dispositions du nouveau cadre législatif encadrant la profession, notamment en matière d’indépendance de l’avocat et de garanties des droits de la défense.
Une démission après des mois de mobilisation
Sa décision intervient au terme d’une longue confrontation entre les représentants des avocats et les pouvoirs publics autour de la loi n° 66.23. À partir du 15 juin 2026, les barreaux avaient engagé un arrêt prolongé des prestations professionnelles, régulièrement reconduit.
Le 7 octobre, l’Association des barreaux du Maroc a suspendu temporairement le mouvement, tout en maintenant ses revendications et en misant sur un nouveau dialogue avec les autorités issues de la recomposition gouvernementale.
Douze jours plus tard, le départ d’Abdelkebir Tabih du Conseil de l’Ordre de Casablanca et du bureau national prive les deux instances d’un représentant qui avait pris part aux débats sur l’avenir de la profession. La lettre de démission ne précise pas les raisons qui ont conduit l’avocat à cette décision.


