Le quotidien britannique reconnaît avoir publié des informations erronées sur la rémunération du président de la FIFA, une acquisition immobilière à Miami et ses liens supposés avec une société. La fédération internationale dénonce une campagne visant son dirigeant et annonce qu’elle continuera à contester les accusations mensongères.
Le « second salaire » de Gianni Infantino n’existait pas. Une semaine après avoir affirmé que le président de la FIFA percevait une rémunération supplémentaire non divulguée par l’organisation, The Times a publié, mardi 20 octobre 2026, un rectificatif accompagné d’excuses. Le journal britannique revient également sur ses affirmations concernant un bien immobilier à Miami et la société Shadi LLC.
Le journal retire l’accusation de rémunération dissimulée
Dans son article du 13 octobre, publié dans les pages sportives, le quotidien avait présenté certains versements comme un « second salaire » que la FIFA aurait omis de déclarer. Sa correction est explicite : « C’est incorrect. Il n’y a pas eu de “second salaire”. »
Le journal précise que les frais et remboursements perçus par Gianni Infantino ne sont pas considérés comme une rémunération au regard des obligations suisses de présentation de l’information financière. À ce titre, explique The Times, la réglementation n’impose pas à la FIFA de les inclure dans son rapport annuel.
Traduction intégrale
Rectificatif et excuses
À Gianni Infantino et à la FIFA
Le 13 octobre 2026 (Sport), nous avons rapporté que Gianni Infantino avait perçu un « second salaire » de la FIFA, que celle-ci n’avait pas divulgué. Cette information est incorrecte. Il n’y a pas eu de « second salaire ».
La réglementation n’impose pas à la FIFA de faire figurer dans son rapport annuel les frais et remboursements perçus par M. Infantino, ceux-ci n’étant pas considérés comme une « rémunération » au regard des obligations suisses en matière d’information financière.
Nous reconnaissons également que M. Infantino n’a pas acquis de propriété à Miami à un prix soupçonné d’être inférieur à sa valeur, comme nous l’avions rapporté, et que ni lui ni sa famille ne sont propriétaires juridiques ou bénéficiaires effectifs de Shadi LLC et n’exercent aucun contrôle sur cette société, comme nous l’avions suggéré.
Nous apportons volontiers ces corrections et présentons nos excuses à M. Infantino et à la FIFA pour ces erreurs.
Miami et Shadi LLC : les autres affirmations retirées
Le quotidien reconnaît aussi qu’Infantino n’a pas acheté de propriété à Miami à un prix soupçonné d’être inférieur à sa valeur, contrairement à ce qu’il avait rapporté.
Il revient enfin sur les liens qu’il avait suggérés avec Shadi LLC : ni le président de la FIFA ni sa famille ne sont propriétaires juridiques ou bénéficiaires effectifs de cette société, et ils n’exercent aucun contrôle sur elle.
« Nous présentons nos excuses à M. Infantino et à la FIFA pour ces erreurs », écrit le journal au terme de son rectificatif.
13 octobre 2026 · L’article initial
Ce que The Times
avait affirmé
Les quatre affirmations au cœur du rectificatif et des excuses publiés une semaine plus tard.
Un « second salaire »
Le Times affirmait que Gianni Infantino percevait une rémunération supplémentaire en plus de son salaire officiel.
Montant évoqué par The Guardian : 1,76 million de dollars pour 2024.
Une rémunération non divulguée
Le quotidien reprochait à la FIFA de ne pas avoir rendu publique cette somme dans son rapport annuel.
Un achat immobilier sous-évalué à Miami
Le journal affirmait qu’Infantino avait acheté un bien immobilier à Miami à un prix soupçonné d’être inférieur à sa valeur.
Des liens supposés avec Shadi LLC
Le Times suggérait qu’Infantino ou sa famille possédaient la société Shadi LLC, en étaient les bénéficiaires effectifs ou en exerçaient le contrôle.
20 octobre 2026 · Rétractation et excuses
The Times reconnaît qu’il n’y a pas eu de « second salaire » et que les frais et remboursements concernés n’avaient pas à figurer comme rémunération dans le rapport annuel. Il retire ses affirmations sur l’achat immobilier et sur Shadi LLC, puis présente ses excuses à Infantino et à la FIFA.
La FIFA dénonce une campagne contre son président
Dans sa réaction diffusée par son compte FIFA Media, l’instance internationale prend acte de ces excuses après un article qu’elle qualifie d’inexact et de préjudiciable. Elle reprend une accusation déjà formulée en août : celle d’un effort « concerté et continu » de certains acteurs pour affaiblir la FIFA et son président.
La fédération appelle les médias à vérifier soigneusement leurs sources pour empêcher la publication, puis la reprise, d’informations fausses et diffamatoires. Son avertissement vise ainsi les publications à l’origine des accusations comme les médias qui les relaient.
La FIFA affirme accepter un examen critique légitime de son action, tout en récusant son utilisation pour amplifier de fausses accusations. « Le contrôle critique n’autorise pas à amplifier de fausses allégations », déclare-t-elle. Face aux informations inexactes, trompeuses ou entièrement fausses, l’organisation annonce qu’elle continuera à les contester « directement et vigoureusement ».



