Les armées américaine et israélienne préparent une offensive courte et intensive contre l’Iran après les élections de mi-mandat, révèle le New York Times. Certains responsables misent sur trois jours de bombardements pour arracher des concessions à Téhéran. Donald Trump n’a pas donné son feu vert.
Selon le quotidien américain, qui cite des responsables et des personnes informées des discussions sous couvert d’anonymat, les préparatifs militaires s’accélèrent. Des avions s’entraînent au-dessus de l’Irak et le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a discuté cette semaine de nouvelles frappes avec Benjamin Netanyahu en Israël.
Les cibles envisagées comprennent des infrastructures énergétiques, des installations nucléaires et les arsenaux de missiles et de drones iraniens. L’objectif défendu par certains responsables américains : infliger des dégâts économiques suffisamment lourds pour contraindre Téhéran à céder dans les négociations sur son programme nucléaire et le détroit d’Ormuz.
Washington prévoit de disposer début novembre de l’ensemble des moyens militaires mobilisés, dont trois porte-avions, des milliers de Marines, des avions de combat et des forces spéciales. Le calendrier croise deux rendez-vous électoraux : les législatives israéliennes du 27 octobre et les élections américaines de mi-mandat.
Trump a toutefois déjà interrompu plusieurs préparatifs d’offensive cette année. Début octobre, il a reporté une attaque alors que les deux armées avaient placé leurs forces aériennes au plus haut niveau d’alerte, rapporte le journal. La Maison-Blanche refuse de commenter les plans militaires et affirme que le président conserve toutes ses options.
Le pari d’une offensive décisive se heurte aussi au bilan des précédents bombardements. Entre février et avril, ceux-ci ont fait grimper les prix de l’énergie et fortement entamé les stocks américains de missiles intercepteurs, sans obtenir les concessions recherchées. Dana Stroul, ancienne responsable du Moyen-Orient au Pentagone interrogée par le quotidien, souligne que ni la campagne militaire, ni les sanctions, ni le blocus naval n’ont débloqué les négociations.
Téhéran annonce de son côté une riposte élargie aux centres de données et aux câbles internet sous-marins, au-delà des navires et des infrastructures énergétiques régionales. Mahdi Mohammadi, conseiller d’un négociateur iranien, qualifie de « fantasme » l’idée d’une guerre bouclée en 72 heures : selon lui, l’Iran décidera du moment où les combats prendront fin.


