Akhannouch active sa cellule de campagne : les visages d’une stratégie discrète

Aziz Akhannouch, aurait entamé la structuration de sa cellule de campagne pour les législatives de 2026, avec un renouvellement stratégique des profils et une place centrale accordée à l’ingénierie narrative. C’est ce que révèle une enquête d’Africa Intelligence publiée ce lundi 8 juillet.

Alors que certains poids lourds de l’équipe précédente s’effacent, à l’image de Mohamed Sadiki ( ancien ministre de l’agriculture ) ou Mohcine Jazouli ( aucien ministre délégué en charge de l’investissement ), une nouvelle génération prend le relais, encadrée par des figures d’expérience comme Rachid Talbi Alami et Mohamed Aujjar. À leurs côtés, une femme tire les ficelles de l’ombre : Lamia Bouzbouz, communicante en chef du chef du gouvernement.


Une plume et une présence

Ancienne journaliste, passée par le privé comme par les cabinets ministériels, Lamia Bouzbouz incarne un profil rare dans les cercles du pouvoir : discrète, respectée, à la fois loyale et créative. Nommée en 2022 à la tête de la communication du chef du gouvernement, elle a depuis consolidé son rôle dans les grands arbitrages liés à l’image et à la narration politique.

Selon Africa Intelligence, elle est désormais l’architecte du storytelling de la campagne 2026. Une position clé, au sein d’un parti (le RNI) souvent perçu comme élitiste, et dirigé par un leader peu expansif dans les médias.

Une mécanique collective

Le tandem Talbi Alami – Aujjar encadre la cellule stratégique. Mustapha Baïtas, ministre délégué et porte-parole du gouvernement, fait office de relais direct entre la base électorale et le sommet du parti.

Des figures montantes comme Lahcen Es-Saâdi, récemment nommé secrétaire d’État, et Younes Abchir, fidèle de longue date d’Akhannouch, viennent compléter l’équipe. Tous s’inscrivent dans une stratégie pensée pour conjuguer loyauté, efficacité, et capacité à occuper le terrain.

Pas de place pour l’improvisation en 2026

Pour encadrer une équipe marquée par l’émergence de nouveaux visages, Aziz Akhannouch mise sur un tandem qui incarne à la fois la mémoire du parti et l’expérience des grandes batailles électorales. En choisissant Rachid Talbi Alami et Mohamed Aujjar comme piliers de sa cellule de campagne, le chef du gouvernement joue la carte de la solidité et de la maîtrise politique.

Talbi Alami, président de la Chambre des représentants, est connu pour ses interventions incisives et ses formules choc. Vieux routier des conciliabules et compromis souterrains, il apporte son art du contre-pied et sa connaissance fine des rapports de force parlementaires.

À ses côtés, Aujjar, ancien ministre de la Justice, ancien diplomate et figure respectée du bureau politique, incarne la finesse stratégique et la maîtrise de la communication politique. Journaliste de formation, passé par la diplomatie multilatérale, il est l’un des rares responsables à conjuguer discours de fond, tempérance, et efficacité médiatique. Il est également le garant d’un lien fluide avec les partenaires internationaux du parti.

Ce duo, aguerri aux campagnes électorales, fait office de contrepoids structurant à la nouvelle garde montante incarnée par Mustapha Baïtas et Lahcen Es-Saâdi : d’un côté, l’expérience et la mémoire des conquêtes passées ; de l’autre, l’enthousiasme et loyauté à toute épreuve au chef du parti. Un équilibre assumé par Akhannouch pour conjuguer verticalité et renouvellement.

Une tournée qui plante le décor

Entamée dans les provinces du Sud, à Dakhla puis à Laâyoune, la tournée nationale du RNI vise à valoriser les actions menées depuis 2021. L’étape d’Agadir, le 21 juin dernier, a réuni plus de 5 000 personnes, selon le même média. Prochaine séquence : Casablanca, Rabat, Tanger, Oujda… Autant de rendez-vous où la parole du chef et le récit de ses résultats devront être portés avec clarté.

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