Après la nuit amère de Rabat, Hakimi brise le silence

Quarante-huit heures après la défaite cruelle du Maroc en finale de la CAN 2025 face au Sénégal (1-0 après prolongations), Achraf Hakimi a choisi les réseaux sociaux pour briser le mutisme et livrer un message empreint d’émotion, de respect et de hauteur.

« Après des jours très difficiles, en essayant d’assimiler tout ce qui s’est passé, j’avais besoin de m’exprimer avec le cœur », écrit le capitaine officieux des Lions de l’Atlas. Des mots qui traduisent le choc encore vif d’une finale perdue dans des circonstances dramatiques, mais aussi la volonté de dépasser la douleur sportive pour inscrire ce moment dans une perspective plus large.


Hakimi adresse d’abord un hommage appuyé à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, saluant « l’immense travail accompli afin que cette Coupe d’Afrique soit, sans aucun doute, la meilleure de l’histoire, et organisée dans notre pays ». Au-delà du résultat sportif, le défenseur du PSG met en avant la réussite organisationnelle du Maroc et la vision royale en matière de développement du football national : « Merci pour la vision, le soutien et l’amour constant envers le football et envers le Maroc. »

Le joueur n’oublie pas non plus Fouzi Lekjaa, président de la Fédération Royale Marocaine de Football, qu’il remercie pour son « engagement total auprès de cette sélection » et pour avoir cru en l’équipe « à chaque étape du chemin ». Une manière de rappeler que cette aventure marocaine à la CAN 2025 s’inscrit dans un projet de long terme, porté par une gouvernance forte et une ambition assumée.

Une finale qui restera dans les annales

Cette prise de parole intervient après une finale d’une intensité rare, qui a tenu tout un continent en haleine. Longtemps verrouillée, la rencontre a basculé dans le chaos à la 90e minute lorsque le Maroc a obtenu un penalty très contesté. Les scènes qui ont suivi : interruption prolongée du match, joueurs sénégalais quittant temporairement la pelouse sur consigne de leur sélectionneur Pape Thiaw, ont plongé le stade dans une tension électrique.

Le tournant du match est survenu lorsque Brahim Diaz, chargé de transformer le penalty, a tenté une panenka mal exécutée, facilement captée par Édouard Mendy, resté impassible sur sa ligne. Une tentative audacieuse qui s’est révélée fatale pour les Lions de l’Atlas.

Dès la reprise, Pape Gueye a trouvé la faille dans la défense marocaine, en infériorité numérique, et expédié une frappe dans la lucarne de Yassine Bounou à la 94e minute, offrant aux Lions de la Teranga leur deuxième sacre continental, quatre ans après celui de 2021.

Pour le Maroc, la frustration est immense. Mais le message d’Achraf Hakimi montre une autre dimension : celle d’une équipe consciente du chemin parcouru, du spectacle offert et de l’héritage laissé par cette CAN 2025 organisée sur ses terres.

Entre la douleur de la défaite et la fierté du parcours, Hakimi choisit la dignité. Un ton qui dit beaucoup de l’état d’esprit de cette génération : battue un soir, mais déterminée à revenir plus forte.

Les plus lus

Felipe VI et Letizia se rendront à Sebta et Melilla les 13 et 14 octobre, sans Sánchez

Le couple royal espagnol effectuera son premier déplacement officiel...

À Paris, l’ONMT mise sur le Mondial 2030 pour séduire le marché français

Devant la presse réunie au Bristol, Achraf Fayda a...

Felipe VI à Sebta et Melilla : la cordialité des rois à l’épreuve de la souveraineté

Madrid présente la visite du couple royal comme une...

Madrid reporte son sommet avec Alger : Rabat au cœur d’un jeu diplomatique à trois bandes

L’Espagne a reporté sine die la Réunion de haut...

Polarium confie la France, l’Italie et l’Afrique du Nord à Anass Chaker

Le spécialiste suédois du stockage intelligent de l’énergie Polarium...

Gouvernement El Mansouri : l’Énergie sous les projecteurs, Benali et Benkhadra au centre des conjectures

La succession à l’Énergie attire déjà les regards au-delà du Maroc. Attaqa, média arabophone établi à Washington, avance plusieurs noms pour le gouvernement El Mansouri. Même spécialisée, cette attention étrangère souligne le poids d’un portefeuille exposé par une crise énergétique persistante, les prix des carburants et les intérêts des grands distributeurs. Avec, en toile de fond, les engagements du PAM sur leurs marges et une question politique : quelle relation le prochain ministre entretiendra-t-il avec Aziz Akhannouch ?
00:01:42

La Colombie ouvre son ambassade à Al-Qods et rompt avec la ligne Petro

La Colombie inaugure son ambassade à Jérusalem-Ouest et rétablit son accord de libre-échange avec Israël, consacrant le virage diplomatique engagé par Abelardo de la Espriella.

Ericsson fête ses 150 ans à Rabat : la Suède célèbre un siècle et demi d’innovation

L’ambassade de Suède à Rabat a célébré les 150 ans d’Ericsson, présent au Maroc depuis 1984. Clients, chiffre d’affaires et pari sur la 5G : les chiffres de son implantation.

Getty Images au bord de la faillite : le géant mondial de la photographie rattrapé par la dette et l’IA

Getty Images prépare un Chapter 11 et son retrait de la Bourse, avec jusqu’à 533 millions de dollars apportés par la famille Getty et Koch Equity Development.

Musées, œuvres, mémoire : la DGSN et la Fondation nationale des musées, gardiennes du patrimoine marocain

La DGSN et la Fondation nationale des musées signent une convention pour sécuriser les musées et protéger le patrimoine marocain contre le vol, la falsification et le trafic illicite.

Le Roi Mohammed VI reçoit Fatima Ezzahra El Mansouri et appelle à une mobilisation générale pour la prochaine étape

Le Roi Mohammed VI a reçu, mercredi 14 octobre 2026, Fatima Ezzahra El Mansouri, cheffe du gouvernement désignée, venue présenter l’état d’avancement de la formation du nouvel exécutif.

Crime organisé : cinq arrestations au Maroc en un mois, Stockholm salue Rabat

Un Suédois de 22 ans a été arrêté à Agadir grâce aux renseignements de la DGST. La police suédoise remercie le Maroc et fait état de cinq arrestations en un mois.

Au Parlement, l’héritier Benjelloun impose sa signature

Dès l’élection du président de la Chambre des représentants, Omar Mahmoud Benjelloun impose sa méthode, prend ses distances avec le PJD et bouscule les figures installées de la gauche.

Related Articles

Focus Thématiques