Attijariwafa bank impulse une nouvelle architecture panafricaine d’investissement depuis Le Caire

Dans un paysage africain souvent fragmenté par des asymétries réglementaires et des défis logistiques, Attijariwafa bank, à travers le Club Afrique Développement (CAD), vient de réussir une démonstration de softpower et de diplomatie économique. En organisant sa 41ᵉ mission multisectorielle depuis la capitale égyptienne, le groupe bancaire et financier panafricain a confirmé sa capacité à fédérer, structurer et projeter une dynamique d’intégration économique continentale.

Réunissant plus de 300 dirigeants publics et privés issus de 11 pays, l’événement n’a pas seulement permis de nouer des contacts ou d’échanger des intentions : il a déclenché des mécanismes concrets pour relier durablement les marchés africains. Le thème – « Relier les marchés, bâtir l’avenir » – a trouvé un écho immédiat avec deux annonces majeures :


  • Le lancement imminent par l’Égypte d’une plateforme électronique unifiée pour les licences d’investissement;
  • Et la programmation d’un forum d’affaires sénégalo-égyptien, en coordination directe avec GAFI et APIX.

Une diplomatie bancaire à l’œuvre

La cérémonie d’ouverture de la 41ᵉ mission du Club Afrique Développement a réuni un casting institutionnel de haut rang, confirmant le rôle du CAD comme acteur reconnu de l’intégration économique régionale.

Autour de Ismail Douiri, Mouawia Essekelli et Mouna Kadiri, représentants du groupe Attijariwafa bank, plusieurs figures clés de l’écosystème économique égyptien ont répondu présent :

  • Dr Hala El Said – Conseillère économique du Président égyptien, ancienne ministre de la Planification
  • Sherif Farouk – Ministre de l’Approvisionnement et du Commerce intérieur
  • Tarek El Khouly – Vice-gouverneur de la Banque Centrale d’Égypte
  • Mohamed Farid – Président de l’Autorité de régulation financière (FRA)
  • Islam Azzam – Vice-président de la FRA
  • Hossam Heiba – Président de la GAFI (Autorité Générale pour l’Investissement et les Zones Franches)
  • Basil Rahmy – Directeur général de l’Agence pour le développement des PME
  • Hazem Anan – Vice-président de l’IDA (Développement et gestion des zones industrielles)
  • Hani Berzi – Président Directeur Général, Edita Food Industries

S’y sont ajoutés plusieurs diplomates et dirigeants bancaires subsahariens, dont :

  • Kémoko Diakité – Ambassadeur du Sénégal en Égypte
  • Moustapha Cissé – Directeur général adjoint, APIX Sénégal
  • Hamidou Bahlah Abunaw – Directeur général adjoint, Agence de promotion des investissements du Cameroun
  • Mohamed El Ghazi – Directeur Général, Société Ivoirienne de Banque
  • Mounir Ibrahim – Directeur Général, Attijari bank Mauritanie
  • Alexandre Beziaud – Directeur Général, SCB Cameroun


41ᵉ Mission du Club Afrique Développement en chiffres

IndicateurDétail
🗓️ Dates14–15 mai 2025
📍 LieuLe Caire, Égypte
🌍 Pays représentés11 pays africains : Égypte, Maroc, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Mali, Mauritanie, Sénégal, Tchad, Togo, Congo
👥 Participants+300 dirigeants et opérateurs économiques
🤝 Rencontres B2B+400 réunions d’affaires bilatérales structurées
🏭 Visite industrielle1 site visité (zone industrielle de 10 Ramadan)
🌐 Investisseurs étrangers présents à la visite40 investisseurs africains de 9 pays
🏯 Institutions publiquesMinistère de l’Approvisionnement et du Commerce intérieur
Autorité Générale pour l’Investissement et les Zones Franches (GAFI)
Agences de promotion des investissements du Cameroun, du Senegal et du Gabon
🏦 Institutions financières présentesBanque centrale d’Égypte,
Attijariwafa bank,
Autorité de régulation financière (FRA)
📢 Plateformes annoncées1 plateforme électronique unifiée d’octroi de licences d’investissement (GAFI)
📅 Forums bilatéraux à venir1 forum Sénégal–Égypte (annoncé par APIX et GAFI)

Du réseau à la stratégie, de la stratégie à l’action

À l’occasion de cette 41ᵉ mission du Club Afrique Développement, organisée par Attijariwafa Bank au Caire, le président de la GAFI, Hossam Heiba, a levé le voile sur les grandes orientations stratégiques de l’Égypte pour stimuler les flux d’investissement et dynamiser l’intégration commerciale à l’échelle du continent.

Au cœur de cette feuille de route : l’adoption de stratégies durables pour fluidifier les échanges intra-africains, la volonté de construire des partenariats intégrés avec des acteurs clés – au premier rang desquels figure le Maroc, poids lourd de la finance panafricaine –, et l’ambition d’instaurer un cadre opérationnel simplifié grâce à la digitalisation des procédures.

Parmi les mesures phares annoncées, figure le lancement imminent d’une plateforme électronique unifiée dédiée à la délivrance des licences d’investissement. Cette interface vise à centraliser les démarches administratives, accélérer les processus d’approbation et réduire la fragmentation réglementaire, souvent pointée comme frein à l’attractivité.

Coopération Sud-Sud concrète : des secteurs en ligne de mire

Un panel institutionnel de haut niveau a prolongé les débats avec un focus sur l’investissement interafricain, en présence de :

  • Hossam Heiba, Directeur général de la GAFI (Autorité générale des investissements d’Égypte),
  • Hazem Enan, Vice-président de l’Autorité du développement industriel,
  • Hani Berzi, PDG d’Edita Food Industries,
  • Moustapha Cissé, DG adjoint de l’agence de promotion des investissements du Sénégal,
  • Hamidou Abunaw, DG adjoint de l’agence camerounaise de promotion des investissements.

Les échanges ont mis en lumière plusieurs filières prioritaires : agro-industrie, transformation alimentaire, énergie, automobile, digital, logistique, et industries pharmaceutiques. Des synergies prometteuses ont été esquissées entre opérateurs sénégalais, camerounais et égyptiens, avec en ligne de mire l’établissement de partenariats industriels bilatéraux et multilatéraux.

Amedeo Abunaw, représentant du Cameroun, a souligné la position stratégique de son pays comme hub régional pour les marchés enclavés, saluant le rôle du Club Afrique Développement comme catalyseur d’opportunités et d’intégration.

Moustapha Cissé (APIX Sénégal) a invité les opérateurs égyptiens à investir dans des secteurs clés, tout en annonçant la tenue prochaine d’un forum sénégalo-égyptien à Dakar. Il a rappelé la reconnaissance historique du Sénégal par l’Égypte comme socle diplomatique du partenariat.

Côté secteur privé, Hani Berzi, PDG d’Edita, une société égyptienne, a plaidé pour une stratégie export réaliste : À ce jour, le continent ne représente que 15 % des exportations égyptiennes, un chiffre largement en deçà du potentiel existant, mieux cibler les marchés, renforcer la présence bancaire, moderniser la logistique et s’appuyer sur des alliances locales pour lever les freins réglementaires.

Perspective du secteur privé égyptien

En marge de la conférence, une visite de terrain à la zone industrielle de 10 Ramadan – considérée comme le plus grand complexe industriel du Moyen-Orient, avec plus de 6 000 unités de production – a permis à une délégation de 40 décideurs africains d’apprécier la puissance industrielle de l’Égypte.

Trois visites ciblées ont été organisées :

  • une usine agroalimentaire,
  • une unité de production de céramique,
  • et une verrerie industrielle.

Le niveau d’infrastructure, la diversité des filières et la maîtrise technologique des sites visités ont unanimement impressionné les participants, renforçant la crédibilité de l’Égypte en tant que partenaire industriel de premier plan sur le continent.

En arrière-plan de cette dynamique, se dessine une nouvelle cartographie de l’influence économique africaine. Le Maroc, en s’appuyant sur la profondeur financière d’Attijariwafa Bank et l’agilité de plateformes comme le Club Afrique Développement, devient l’architecte discret mais déterminé d’un marché africain interconnecté. La réussite spectaculaire de la diplomatie royale dans la consolidation de cet ancrage africain incite aujourd’hui l’Égypte à embrasser cette dynamique, en modernisant ses mécanismes d’attractivité. La compétition devient convergence : celle des économies africaines prêtes à jouer à armes égales sur la scène globale.

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