Yonatan Urich, proche collaborateur du Premier ministre israélien, a sollicité l’intelligence artificielle pour élaborer une stratégie de communication favorable à Doha en pleine guerre à Gaza. Des extraits de son interrogatoire, révélés par la chaîne israélienne N12, relancent l’affaire du « Qatargate ».
En septembre 2024, alors que la guerre à Gaza se poursuivait, Yonatan Urich, conseiller et proche de Benjamin Netanyahou, interrogeait ChatGPT sur les moyens d’améliorer l’image du Qatar en Israël et à l’international. C’est ce que révèlent des extraits de son interrogatoire policier, diffusés lundi 12 octobre par la chaîne israélienne N12.
Selon l’enquête du journaliste Amnon Abramovitch, Urich aurait notamment demandé à ChatGPT d’élaborer un « plan stratégique de changement de perception mondiale » concernant le Qatar.
Les requêtes portaient également sur l’amélioration de l’image de l’émir Tamim ben Hamad Al Thani et du Premier ministre qatari Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani.
Trois publics étaient particulièrement ciblés : les citoyens israéliens, les communautés juives à travers le monde et les leaders d’opinion américains.
Lors de son interrogatoire, un enquêteur a confronté Urich à ces demandes, évoquant des propositions destinées à « blanchir » l’image du Qatar.
Mercredi 14 octobre, N12 a apporté un nouvel élément : les enquêteurs disposent de traces d’au moins deux consultations distinctes de ChatGPT, effectuées à des dates différentes.
Le Qatargate rattrape l’entourage de Netanyahou
Ces révélations s’inscrivent dans l’enquête dite du « Qatargate », qui porte sur des soupçons de rémunérations et d’opérations d’influence au profit du Qatar impliquant des personnalités de l’entourage du Premier ministre israélien.
Urich conteste avoir mené une campagne favorable à Doha. « Je ne me souviens pas de ce que j’ai demandé au chat. Je l’interroge sur de nombreux sujets », a-t-il déclaré aux enquêteurs.
Sur X, il a reconnu l’existence de ces requêtes, affirmant toutefois n’avoir donné aucune suite aux propositions de ChatGPT.
L’affaire a provoqué de vives réactions en Israël. Les opposants à Netanyahou, notamment Naftali Bennett et Gadi Eisenkot, dénoncent les activités présumées d’un conseiller du Premier ministre au profit du Qatar en temps de guerre.


