Engagé en mer Rouge dans la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran, le porte-avions USS Gerald R. Ford, fragilisé par un incendie majeur et des problèmes techniques à répétition au cours d’un déploiement prolongé, devrait être relevé dans les prochaines semaines par l’USS George H.W. Bush, actuellement en préparation de déploiement, selon des responsables militaires cités par le New York Times.
Le porte-avions américain USS Gerald R. Ford, actuellement déployé en mer Rouge et engagé dans les opérations militaires contre l’Iran, a mis le cap vers la Crète afin d’y subir des réparations, après une série d’incidents survenus au cours d’un déploiement prolongé de près de dix mois.

Un incendie s’est déclaré la semaine dernière à bord du navire, dans la zone de la buanderie principale. Selon des responsables militaires et des témoignages relayés par la presse américaine, le feu a nécessité plus de 30 heures d’intervention avant d’être maîtrisé. L’incident a entraîné le déplacement de plus de 600 marins, privés de leurs couchettes et contraints de dormir temporairement sur des tables ou au sol. Deux marins ont été pris en charge pour des blessures sans gravité, tandis que plusieurs dizaines de membres d’équipage ont souffert d’inhalation de fumée.
Le commandement central américain a indiqué que l’incendie n’avait causé aucun dommage au système de propulsion et que le porte-avions restait opérationnel. Toutefois, les installations de blanchisserie sont restées partiellement indisponibles après l’incident.
Cet épisode intervient alors que le bâtiment est engagé dans des opérations aériennes continues dans le cadre de la campagne militaire contre l’Iran. Selon les autorités américaines, ces opérations ont déjà conduit à des milliers de frappes depuis la fin du mois de février. Le groupe aéronaval du Ford, composé de dizaines d’avions de combat, joue un rôle central dans ce dispositif.
400 000 dollars pour déboucher les toilettes de l’USS Gerald R. Ford
Ce nouvel incident intervient alors que le porte-avions, doté d’un équipage de plus de 4 000 marins, connaît également des problèmes techniques récurrents liés à son système de toilettes. Plusieurs médias américains font état de systèmes régulièrement obstrués et de files d’attente prolongées à bord. Ces difficultés ne sont pas nouvelles : un rapport de 2020 du Government Accountability Office (GAO) évoquait déjà des obstructions fréquentes nécessitant des opérations de nettoyage à l’acide, dont le coût peut atteindre 400 000 dollars par intervention. La marine américaine a reconnu l’existence de ces incidents, tout en indiquant qu’ils étaient traités rapidement par les équipes techniques.
Le USS Gerald R. Ford avait auparavant été déployé dans les Caraïbes, après un passage en Méditerranée, dans le cadre d’opérations américaines liées au Venezuela, notamment des actions visant des trafics maritimes et la pression exercée sur le président Nicolás Maduro. Il a ensuite été redéployé vers le Moyen-Orient pour rejoindre les opérations en cours contre l’Iran.
Le déploiement du Ford entre désormais dans son dixième mois et pourrait être prolongé jusqu’en mai, ce qui rapprocherait la mission d’une durée d’environ un an, bien au-delà des standards habituels de la marine américaine, généralement fixés à six mois. Selon des responsables militaires, le navire s’approche des limites de son endurance opérationnelle.

Le porte-avions, un bâtiment de 100 000 tonnes propulsé par deux réacteurs nucléaires, long de plus de 335 mètres, constitue l’un des éléments centraux de la projection de puissance américaine. Mis en service en 2017, il s’agit du navire amiral de sa classe.
Son retrait pour réparations pourrait créer un manque dans le dispositif militaire américain dans la région. Selon des responsables cités par la presse américaine, il devrait être remplacé par le porte-avions USS George H.W. Bush, actuellement en préparation de déploiement vers le Moyen-Orient.



