Deux jours après la nomination du gouvernement, son porte-parole doit expliquer le départ d’une ministre. Sur la sensible affaire Madiha Khayr, Samir Belfkih défend une décision fondée sur une appréciation politique partagée par la majorité, avec une priorité affichée : ramener le débat vers le programme gouvernemental et préparer l’investiture parlementaire.
La communication de crise s’invite d’emblée dans les nouvelles fonctions de Samir Belfkih. Ce dimanche 18 octobre, le ministre de l’Aménagement du Territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville, également porte-parole du gouvernement, prend la parole après la fin des fonctions de Madiha Khayr, nommée vendredi ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle et de la Qualification.
Dans un communiqué relayé par la MAP, Belfkih revient explicitement sur la nomination de la ministre et sur les « informations judiciaires et médicales à caractère personnel » véhiculées à son sujet. Il défend le « traitement d’urgence » du dossier, présenté comme une manifestation des responsabilités assumées par l’exécutif.
La précision politique centrale tient à l’implication de toute la coalition. Selon le porte-parole, le gouvernement a agi sur la base d’une « appréciation politique et institutionnelle, partagée par les composantes de la majorité gouvernementale ». Celles-ci ont réaffirmé leur volonté de faire réussir cette expérience, de servir l’intérêt général et de recentrer le débat public sur les attentes des citoyens.
En insistant sur cette appréciation commune, Belfkih donne une dimension collective à la gestion de l’affaire. La majorité assume publiquement le choix qui a conduit la Cheffe du gouvernement à demander le départ de Khayr.
Le porte-parole rappelle la procédure suivie : Fatima Ezzahra El Mansouri a soumis au Roi une demande de cessation des fonctions de la ministre déléguée, en vertu de ses attributions constitutionnelles, particulièrement celles prévues à l’alinéa 4 de l’article 47. Le Souverain a approuvé cette demande, comme l’a annoncé le Cabinet Royal.
Belfkih inscrit cette décision dans une échéance immédiate : le parachèvement de la formation du gouvernement par son investiture parlementaire. L’exécutif entend réunir les conditions lui permettant ensuite de mettre en œuvre son programme et d’honorer ses engagements.
Pour son porte-parole, le baptême du feu consiste ainsi à défendre une décision prise dans l’urgence et à porter la solidarité affichée de la majorité. Avant même l’investiture, l’affaire Khayr impose au nouvel exécutif d’expliquer ses choix.
Le documentTexte intégral relayé par la MAP
Communiqué du porte-parole du gouvernement
Affaire Madiha Khayr
La réponse du gouvernement
Samir Belfkih
Porte-parole du gouvernement
Rabat – Le ministre de l’Aménagement du Territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville, Porte-Parole du gouvernement, M. Samir Belfkih, a affirmé que le traitement d’urgence par le gouvernement de la question de nomination de Mme Madiha Khayr, en tant que ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle et de la Qualification, ainsi que des informations judiciaires et médicales à caractère personnel véhiculées à ce sujet, s’inscrit dans le cadre des responsabilités assumées par le gouvernement et témoigne de son souci de réunir toutes les conditions favorables pour aller de l’avant dans le parachèvement du processus constitutionnel de sa formation.
Dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement a précisé que « le gouvernement a suivi la question de la nomination de Mme Madiha Khayr. Et sur la base d’une appréciation politique et institutionnelle, partagée par les composantes de la majorité gouvernementale, qui ont réitéré leur volonté commune de faire réussir cette expérience gouvernementale, de recentrer le débat public sur le programme du gouvernement et les attentes des citoyennes et citoyens, et de veiller à servir l’intérêt général ».
Dans ce cadre, « Mme la Cheffe du gouvernement a soumis à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, en vertu des attributions que lui confère la Constitution, en particulier celles prévues à l’alinéa 4 de l’article 47 de la Loi fondamentale du pays, une demande en vue de mettre fin aux fonctions de la ministre déléguée, demande qui a été approuvée par Sa Majesté le Roi, que Dieu Le préserve, comme indiqué dans le communiqué du Cabinet Royal à ce sujet ».
Il a ajouté que « ce traitement d’urgence de cette question s’inscrit dans le cadre des responsabilités assumées par le gouvernement et témoigne de son souci de réunir toutes les conditions favorables pour aller de l’avant dans le parachèvement du processus constitutionnel de sa formation, à travers son investiture parlementaire, afin de se consacrer, par la suite, à mettre en œuvre son programme et à honorer ses engagements envers les citoyennes et citoyens ».

