Tirs sur des diplomates à Jénine : Israël sous le feu des critiques internationales

L’armée israélienne a ouvert le feu mercredi sur un convoi de diplomates, dont l’ambassadeur du Maroc en Palestine, Abderrahim Meziane, en visite à l’entrée du camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie. Bien que l’incident n’ait fait ni blessés ni morts, il a suscité une vague de condamnations de la part de plusieurs capitales, européennes, arabes et internationales. En toile de fond, un contexte de plus en plus tendu autour du gouvernement israélien, confronté à des pressions internes et à une réprobation croissante à l’étranger.

Un convoi diplomatique visé à balles réelles

Mercredi 21 mai, des diplomates représentant plus de vingt pays – dont la France, l’Égypte, le Maroc, la Turquie, le Portugal, la Chine ou encore l’Union européenne – ont été la cible de tirs à balles réelles à l’entrée est du camp de Jénine, alors qu’ils visitaient la zone pour constater les effets du blocus et de la destruction infligée à cette localité palestinienne. Des journalistes présents sur place affirment que les tirs israéliens étaient « directs et nourris », malgré la visibilité claire du convoi officiel.


Selon l’agence de presse palestinienne WAFA, la délégation diplomatique avait préalablement rencontré les autorités locales et visité des zones affectées, notamment pour constater les dégâts causés aux infrastructures et l’ampleur de la crise humanitaire. Le camp abriterait actuellement 22 000 déplacés internes.

Vague de condamnations internationale

Les réactions internationales ne se sont pas fait attendre :

  • Italie : Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a dénoncé un acte « inacceptable » et a convoqué l’ambassadeur israélien pour demander des « explications immédiates ».
  • Espagne : A également « condamné fermement » l’incident. Un diplomate espagnol figurait dans le convoi.
  • France : Le ministre Jean-Noël Barrot a annoncé la convocation de l’ambassadeur israélien à Paris, qualifiant l’incident d’ »inacceptable ».
  • Allemagne : A exprimé une « condamnation forte » et demandé des « clarifications immédiates ».
  • Belgique : Le ministre Maxim Prévot a exigé des « explications crédibles », indiquant que le convoi de vingt véhicules avait été coordonné avec l’armée israélienne.
  • Union européenne : La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a appelé à une enquête et à la responsabilité des auteurs.
  • Égypte et Jordanie : Ont exprimé leur « rejet catégorique » de l’attaque, qualifiant l’incident de « violation des conventions diplomatiques ».
  • Turquie, Portugal, Pays-Bas, Irlande : Ont toutes dénoncé une « attaque grave » contre des diplomates, appelant à des enquêtes immédiates.

Version israélienne : un «écart de trajectoire»

Face au tollé, l’armée israélienne a reconnu avoir tiré des « coups de semonce » en direction du convoi, tout en précisant que celui-ci aurait dévié de l’itinéraire initialement validé par les autorités militaires. Le porte-parole a assuré qu’aucun blessé n’avait été recensé et qu’une enquête interne serait lancée par le général Yaaki Dolf, commandant de la division Cisjordanie.

Un message de regret a été publié par l’armée, sans pour autant présenter d’excuses formelles.

«Les forces de Tsahal n’ont pas ordonné au convoi diplomatique de s’arrêter et ont tiré au moins dix balles en l’air » rapporte Kann News, le service d’information officiel de la radiodiffusion publique israélienne.

Un contexte diplomatique déjà sous tension

Cet incident intervient dans un climat diplomatique extrêmement tendu pour le gouvernement de Benyamin Netanyahou, de plus en plus isolé sur la scène internationale en raison de sa conduite de la guerre à Gaza. Il ravive également les inquiétudes quant au respect du droit international et des conventions protégeant les missions diplomatiques.

Derrière cet acte, plusieurs observateurs perçoivent un basculement : pour la première fois depuis le début du conflit en octobre 2023, un large front diplomatique semble se dessiner pour exiger des comptes à Israël, au-delà des seules condamnations rhétoriques.

Les plus lus

Paris : un couple d’octogénaires dépouillé et laissé quasiment nu place de la République

Un couple de plus de 80 ans aurait été dépouillé et laissé quasiment nu place de la République, à Paris, le 17 octobre. Le récit rapporté sur BFMTV attend une confirmation officielle.

Maroc : le fisc et l’Office des Changes traquent des milliards de dirhams dissimulés dans 84 pays

Selon Al Arabiya, l’Office des Changes et la Direction générale des impôts examinent des comptes et avoirs détenus par des Marocains dans 84 pays. Dix-sept entreprises et des influenceurs figureraient parmi les dossiers examinés.

Fatima Ezzahra El Mansouri dévoile sa majorité gouvernementale autour de quatre partis

Le PAM, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS forment la nouvelle majorité gouvernementale, forte de 207 sièges à la Chambre des représentants.

La Mauritanie veut s’emparer de la ville marocaine de Lagouira

Selon Jeune Afrique, Nouakchott souhaite faire reconnaître sa souveraineté sur Lagouira. Une ambition qui ravive le précédent du retrait mauritanien du Sahara en 1979 et les enjeux de développement de la façade atlantique.

Violences du 17 octobre : Macron refuse la démission du ministre de l’intérieur

Au lendemain d’une allocution télévisée consacrée aux violences du 17 octobre, Emmanuel Macron refuse la démission de Laurent Nuñez. Le ministre reconnaît des défaillances et une perte de contrôle dans plusieurs villes.

Après la rupture avec Abou Dhabi, Alger déroule le tapis rouge à Riyad au Salon du livre

Un mois après sa rupture avec les Émirats, Alger désigne l’Arabie saoudite invitée d’honneur du Salon du livre. Entre attaques houthies, crise du diesel et Sahara marocain, le signal est diplomatique.

Sous pression en France, Macron annonce 200 000 tonnes de diesel supplémentaires par mois venues du Golfe

Les Émirats et Bahreïn doivent fournir 200 000 tonnes supplémentaires de gazole par mois à la France. Avec l’Arabie saoudite, ces engagements couvrent environ 10 % de sa consommation de diesel.

France : le 17 octobre, la colère lycéenne change d’échelle

Avec 550 000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur et près de 800 000 selon la CGT et les organisations de jeunesse, la mobilisation du 17 octobre a réuni plusieurs générations autour des conditions d’études et du pouvoir d’achat. Les violences et les blessures graves ont marqué la fin de journée.

Bassem Youssef devant Al-Sissi : que prépare le pouvoir égyptien ?

Douze ans après l’arrêt de son émission sous la pression, le satiriste égyptien réapparaît par vidéo dans un événement auquel assiste Abdel Fattah Al-Sissi. Ce retour intervient alors que le président envisage un soutien militaire à l’Arabie saoudite, annonce son départ en 2030 et confie à l’armée la préparation de futurs dirigeants. Une ouverture qui pose la question des épreuves auxquelles le pouvoir cherche à préparer le pays.

Netanyahu : « Macron a-t-il retenu la leçon des émeutes ? Les Français, eux, voient ce qui se passe dans leurs rues »

Sur C14, Benjamin Netanyahu relie les violences du 17 octobre en France à son avertissement de 2023 à Emmanuel Macron et voit dans une alternance à droite un rapprochement possible avec Israël.

Après l’échec de la mobilisation des avocats, Abdelkebir Tabih, figure du barreau de Casablanca, démissionne des instances de la profession

Douze jours après la suspension du mouvement de protestation des avocats, Abdelkebir Tabih démissionne du Conseil de l’Ordre de Casablanca et du bureau de l’Association des barreaux du Maroc.

Moyen-Orient sous tension : Abou Dhabi consulte Nasser Bourita dans une vaste mobilisation diplomatique

Deux jours après sa reconduction, Nasser Bourita s’est entretenu avec Abdallah ben Zayed sur la sécurité au Moyen-Orient et le renforcement du partenariat Maroc–Émirats arabes unis.

Sebta et Melilla : 51 personnalités et une vingtaine d’organisations marocaines dénoncent la visite de Felipe VI

Dans un communiqué publié le 19 octobre 2026, des organisations de défense des droits humains et 51 personnalités marocaines dénoncent la visite de Felipe VI à Sebta et Melilla et réclament une stratégie nationale.

Related Articles

Focus Thématiques