Tom Barrack : « Pour Israël les frontières Sykes-Picot n’ont plus de sens .. Ils iront où ils veulent, quand ils veulent » 

Dégradation des relations entre Israël et l’Égypte. Les deux pays « ne se parlent plus et ne coopèrent plus »

L’envoyé spécial des États-Unis pour la Méditerranée orientale et le Caucase, Tom Barrack, a tenu des propos particulièrement directs sur la vision israélienne des frontières au Moyen-Orient. Dans un entretien diffusé jeudi soir avec l’animateur en ligne Mario Nawfal, le diplomate – également ambassadeur américain en Turquie – a affirmé qu’Israël ne reconnaissait pas la légitimité des frontières héritées de l’accord Sykes-Picot de 1916.

« Aller où ils veulent, quand ils veulent »

Selon le diplomate américain, Israël estime que les lignes tracées après la Première Guerre mondiale pour diviser les territoires de l’Empire ottoman sont « sans signification ». « Ils iront où ils veulent, quand ils veulent, et feront ce qu’ils veulent pour protéger leurs frontières », a-t-il déclaré, en référence à l’État hébreu. Interrogé sur la possibilité d’une conquête du Liban ou de la Syrie, il a nuancé ses propos, reconnaissant la capacité militaire d’Israël tout en rejetant l’idée d’une volonté réelle d’occupation.

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Tom Barrack a récemment effectué une visite à Beyrouth pour promouvoir un accord visant au désarmement du Hezbollah, en faveur de l’armée libanaise. Israël maintient une présence sur plusieurs positions au sud du Liban et conditionne un retrait complet à la fin de l’arsenal lourd du mouvement chiite. Barrack, d’origine libanaise, a exhorté le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à faire preuve de davantage de « tolérance », jugeant que « la brutalité apparente finira par se retourner contre Israël ».

L’envoyé spécial a également relevé la dégradation des relations entre Israël et l’Égypte, affirmant que les deux pays « ne se parlent plus et ne coopèrent plus ». Il a par ailleurs estimé que le président syrien Ahmed al-Charaa ne signerait pas les accords d’Abraham, malgré la tenue de pourparlers directs entre Damas et Tel-Aviv.

Selon Barrack, l’Arabie saoudite et le Qatar seraient disposés à investir dans la reconstruction du Liban, notamment au sud du pays, à condition que des avancées soient enregistrées sur le désarmement du Hezbollah. Toutefois, il a écarté l’idée d’une action militaire de l’armée libanaise contre le mouvement chiite, qualifiant une telle option « d’irréaliste » dans le contexte actuel.

Connu pour son franc-parler et sa proximité avec Donald Trump, Barrack s’est décrit comme un « mercenaire guidé par les événements ». Ses déclarations interviennent dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, marqué par les suites de la guerre de Gaza, les frappes israéliennes en Syrie et les fragiles équilibres au Liban.

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