Donald Trump a déclaré que les États-Unis pourraient rejoindre les frappes saoudiennes contre les Houthis au Yémen, après la nouvelle attaque contre l’aéroport international du Roi Khaled à Riyad. Washington participe déjà au soutien opérationnel de la coalition menée par l’Arabie saoudite.
La nouvelle attaque contre l’aéroport international du Roi Khaled à Riyad pourrait marquer une nouvelle étape dans l’implication américaine au Yémen.
Interrogé samedi sur une éventuelle participation directe des États-Unis aux opérations militaires saoudiennes contre les Houthis, le président Donald Trump a déclaré que cette option était à l’étude.
« Nous pourrions. Nous allons examiner cela », a-t-il déclaré, ajoutant que Washington venait d’être informé de la nouvelle attaque et qu’une décision serait prise rapidement.
L’attaque de samedi a visé le complexe abritant les terminaux 3 et 4 de l’aéroport de Riyad. Un missile a frappé la zone, faisant de nombreux blessés, selon un responsable régional cité par l’Associated Press.
Les autorités saoudiennes de l’aviation civile ont suspendu les opérations de l’aéroport afin d’évaluer les dégâts et le bilan humain. Les accès au complexe ont été bloqués et plusieurs vols ont été déroutés.
Washington déjà engagé dans le soutien à Riyad
Une intervention américaine directe constituerait un changement d’échelle, mais les États-Unis participent déjà au soutien de l’offensive saoudienne contre les Houthis.
Selon l’Associated Press, l’assistance américaine comprend notamment le partage de renseignements, l’identification de cibles et la planification opérationnelle de la campagne lancée par la coalition menée par Riyad.
Cette offensive vise à soutenir les forces du gouvernement yéménite face aux avancées des Houthis, notamment le long de la mer Rouge.
Le regain des combats intervient alors que le mouvement houthi multiplie les attaques contre des aéroports, des installations militaires et des infrastructures pétrolières saoudiennes.
La défense aérienne saoudienne sous pression
Cette intensification intervient également dans un contexte de tension sur les capacités de défense aérienne du Royaume.
Des responsables régionaux cités par l’AP indiquent que l’Arabie saoudite fait face à une diminution de ses stocks d’intercepteurs antimissiles et a sollicité le soutien de plusieurs pays, dont la France, le Royaume-Uni, le Pakistan et l’Égypte, pour renforcer ses capacités de défense aérienne.
Les États-Unis font eux-mêmes face à une pression accrue sur leurs stocks de munitions et d’intercepteurs dans le contexte du conflit régional avec l’Iran.
Les perturbations aériennes s’étendent
Les attaques contre les infrastructures aériennes saoudiennes ont déjà provoqué d’importantes perturbations.
Au moins 291 vols ont été annulés à l’aéroport de Riyad en vingt-quatre heures, selon FlightAware. Plusieurs compagnies, dont Air India, Flydubai, Lufthansa Group et Pakistan International Airlines, ont suspendu temporairement certaines liaisons avec le Royaume.
L’Agence européenne de la sécurité aérienne a également renforcé ses recommandations concernant l’espace aérien saoudien, estimant que les attaques de missiles et de drones, ainsi que les opérations d’interception, augmentaient le risque pour l’aviation civile.
Les Houthis ont de leur côté averti les compagnies aériennes internationales des risques liés aux opérations dans l’espace aérien saoudien, qu’ils présentent désormais comme une zone d’opérations militaires.
La perspective d’une implication militaire américaine directe ajoute désormais une nouvelle dimension au conflit entre Riyad et les Houthis, alors que les affrontements au Yémen et les attaques contre le territoire saoudien connaissent une nette intensification.


