Avec 66,17 % des suffrages dès le premier tour, Raphaël Glucksmann a remporté la primaire sociale-démocrate et obtenu l’investiture de son camp pour la présidentielle française de 2027. Sa désignation intervient dans un paysage politique marqué par la multiplication des candidatures, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, en passant par Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau. Un nouveau sondage publié ce lundi 12 octobre mesure les rapports de force à six mois du scrutin.
Glucksmann s’impose dès le premier tour avec 66,17 %
L’eurodéputé et coprésident de Place publique, Raphaël Glucksmann, a remporté dimanche 11 octobre la primaire de la gauche sociale-démocrate avec 79 613 voix, soit 66,17 % des suffrages exprimés, selon les résultats rapportés par l’AFP.
Il devance largement le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, qui recueille 14,46 %, et Ségolène Royal, ancienne candidate à la présidentielle de 2007, créditée de 7,62 %. Emmanuel Maurel arrive quatrième avec 5,92 %, devant Jérôme Guedj, qui obtient 5,83 %.
Le scrutin a mobilisé 120 787 votants, soit une participation proche de 86 % des inscrits. Une cyberattaque ayant perturbé la plateforme de vote, les organisateurs avaient prolongé les opérations jusqu’à dimanche soir.
Cette victoire fait de Raphaël Glucksmann le candidat désigné de l’espace social-démocrate rassemblant notamment Place publique, le Parti socialiste et la Gauche républicaine et socialiste.
Olivier Faure s’est engagé à respecter le résultat de la primaire, tandis que François Hollande a félicité le vainqueur, estimant que cette désignation clarifiait la ligne politique de cette famille de gauche.
Glucksmann défend une orientation pro-européenne, sociale-démocrate et écologiste. Il revendique une rupture avec le macronisme et refuse une alliance électorale avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
À gauche, plusieurs candidatures déjà déclarées
La désignation de Raphaël Glucksmann clarifie la représentation de la social-démocratie, sans réunir l’ensemble des formations de gauche derrière une candidature unique.
Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise (LFI), a officialisé en mai sa quatrième candidature à une élection présidentielle, après celles de 2012, 2017 et 2022. Il poursuit une campagne autonome, sur une ligne de gauche de rupture avec les politiques économiques et institutionnelles actuelles.
Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, demeure candidate de son mouvement. Son parti organisera toutefois une consultation interne du 10 au 13 décembre pour décider du maintien d’une candidature autonome ou d’un éventuel ralliement.
Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a également annoncé sa candidature. Le député François Ruffin, à la tête du mouvement Debout !, maintient pour sa part une démarche indépendante après son exclusion du périmètre de la primaire sociale-démocrate.
D’autres personnalités ont annoncé leur intention de participer à la présidentielle, notamment l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, qui a refusé de prendre part à la primaire, ainsi que Karim Bouamrane, maire socialiste de Saint-Ouen.
Ces candidatures restent distinctes de l’investiture remportée par Glucksmann.
Le Rassemblement national représenté par Marine Le Pen
Marine Le Pen a confirmé sa candidature à la présidentielle de 2027. Condamnée en appel le 7 juillet dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, elle a vu sa peine d’inéligibilité effective fixée à quinze mois, considérés comme déjà exécutés. La décision judiciaire lui permet donc de se présenter à l’élection.
Jordan Bardella conserve la présidence du Rassemblement national, tandis que Marine Le Pen conduit la candidature présidentielle du parti.
Le courant nationaliste et souverainiste compte également d’autres prétendants, dont Éric Zemmour, président de Reconquête, qui a confirmé en septembre son intention de se présenter, et Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France.
Le centre : Édouard Philippe et Gabriel Attal en concurrence
Le camp issu de la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron aborde l’élection avec plusieurs prétendants. Le président sortant ne peut briguer un troisième mandat consécutif.
Édouard Philippe, maire du Havre et président d’Horizons, a officialisé ses ambitions dès septembre 2024. Il rassemble des soutiens issus du centre droit, de l’ancienne majorité présidentielle et de la droite républicaine.
Gabriel Attal, président de Renaissance, a confirmé sa propre candidature en mai 2026. Il a néanmoins évoqué la possibilité d’un processus de désignation commun ou d’un retrait au profit d’un autre candidat du camp central, en fonction de l’évolution de la situation électorale.
À ce stade, aucune candidature unique ne rassemble officiellement ces deux formations.
La droite républicaine présente plusieurs prétendants
Chez Les Républicains, Bruno Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur et président du parti, a obtenu l’investiture de ses militants en avril 2026. Sa candidature s’inscrit dans une ligne conservatrice, particulièrement axée sur la sécurité, l’immigration et l’autorité de l’État.
La droite compte également David Lisnard, maire de Cannes, qui a quitté LR et défend l’organisation d’une primaire élargie à la droite et au centre.
Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, poursuit lui aussi ses ambitions présidentielles en dehors du processus d’investiture qui a désigné Bruno Retailleau.
La question d’une candidature commune entre une partie de la droite républicaine et le centre demeure discutée, sans accord sur ses modalités.
Ce que disent les derniers sondages pour 2027
Le baromètre Toluna–Harris Interactive pour M6 et RTL, publié lundi 12 octobre et réalisé du 5 au 8 octobre auprès de 2 004 électeurs inscrits sur les listes électorales, fournit une photographie des intentions de vote. L’enquête, menée avant la primaire remportée par Raphaël Glucksmann, teste cinq configurations de candidatures au premier tour et deux duels de second tour.
ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE
Ce que disent les derniers sondages pour 2027
Intentions de vote au premier tour, configurations de candidatures et duels testés au second tour.
01 / Intentions de vote au premier tour
Le scénario avec Philippe, Attal et Glucksmann
Hypothèse où Édouard Philippe et Gabriel Attal se présentent tous les deux, face notamment à Raphaël Glucksmann.
02 / Les variantes de candidature
Si le centre ne présente qu’un seul candidat
Deux autres configurations testées, chacune avec Raphaël Glucksmann comme candidat social-démocrate.
Édouard Philippe, sans Gabriel Attal
Gabriel Attal, sans Édouard Philippe
Dans les cinq configurations étudiées, Bruno Retailleau est mesuré entre 7 et 10 %. Le sondage teste également François Hollande à la place de Glucksmann, avec 7 %.
03 / Simulations du second tour
Les deux duels testés par l’institut
Résultats calculés sur les seuls suffrages exprimés, dans des hypothèses de confrontation à deux candidats.
Selon les configurations de second tour, 27 à 32 % des personnes interrogées envisagent l’abstention, le vote blanc ou le vote nul.
Dans les cinq hypothèses de premier tour, Marine Le Pen se situe entre 35 et 37 % des intentions de vote, Jean-Luc Mélenchon entre 18 et 19 %, et Raphaël Glucksmann entre 10 et 11 % dans les configurations où il est testé. Les chiffres varient selon les candidatures retenues au centre et à droite.
Les simulations de second tour sont établies sur les seuls suffrages exprimés ; selon les scénarios, de 27 à 32 % des personnes interrogées envisagent l’abstention ou un vote blanc ou nul. L’institut rappelle que les intentions de vote ne sont pas des prévisions électorales et que les marges d’erreur de l’enquête varient selon les mesures entre 1,4 et 3,1 points.
La liste définitive des candidats à l’élection présidentielle française de 2027 sera établie après la procédure de présentation au Conseil constitutionnel, qui impose à chaque prétendant de réunir au moins 500 parrainages d’élus.



