Inédit : Tout le gotha sécuritaire marocain autour de la même table pour la régularisation des sans-papiers

LE MAROC RÉGULARISE LES SANS-PAPIERS : UN CHOIX SOUVERAIN

Le lancement au Maroc de la deuxième phase d’intégration des migrants en situation irrégulière, a connu la tenue, au Ministère de l’Intérieur, d’une importante réunion de travail pour encadrer cette opération tant en amont qu’en aval. Outre les aspects techniques et logistiques dans l’ordre du jour de cette réunion, il était également question d’aborder les tenants sécuritaires et de renseignement de ce dossier, surtout que l’opération coïncide avec la réelle crise migratoire et la tragédie humanitaire que vivent des dizaines de migrants d’Afrique subsaharienne en territoire algérien. Alger a tout simplement décidé de les abandonner en plein désert ou de les pourchasser ! Ce qui a poussé le Maroc à accélérer le processus d’intégration et de régularisation des ressortissants étrangers vivant sur son sol pour éviter, à l’avenir, de devoir gérer une crise humanitaire pouvant constituer une vraie bombe à retardement. Rabat a donc décidé d’anticiper ces problématiques et d’en absorber les aboutissants.


L’Etat s’est ainsi mobilisé avec toutes ses institutions souveraines pour gérer au mieux et sans faille ce dossier épineux et l’entourer de tout l’intérêt qu’il mérite. Et rares les fois où tout le gotha sécuritaire se réunit autour de la même table : c’est que le sujet était très sensible et prioritaire pour la sécurité nationale du pays. Rien qu’en énumérant le nom des participants à cette réunion, on en comprend les fondements stratégiques : autour du ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad et de son numéro 2 Charki Draiss, se joignirent le ministre de l’Emploi et des Affaires sociales, Abdeslam Seddiki, le ministre de la migration, Anis Birou, le président du Conseil national des droits de l’homme, Driss Yazami et du Délégué interministériel pour les droits de l’homme, Mahboub El Hiba.

Mais là où les choses deviennent intéressantes c’est lorsque l’on voit également la présence de Nasser Bourita, ministre délégué aux Affaires étrangères et de la Coopération, du général Hosni Benslimane, Commandant de la gendarmerie royale, du directeur général de la DGED (espionnage marocain) Mohamed Yassine Mansouri, du directeur général de la DGSN (police) et DGST (contre-espionnage), Abdellatif Hammouchi, le Wali-directeur général des Affaires intérieures, Moulay Driss Jaouhari et le Wali-directeur des frontières et de la migration, Khalid Zerouali.

Tout ce beau monde, qui rarement se réunit ensemble ou, au moins, rarement sont vus ensemble en public, prouve bien que les sujets traités sont d’une envergure telle qu’il prennent une dimension plus que locale mais davantage régionale, continentale et mondiale, notamment au vu et su des événements dramatiques au Proche-Orient, au Yémen, en Libye, en Irak et dans notre voisinage proche, en Mauritanie et Algérie, ainsi que des menaces terroristes qui pèsent sur toute la région subsaharienne et du bassin méditerranéen.

Note cablée par Abdellah El Hattach

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