Abou Dhabi dément toute attaque contre une installation de dessalement en Iran et critique des « fuites » israéliennes

Les Émirats arabes unis ont fermement démenti dimanche toute implication dans une attaque contre une installation iranienne de dessalement d’eau, alors que des informations diffusées par plusieurs médias israéliens affirmaient qu’Abou Dhabi avait mené une première frappe contre des infrastructures iraniennes depuis le début de l’escalade militaire régionale.

Le 8 mars 2026, des sources anonymes citées par des médias israéliens, comme Ynet, Jerusalem Post, i24NEWS, ou Channel 15, ont affirmé que les Émirats auraient frappé une usine de dessalement en Iran,

Une opération présentée comme une riposte aux attaques de drones et de missiles lancées par Téhéran contre le pays depuis le déclenchement, le 28 février, de la guerre opposant Israël et les États-Unis à la République islamique.

Ces affirmations ont toutefois été immédiatement rejetées par les autorités émiraties.

Abou Dhabi parle de « fausses informations »

Ali Rashid Al Nuaimi, président de la commission de la défense, de l’intérieur et des affaires étrangères du Conseil national fédéral, a qualifié ces informations de « fake news » dans une déclaration publiée sur la plateforme X.

« Lorsque nous faisons quelque chose, nous avons le courage de l’annoncer », a-t-il affirmé.

Un responsable émirati cité par le Jerusalem Post a également critiqué la diffusion de ces informations attribuées à des sources israéliennes anonymes, estimant qu’il était inapproprié qu’un responsable israélien parle au nom d’un autre État souverain.

« Il n’est pas approprié qu’une source israélienne parle en notre nom ou répande des rumeurs sur les actions d’un autre État souverain », a indiqué cette source proche des autorités d’Abou Dhabi.

Selon plusieurs responsables, les Émirats n’attaqueraient pas une infrastructure civile s’ils décidaient d’entrer militairement dans le conflit, privilégiant dans ce cas des cibles militaires.

L’armée israélienne a par ailleurs également démenti toute implication dans la frappe évoquée.

Dans un communiqué, le ministère émirati des Affaires étrangères a rappelé que le pays agit « en légitime défense face à l’agression brutale et injustifiée de l’Iran », tout en soulignant qu’il ne souhaite pas être entraîné dans une escalade régionale.

« Les Émirats arabes unis ne cherchent pas à être entraînés dans un conflit ou une escalade, mais affirment leur droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger leur souveraineté, leur sécurité nationale et leur intégrité territoriale », précise le communiqué.

Ali Al Nuaimi a également insisté sur la distinction faite par Abou Dhabi entre le régime iranien et la population iranienne.

« Les Émirats ne placeront jamais le peuple iranien dans le même panier que le régime iranien. Les Iraniens sont les premières victimes de ce régime et de ses politiques », a-t-il déclaré.

Les États du Golfe sous pression après les frappes iraniennes

La polémique survient dans un contexte d’attaques iraniennes contre plusieurs pays du Golfe, accusés par Téhéran d’abriter des bases militaires américaines.

Les autorités émiraties ont annoncé que le bilan des frappes iraniennes sur leur territoire est désormais de quatre morts.

Dans la zone pétrolière de Fujairah, les défenses aériennes ont récemment intercepté un drone, dont les débris ont provoqué un incendie rapidement maîtrisé par les services de secours.

Parallèlement, l’Arabie saoudite, le Koweït et Bahreïn ont également signalé des attaques de drones iraniens. Au Koweït, un incendie majeur a ravagé un bâtiment administratif et deux pompiers ont été tués en intervention, selon le ministère de l’Intérieur.

Pressions économiques contre Téhéran

En parallèle du volet militaire, les Émirats envisageraient également des mesures économiques contre l’Iran. Selon le Wall Street Journal, Abou Dhabi étudierait la possibilité de geler plusieurs milliards de dollars d’avoirs iraniens, une décision qui pourrait affaiblir les liens financiers de Téhéran avec l’économie mondiale.

Dans un apparent geste d’apaisement, le président iranien Masoud Pezeshkian a présenté des excuses aux pays voisins pour les frappes menées contre des bases américaines situées sur leur territoire.

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