Une accolade devenue virale à Athènes, une facture American Express de 100 000 dollars et une démission exigée par la Maison-Blanche. Kimberly Guilfoyle, ancienne fiancée de Donald Trump Jr., a découvert les limites de la solidarité MAGA.
Le 6 octobre, sur le tarmac de l’aéroport d’Athènes, Kimberly Guilfoyle réserve à Marco Rubio un accueil particulièrement chaleureux. Les bras autour du cou du secrétaire d’État américain, l’ambassadrice des États-Unis en Grèce lui offre une accolade appuyée, sous l’œil des caméras et du ministre grec des Affaires étrangères. La séquence filmée circule sur les réseaux sociaux.
Sept jours plus tard, l’étreinte a perdu toute sa chaleur politique : Rubio souhaite son départ et Donald Trump vient de pousser Guilfoyle à la démission. La Maison-Blanche l’a officiellement annoncée mardi 13 octobre.
Rubio : de l’accolade à l’exaspération
Selon l’Associated Press, citant un haut responsable américain sous couvert d’anonymat, Rubio aurait été particulièrement irrité de voir Guilfoyle l’accompagner à presque toutes ses apparitions officielles à Athènes, alors que les accusations contre elle s’accumulaient. Son accueil sous la forme d’une longue accolade aurait ajouté au malaise.
L’accolade n’est toutefois pas présentée comme la cause de son éviction : elle cristallise plutôt le contraste entre la cordialité affichée et l’exaspération rapportée en coulisses.
Le 7 octobre, Rubio défend encore publiquement Guilfoyle, la présentant comme une ambassadrice efficace. Le lendemain, interrogé sur les révélations du Wall Street Journal, il rabroue les journalistes, refusant de considérer leurs informations comme parole d’Évangile. Selon CNN, il souhaite pourtant ensuite qu’elle quitte son poste.

American Express : une addition de 100 000 dollars
Au centre de l’affaire, une facture de carte bancaire American Express de 100 000 dollars. Selon le Wall Street Journal, Guilfoyle aurait sollicité Eric Deters, un donateur de Trump, pour régler cette somme avant sa confirmation au poste d’ambassadrice, en lui proposant en échange un accès privilégié à des responsables de l’administration.
Deters affirme avoir refusé. Les avocats de Guilfoyle contestent cette version et assurent qu’elle cherchait simplement à récupérer des honoraires impayés pour des conférences et prestations antérieures à sa nomination.
S’ajoutent à ce dossier des accusations concernant des cadeaux, des voyages privés et les relations de l’ambassadrice avec des intérêts économiques grecs, notamment dans l’énergie et la construction. Guilfoyle nie tout comportement répréhensible.
Même le clan Trump prend ses distances
Ancienne présentatrice de Fox News, militante MAGA et ex-fiancée de Donald Trump Jr., Kimberly Guilfoyle avait fait de sa proximité avec le président un véritable capital politique.
Mardi, Donald Trump a pourtant relativisé cette proximité, rappelant qu’elle n’était pas membre de sa famille et qu’elle avait fréquenté son fils autrefois. Sa porte-parole, Katie Zacharia, a confirmé que la Maison-Blanche lui avait demandé de démissionner. Guilfoyle a annoncé son départ tout en promettant de défendre sa réputation.
Les accusations font l’objet d’un examen signalé au sein de l’inspection générale du département d’État, tandis que des élus démocrates réclament des investigations. Aucun manquement n’a été établi à ce stade.
Dernière ironie : dans son message publié sur X, Guilfoyle remercie chaleureusement Donald Trump et Marco Rubio, affirmant que son respect pour les deux hommes demeure inébranlable.
À Athènes, l’accolade avait tout d’un adoubement. À Washington, elle n’aura même pas valu une semaine de sursis.


