Le Raja Casablanca se transforme en société sportive et élit Jawad Ziyat comme nouveau président

Le Raja de Casablanca a tenu, lundi 7 juillet 2025, une assemblée générale ordinaire et extraordinaire marquée par deux décisions majeures : l’approbation de la transformation du club en société sportive sous le nom de « RAJA SA » et l’élection d’un nouveau président. À l’issue d’un scrutin en deux tours, Jawad Ziyat a été élu à la tête du club pour un mandat de quatre ans.

La création de la société sportive RAJA SA a été approuvée à l’unanimité par les adhérents, en application des dispositions de la loi 30-09. Cette évolution juridique met fin au statut associatif historique du club et introduit un nouveau modèle de gouvernance basé sur une gestion professionnelle. Le projet est mené en partenariat avec l’investisseur public Marsa Maroc.


Résultats du vote

Trois anciens dirigeants étaient candidats à la présidence : Jawad Ziyat (ancien président de 2018 à 2020), Abdellah Birouaine (président par intérim) et Saïd Hasbane. Au premier tour, Ziyat a recueilli 67 voix, devant Birouaine (40) et Hasbane (34). Un second tour a opposé les deux premiers candidats, au terme duquel Jawad Ziyat a été élu avec 91 voix contre 43 pour Birouaine.

« Une nouvelle ère… et une responsabilité historique qui commence aujourd’hui!
J’adresse mes sincères remerciements et ma profonde gratitude aux membres adhérents ainsi qu’aux fidèles supporters du Raja pour la précieuse confiance qu’ils m’ont accordée en me confiant la présidence de ce club emblématique.
» a écrit Ziyat sur X.

Situation financière du club

Le bilan financier présenté lors de l’assemblée fait état d’un excédent net de 46 millions de dirhams pour la saison 2024–2025. Les revenus ont atteint 125 millions de dirhams, pour 80 millions de dépenses. La masse salariale a été réduite à 42 millions de dirhams, contre 90 millions lors de la saison 2020–2021. Cette performance est présentée comme le résultat d’un effort d’assainissement financier entamé sous le précédent mandat de Ziyat.

Bio de Jawad Ziyat

Âge : 58 ans, né en 1967, à Rabat
Formation : Ingénieur diplômé de l’Université Joseph‑Fourier et de Supélec
Carrière professionnelle :
– Débuts dès 1991 chez Procter & Gamble
– Directeur des aménagements et investissements au ministère du Tourisme à partir de 1997
– À la tête de Jet4you (2005), puis intégré au Groupe Addoha (2008)
– Fondateur et PDG d’Injaz Holding depuis 2016
Engagement sportif :
– Président du Raja CA : 13 septembre 2018 – décembre 2020
– Retour à la présidence le 7 juillet 2025, élu pour un mandat de 4 ans
Faits marquants (premier mandat 2018‑2020) :
– Triple sacre : Botola Pro, Coupe de la CAF, Supercoupe d’Afrique
– Lancement du passage du Raja au statut de société anonyme
– Redressement économique : réduction de la dette, boost des revenus de sponsoring
Premier mandat terminé en décembre 2020, lié à un contexte de crise sanitaire (Covid‑19)
Rôle dans la transition 2025 :
– Membre du Conseil consultatif ayant préparé la mutation juridique vers RAJA SA et le partenariat avec Marsa Maroc.

Dossiers en cours

Un litige opposant le Raja au club émirati Al Ain et à l’international marocain Soufiane Rahimi a également été évoqué. Le club affirme que le transfert du joueur a eu lieu en violation des clauses contractuelles et réclame environ 2 millions d’euros devant la commission des litiges de la FIFA.

Un retour dans un contexte judiciaire marqué

L’élection de Jawad Ziyat intervient dans un contexte particulier, marqué par l’actualité judiciaire d’anciens dirigeants du club. Le 1er juillet 2025, soit moins d’une semaine avant l’assemblée générale, Mohamed Boudrika, président du Raja entre 2012 et 2016 et ancien député RNI, a été condamné à cinq ans de prison et 500 000 dirhams d’amende par le tribunal de première instance de Casablanca. Il était poursuivi pour « faux et usage de faux », « escroquerie » et « émission de chèques sans provision », après son extradition depuis l’Allemagne en avril dernier.

Par ailleurs, un autre ancien président, Aziz El Badraoui, est en détention préventive depuis février 2024 pour des faits présumés de complicité d’abus de pouvoir et de trafic d’influence.

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