If < Lekjaa ChefGov> Then < Ziyat Président de Fédé >

L’hypothèse d’un Fouzi Lekjaa chef du gouvernement ouvre un second scénario : celui de sa succession à la tête du football marocain. Jawad Ziyat présente un profil qui mérite d’être regardé de près, à l’heure où le Mondial 2030 rapproche comme jamais le sport, l’investissement et la transformation du territoire.

Le PAM a changé de statut dans cette campagne. Longtemps sommé de s’expliquer, il se projette désormais à la tête du gouvernement. « Parti pour gouverner », titre Maroc Hebdo en couverture de son numéro du 18 au 24 septembre. La formule résume bien l’assurance retrouvée du parti du tracteur dans la dernière ligne droite avant le scrutin.

L’Observateur du Maroc va plus loin. Dans un éditorial intitulé « Le choix de la modernité », Ahmed Charaï exprime ouvertement la préférence de son groupe pour le PAM, jugé le mieux placé pour porter un projet moderniste et progressiste. Cette prise de position mérite qu’on s’y arrête. Les affinités entre médias et partis politiques sont anciennes, nourries notamment par le militantisme. Mais, en dehors de la presse partisane, les préférences se lisaient souvent entre les lignes. Elles s’affichent désormais au grand jour.

Le soutien de Mohamed Tijjini est, à cet égard, particulièrement révélateur. Natif de Berkane, fief de Lekjaa, le journaliste s’est longtemps distingué par sa défense appuyée d’Aziz Akhannouch et ses critiques acerbes d’Abdellatif Ouahbi, dont il scrutait le moindre fait et geste. Le voilà qui annonce publiquement son soutien à Lekjaa et son intention de voter pour le PAM. L’effet Lekjaa se mesure aussi à ces déplacements de fidélité.

Les rebondissements de l’affaire Rachid El Faik accentuent cette impression de bascule. Les accusations de chantage portées par l’ancien député et relayées par son avocat visent des responsables du RNI, le parquet de Fès s’est publiquement exprimé sur le traitement de sa plainte. Leur retentissement politique fragilise le parti de la colombe, indépendamment de ce que la justice établira.

Dans le même temps, la place prise par Lekjaa dans le récit médiatique de la campagne donne au PAM une force d’attraction nouvelle. J’y vois un changement de centre de gravité : l’homme autour duquel on discutait football et finances publiques est devenu celui autour duquel on imagine le prochain gouvernement.

Le retournement est considérable pour un parti lesté par l’affaire dite « Escobar du Sahara », dans laquelle deux de ses anciennes figures, Saïd Naciri et Abdennabi Bioui, ont été condamnées en première instance. À Marrakech, la controverse autour des terrains familiaux de Fatima Ezzahra El Mansouri à Tassoultante a également nourri des accusations de conflits d’intérêts, contestées par la direction du PAM.

À ce passif s’ajoute l’usure d’Abdellatif Ouahbi. Le ministre de la Justice aura poussé loin l’exercice du « sacrifice » politique : porter des réformes contestées, absorber la colère qu’elles provoquent et engager son image personnelle jusqu’à l’épuisement. On pourra discuter son bilan, on retiendra cette manière de payer de sa popularité le prix des textes que son parti défend.

Lekjaa a déplacé la conversation. Le PAM peut désormais parler d’avenir avec un visage auquel une partie du pays associe la réussite, l’exécution et l’ambition. Dans le logiciel de cette campagne, il a changé la variable principale.

If <Lekjaa ChefGov> : la suite mérite donc d’être écrite.

On voit mal l’homme cumuler durablement la conduite du gouvernement et la présidence de la Fédération royale marocaine de football, à l’approche du Mondial 2030. La charge politique, les arbitrages budgétaires et les exigences de l’organisation rendent la question de sa succession difficile à éluder.

C’est ici qu’entre Jawad Ziyat. Son retour à la tête du Raja remonte au 7 juillet 2025, après un premier mandat entre 2018 et 2020. Dans le scénario que je défends, ce retour lui redonne une place depuis laquelle une candidature fédérale devient crédible. L’idée d’une succession préparée reste une hypothèse, la cohérence de son profil, elle, se lit dans son parcours.

Né à Rabat en 1967, formé en physique à Grenoble puis à Supélec, Ziyat commence sa carrière chez Procter & Gamble en 1991. Il rejoint en 1997 le ministère du Tourisme comme directeur des Aménagements et des Investissements, contribue à la Vision 2010 et au Plan Azur, puis prend la présidence du directoire de Jet4you. Il connaît donc aussi bien la fabrication d’une offre touristique que les conditions de son accès au marché.

Son passage à la direction de Prestigia, la branche immobilière haut de gamme du groupe Addoha, complète ce cracking record. Il la quitte en 2015, après sept années, pour développer ses propres affaires. Industrie, tourisme, transport aérien, immobilier : le parcours traverse précisément les secteurs que le rendez-vous de 2030 oblige à faire travailler ensemble.

Les départs de Hicham Aït Menna de la présidence du Wydad et de Mohamed Bouzoubaâ de celle du MAS resserrent encore le jeu. Jawad Ziyat apparaît désormais comme le seul profil réunissant les atouts nécessaires pour prendre la relève de Lekjaa : l’expérience du football, la connaissance des rouages de l’État et une solide pratique des affaires, du tourisme à l’immobilier.

Then <Ziyat Président de Fédé> prend ainsi une logique. Il resterait à convaincre le football marocain. Mais un président de fédération à l’heure du Mondial doit pouvoir dialoguer avec des clubs, des investisseurs, des administrations et des partenaires internationaux. Ziyat possède une expérience à l’intersection de ces univers.

Car la variable décisive s’appelle Mondial2030.

Le Maroc joue, à travers cette échéance, une partie qui dépasse largement les stades. Les infrastructures doivent rapprocher les villes, fluidifier les déplacements et ouvrir de nouvelles possibilités d’investissement. La valorisation du foncier longtemps resté dormant peut permettre de construire l’offre hôtelière, les équipements de loisirs et les destinations dont cette ambition a besoin. Encore faut-il savoir passer du terrain disponible au projet financé, puis du projet livré à une activité durable.

Le précédent barcelonais éclaire cette ambition. Les Jeux olympiques de 1992 ont accéléré la reconquête du front de mer, la transformation d’anciens espaces industriels, la création du village olympique et la modernisation des transports. La ville a changé son rapport à la Méditerranée et s’est donné une nouvelle dimension touristique. Cette métamorphose a offert à l’Espagne une vitrine urbaine de portée mondiale.

C’est cette capacité d’accélération que le Maroc doit saisir : profiter d’une échéance mondiale pour réaliser des transformations qui serviront pendant plusieurs décennies. Une compétition fournit une date limite. La réussite consiste à lui donner un lendemain.

Reste à revenir à la première ligne du programme.

Si le PAM arrive en tête, la logique de sa direction conduit naturellement à Fatima Ezzahra El Mansouri. Porter sa coordonnatrice nationale à la chefferie du gouvernement donnerait au mot « modernité » une traduction historique : la première femme à cette fonction au Maroc. La Constitution laisse cependant le choix de la personnalité au Roi, au sein du parti arrivé premier aux élections de la Chambre des représentants. La première place du parti ne désigne donc pas automatiquement sa dirigeante.

Le PAM pourrait ainsi gagner avec l’élan donné par Lekjaa et voir Mansouri conduire le gouvernement. C’est une branche parfaitement cohérente du scénario. Mais la campagne a donné à Lekjaa une stature qui rend désormais l’autre branche impossible à ignorer.

Else <Lekjaa ChefGov>.

Si ce choix s’impose, la star de la campagne 2026 laissera derrière elle une fédération engagée dans le rendez-vous le plus ambitieux de son histoire. Et le nom de Jawad Ziyat méritera alors de figurer tout en haut de la ligne suivante.

Nawfal Laarabi
Nawfal Laarabi
Intelligence analyst. Reputation and influence Strategist 20 années d’expérience professionnelle au Maroc / Spécialisé dans l’accompagnement des organisations dans la mise en place de stratégies de communication d’influence.

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