Des urnes du 23 septembre à l’accord politique du 12 octobre, le Maroc aura traversé trois semaines décisives pour la recomposition de son paysage gouvernemental. Arrivé en tête des législatives avec 97 sièges, le Parti authenticité et modernité (PAM) a vu sa victoire consacrée, le 29 septembre, par la nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement par SM le Roi Mohammed VI. Une première historique, suivie de deux rounds de consultations avec les formations représentées au Parlement, entre négociations d’alliances, arbitrages politiques et recherche d’une majorité capable de gouverner. Ce lundi 12 octobre, les tractations ont abouti : le PAM, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS formeront une coalition de 205 députés, soit une majorité absolue de justesse. Une nouvelle architecture du pouvoir exécutif se dessine désormais, avec une prochaine étape déterminante : la répartition des portefeuilles ministériels et la définition du programme gouvernemental.
La composition de la nouvelle majorité gouvernementale est désormais connue. Dans un communiqué daté du 12 octobre 2026, la Cheffe du gouvernement désignée annonce un accord politique réunissant quatre formations : le PAM, arrivé en tête des élections législatives du 23 septembre, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS.
Cette annonce intervient près de deux semaines après sa nomination, le 29 septembre, par SM le Roi Mohammed VI, conformément à l’article 47 de la Constitution.
Selon le communiqué, deux rounds de consultations ont permis d’aboutir à cette configuration, après des échanges consacrés aux défis économiques, sociaux et politiques auxquels le Royaume est confronté.
Une majorité de 205 sièges à la Chambre des représentants
51,9 % de la Chambre des représentants
Calculs Le1 sur la base des résultats électoraux communiqués. Les pourcentages par parti sont calculés sur les 205 sièges de la coalition.
Sur la base des résultats électoraux communiqués, la coalition disposerait de 205 sièges sur 395, soit 51,9 % de la Chambre des représentants, sept sièges au-dessus de la majorité absolue de 198 sièges.
Le choix d’une convergence politique
Le communiqué insiste sur la volonté de constituer une majorité « homogène », fondée sur la proximité intellectuelle et politique de ses composantes et sur une vision réformatrice commune.
La future coalition entend inscrire son action dans la consolidation démocratique, la bonne gouvernance, la justice sociale, l’équité territoriale et le renforcement des capacités productives de l’économie nationale.
La déclaration souligne également l’ambition de construire un « Maroc émergent avançant à une seule vitesse », plaçant la réduction des disparités territoriales parmi les engagements annoncés.
La présence de l’USFP et du PPS aux côtés du PAM et de l’Istiqlal dessine une alliance réunissant des formations aux histoires et aux traditions politiques distinctes, autour d’un programme gouvernemental qui reste à définir.
Prochaine étape : la désignation des ministres
Les quatre partis se sont engagés à proposer des personnalités appelées à intégrer le futur exécutif, sur la base de critères de compétence, de sens politique, d’intégrité et de probité.
La composition ministérielle n’est pas encore annoncée. Les discussions devront désormais porter sur la répartition des responsabilités gouvernementales et l’élaboration du programme commun, que les partenaires entendent finaliser dans les meilleurs délais.
Cette nouvelle majorité accompagnera l’entrée en fonction du premier gouvernement dirigé par une femme dans l’histoire du Maroc, à la suite de la victoire électorale du PAM.
Source : Communiqué relatif à la formation de la majorité gouvernementale, Rabat, 12 octobre 2026.
Immédiatement après que Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste et Le glorifie, a bien voulu nommer Mme Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice nationale de la direction collégiale du secrétariat général du Parti authenticité et modernité, arrivé en tête des élections, Cheffe du nouveau gouvernement et la charger de le former conformément aux dispositions de l’article 47 de la Constitution, celle-ci a entamé de larges consultations politiques avec plusieurs partis représentés au Parlement. Ces consultations ont porté aussi bien sur les différents défis et contraintes auxquels notre pays est confronté que sur la constitution d’une majorité politique forte et cohérente, consciente de l’ampleur des défis intérieurs multiples et des contraintes extérieures diverses, et capable de répondre efficacement aux attentes des citoyennes et des citoyens en matière de conditions de vie dignes, de renforcement des libertés et des droits, de réalisation de la justice sociale et de l’équité territoriale, ainsi que de promotion de la prospérité économique.
Ainsi, à l’issue de deux rounds de consultations politiques responsables conduits par Mme la Cheffe du gouvernement désignée, au cours desquels elle a pris en considération l’intérêt supérieur du pays, le contexte national et international, ainsi que la volonté populaire exprimée lors des élections législatives du 23 septembre dernier, qui ont débouché sur la nomination, pour la première fois, d’une femme à la tête du gouvernement, constituant un événement historique sans précédent dans notre parcours démocratique et porteur d’une forte symbolique.
Après avoir relevé le grand sens de la responsabilité nationale dont ont fait preuve les différents partis politiques ayant participé à ces consultations, ainsi que leur profonde conscience politique de l’ampleur des défis et des enjeux de ce moment décisif ; après avoir pris en considération la délicatesse et les exigences de l’étape politique et démocratique que traverse notre pays ; et après un examen attentif des expériences gouvernementales précédentes ;
Il a été décidé de constituer une majorité politique cohérente, donnant naissance à un gouvernement politique fort, composé de formations politiques caractérisées par une proximité intellectuelle et politique, unies autour d’une vision réformatrice commune et engagées à la mettre en œuvre. Une majorité gouvernementale à même d’accompagner l’ambition de Sa Majesté, que Dieu Le préserve, de bâtir un Maroc émergent avançant à une seule vitesse, sur la base de la consolidation des fondements de la construction démocratique, de la bonne gouvernance, de la justice sociale, de l’équité territoriale et du renforcement des capacités productives de notre économie nationale.
Dans ce cadre, un accord a été trouvé sur une majorité politique composée des partis suivants : le Parti authenticité et modernité ; le Parti de l’Istiqlal ; l’Union socialiste des forces populaires ; et le Parti du progrès et du socialisme.
Sur cette base, les quatre partis politiques composant la nouvelle majorité gouvernementale œuvreront à proposer les noms de femmes et d’hommes appelés à exercer des fonctions ministérielles, jouissant de la compétence, du sens politique, de l’intégrité et de la droiture, au sein d’un gouvernement cohérent et fort, capable de mettre en œuvre les dispositions du programme gouvernemental qui sera élaboré dans les plus brefs délais.


