La télévision d’État iranienne a annoncé dimanche la désignation de Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien récemment tué lors d’une frappe israélienne, comme successeur à la tête de la République islamique. Cette décision intervient alors que le conflit régional engagé fin février se poursuit et a déjà fait plus d’un millier de morts.
Selon les médias officiels, Mojtaba Khamenei succède à son père après une période de tensions politiques internes, alors que le pays attendait la décision de l’Assemblée des experts, organe religieux chargé de désigner le guide suprême. Personnalité discrète et rarement apparue en public, il était considéré depuis plusieurs années comme un possible prétendant à cette fonction, malgré l’absence de mandat électif ou de poste officiel au sein du gouvernement.
Le nouveau guide suprême devient chef des forces armées iraniennes et supervise également le Corps des Gardiens de la révolution, puissant organe paramilitaire placé sous l’autorité directe de cette fonction. Cette nomination constitue seulement la deuxième transition à ce poste depuis la révolution islamique de 1979.
Cette nomination intervient dans un contexte de conflit régional qui oppose l’Iran à Israël et à leurs alliés respectifs. Les combats ont provoqué de nombreuses frappes sur des installations stratégiques et des zones civiles.
À Bahreïn, les autorités ont accusé l’Iran d’avoir frappé une installation de dessalement essentielle à l’approvisionnement en eau potable, tandis que des dépôts pétroliers à Téhéran ont été touchés lors de frappes israéliennes nocturnes. Les pays du Golfe ont signalé le lancement de centaines de missiles et de drones depuis le début des hostilités le 28 février.
Selon les autorités locales, l’Arabie saoudite a enregistré ses premières victimes civiles, après la chute d’un projectile dans une zone résidentielle. Israël a également annoncé la mort de deux soldats lors de combats dans le sud du Liban contre le Hezbollah. L’armée américaine a pour sa part indiqué qu’un militaire était décédé des suites de blessures subies lors d’une attaque iranienne en Arabie saoudite.
Les bilans provisoires font état d’au moins 1 230 morts en Iran, 397 au Liban et 11 en Israël.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a adopté un ton plus ferme après avoir précédemment exprimé des regrets concernant certaines frappes menées sur des territoires voisins. Il a affirmé que toute pression supplémentaire entraînerait une réponse accrue de la part de l’Iran.
Parallèlement, les autorités iraniennes accusent certains pays de la région de permettre l’utilisation de leur territoire par les forces américaines et israéliennes, affirmant que ces zones pourraient être visées par de nouvelles attaques.
Au Liban, les combats entre Israël et le Hezbollah ont provoqué un déplacement massif de population. Les autorités libanaises indiquent que plus de 500 000 personnes se sont enregistrées comme déplacées en une semaine de combats, un chiffre susceptible d’être sous-estimé.
De nombreuses familles se sont réfugiées dans des écoles, des véhicules ou des espaces ouverts, tandis que les autorités ont annoncé l’ouverture de nouveaux sites d’accueil d’urgence.




