Réunion du G20 à Berlin : Le Maroc partenaire de l’initiative Compact with Africa

Pour soigner le mal, il faut l’attaquer à la racine, là où il existe. C’est partant de ce constat que le G20 a choisi de s’ouvrir sur l’Afrique pour combattre le sous-développement, et à travers lui, l’immigration qui est devenue un véritable défi pour les pays développés. Le Maroc est bien placé pour jouer les premiers rôles étant donné son ouverture sur l’Afrique et le prestige dont il jouit. Il pourrait s’avérer un bon relais de croissance. Berlin a ainsi vécu l’espace de deux jours au rythme de l’Afrique à l’occasion du « G20 compact with Africa » auquel prennent part onze pays africains dont le Maroc.

Cette conférence de partenariat entre les 20 pays les plus industrialisés et l’Afrique cherche à promouvoir l’investissement en Afrique et à réduire les flux migratoires. Les pays africains invités sont le Ghana, le Bénin, la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, la République de Guinée, le Maroc, le Rwanda, l’Egypte, le Sénégal, le Togo et la Tunisie.


Organisée à l’initiative du pays hôte, cette manifestation a pour but de promouvoir les investissements privés et les infrastructures afin de développer le continent africain et créer, par ricochet, de l’emploi à même de sédentariser les autochtones et à réduire les flux migratoires. La Banque africaine de développement (BAD) a estimé les besoins pour développer le continent entre 600 et 700 milliards de dollars par an. Les besoins en infrastructures oscillent, eux, entre 130 et 170 milliards de dollars par an. « Compact with Africa » cherche à répondre en partie à ces besoins en fonds. Elle vient en complément avec d’autres initiatives comme l’Agenda 2063 de l’Union africaine ou l’Agenda 2030 de l’ONU.

La présence de bailleurs de fonds internationaux tels que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque africaine de développement (BAD) a poussé plusieurs chefs de gouvernements à jouer les VRP. Lancée en 2017, « Compact With Africa » se veut un outil pour dessiner un avenir commun entre les pays industrialisés et l’Afrique. Elle compte s’attaquer aux raisons profondes de l’immigration en Afrique pour résoudre le problème à l’amont.

La main tendue

Représenté à ce sommet par Mohamed Benchaâboun, ministre de l’Economie et des Finances, Mohcine Jazouli, ministre délégué chargé de la Coopération africaine et Salaheddine Mezouar et Ali Zerouali, respectivement président de la CGEM et directeur à l’Agence marocaine des énergies renouvelables (MASEN), le Maroc s’est distingué. Au cours de son intervention lors des travaux du sommet, Mohcine Jazouli, a déclaré que le « Maroc est disposé à partager le savoir-faire de son secteur privé avec les pays africains en partenariat avec l’Allemagne, dans le cadre de l’initiative « Compact with Africa » ». S’exprimant lors d’une rencontre-débat, le ministre a affirmé que le « Maroc, fort de son expérience, de son ancrage en Afrique et de ses liens avec l’Europe, est disposé à partager, une fois de plus, son savoir-faire du secteur privé avec les autres pays africains en partenariat avec l’Allemagne dans le cadre du Compact with Africa ». Selon lui, le secteur privé allemand a une opportunité à saisir en rehaussant son engagement en Afrique à travers « la définition et le développement de programmes conjoints, la mise en place de nouvelles réglementations et la mise en œuvre des reformes…».

De son côté, Mohamed Benchaâboun a signé avec le ministre fédéral de la Coopération économique et du développement de la République fédérale d’Allemagne, Gerd Müller, une déclaration d’intention portant sur le lancement des discussions au titre du «Partenariat pour encourager les réformes», dans le cadre de l’initiative du G20 «Compact with Africa».

Faisant partie de l’initiative « Compact with Africa », ce programme consacre les progrès réalisés par le Maroc pour l’opérationnalisation de cette initiative.
Le ministre Benchaaboun a salué le lancement de cette nouvelle initiative et a remercié les autorités allemandes pour le choix du Maroc en tant que pays prioritaire éligible à cette initiative. Selon lui, ce partenariat devrait donner un nouveau souffle à la coopération entre Rabat et Berlin. L’argentier du Royaume n’a pas manqué cette occasion pour inviter les investisseurs allemands à saisir les opportunités qu’offre le Maroc, notamment dans les secteurs émergents avec en toile de fond les réformes structurantes et sectorielles engagées par le Royaume.

Le sommet a été marqué par une première en Afrique : la CGEM a rejoint le Global Business Coalition (GBC), présidée actuellement par Dieter Kempf, Président du BDI. Cette prestigieuse coalition s’inscrit dans le sillage du G20 et représente une plateforme singulière en faveur du dialogue entre les secteurs privés, les gouvernements et les institutions internationales. Fondée en 2012, la GBC regroupe plusieurs patronats issus de pays aux économies fortes et développées, totalisant ainsi plus de 6,8 millions d’entreprises à travers le monde. Le choix d’ouverture économique du Maroc se voit ainsi récompensé.

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