La guerre au Yémen connaît une nouvelle escalade. Après des frappes saoudiennes sur la capitale, les Houthis menacent de s’attaquer aux infrastructures pétrolières du royaume. Riyad cherche à mobiliser ses alliés, tandis que Washington hésite à s’engager directement.
La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite a mené, mardi 13 octobre, des frappes contre des installations situées à la périphérie de Sanaa, la capitale yéménite contrôlée par les Houthis, rapporte Reuters.
Avant les bombardements, le général Turki Al-Maliki, porte-parole officiel de la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, a annoncé sur X une opération ciblée à Sanaa. La direction des forces conjointes a ensuite demandé aux civils d’évacuer la station centrale d’Al-Sabaha, appartenant à la Yemen Petroleum Company, pour leur sécurité. Le communiqué officiel était accompagné d’une carte délimitant le site concerné.
Des dépôts pétroliers également visés à Al-Hodeïda
Les frappes se sont également étendues à la province d’Al-Hodeïda, sur la côte de la mer Rouge. Les médias saoudiens a annoncé mardi des frappes aériennes contre des dépôts « d’approvisionnement pétrolier militaire » attribués aux Houthis à Al-Hodeïda. Les médias yéménites, évoquent des frappes sur des installations de stockage de carburant dans la province. Aucun bilan indépendant des dommages ou des victimes n’était disponible à ce stade.
Selon la chaîne Al-Massirah, proche du mouvement houthi, les bombardements ont visé la station centrale d’Al-Sabaha, un dépôt de carburant appartenant à la Yemen Petroleum Company (YPC). La compagnie affirme que le site ne contenait aucun stock de produits pétroliers et que les frappes n’ont affecté ni les réserves ni les circuits d’approvisionnement.
Les Houthis menacent le cœur pétrolier saoudien
Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a promis une riposte « sévère et douloureuse », désignant explicitement deux cibles potentielles : le siège de Saudi Aramco à Dhahran et une raffinerie située à Riyad.
Le mouvement a également appelé les employés des installations pétrolières saoudiennes à se tenir éloignés des sites susceptibles d’être attaqués.
Ces menaces interviennent après une semaine d’attaques contre les aéroports saoudiens, dont une frappe de missile balistique sur l’aéroport de Riyad, samedi, qui a fait 13 morts. Selon Reuters, il s’agit de l’attaque la plus meurtrière survenue dans le royaume depuis une décennie.
Le gouvernement saoudien, réuni sous la présidence du prince héritier Mohammed ben Salmane, a averti que les Houthis devraient répondre de leurs attaques répétées.
La reprise de la campagne militaire saoudienne au Yémen vise à soutenir le gouvernement internationalement reconnu et à repousser les avancées territoriales des Houthis, notamment sur la côte de la mer Rouge.
En septembre, ces derniers avaient progressé jusqu’aux abords du détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique du commerce maritime mondial.
Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, dans le contexte de la guerre déclenchée le 28 février, Bab el-Mandeb a acquis une importance accrue pour les exportations énergétiques saoudiennes et les approvisionnements internationaux.
Une contre-offensive des forces gouvernementales a permis de repousser les Houthis des positions les plus proches du détroit. Le mouvement conserve toutefois des positions dans la région et a progressé autour de Taëz.
Erdogan soutient Riyad, Trump temporise
Sur le plan diplomatique, le président turc Recep Tayyip Erdogan a assuré mardi Mohammed ben Salmane du soutien d’Ankara, sans annoncer de nouvelle assistance militaire précise.
La Turquie et le Pakistan ont signé cet été un pacte de défense mutuelle avec l’Arabie saoudite, dont la ratification reste en attente au Parlement turc.
Donald Trump s’est également entretenu mardi avec le prince héritier saoudien. Le président américain a vivement critiqué le comportement des Houthis et évoqué la possibilité de solliciter une intervention d’Erdogan en faveur des intérêts saoudiens.
Washington demeure toutefois réticent à s’engager directement dans cette guerre, malgré les démarches de Riyad.
De son côté, l’Iran, allié des Houthis et rival régional historique de l’Arabie saoudite, a proposé une médiation. Une offre formulée par son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, alors que le conflit yéménite s’inscrit désormais dans les répercussions régionales de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.


