Turquie : Erdogan, les dessous d’un putch

La démission de Ahmet Davutoglu s’est faite dans la douleur. Les relations n’ont jamais été aussi tendues entre le Président turc  et son Premier ministre, même si les divergences de points de vue ne sont pas nouvelles.

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Mais elles ont pris ces derniers temps des dimensions telles que la cohabitation n’était plus possible entre les deux hommes.

La politique intérieure du pays est le principal point de divergence entre Erdogan et l’ancien ministre des Affaires étrangères, notamment sur le périmètre d’intervention dans le domaine du renseignement que le président désire garder comme sa chasse réservée.

Autre point de discorde, la direction du Parti Justice et Development au pouvoir et à qui en contrôlera l’appareil. Davutoglu accuse Erdogan d’avoir la mainmise sur toutes les structures du Parti alors que ce dernier reproche au premier d’avoir échoué à former un gouvernement de coalition après les élections anricipees voulues par…Erdogan, et suite auxquelles le PJD a perdu sa majorité au Parlement.

Mais le point crucial qui a fait sauter le couvercle de la marmite demeure le profond désaccord entre le Président et son Premier ministre concernant le système politique du pays : Erdogan le veut présidentiel avec presque les pleins pouvoirs alors que Davutoglu préconise que le régime reste parlementaire et que le rôle du Président soit celui de simple arbitre et garant de la Constitution qu’Erdogan cherchait à tailler à sa mesure.

Cette crise politique intérieure en Turquie coïncide avec les pressions européennes sur le dossier des flux migratoires qu’Ankara peine à contenir. Et même si Bruxelles a supprimé le visa imposé jusqu’à présent aux ressortissants turcs en intégrant la Turquie à l’espace Schengen, l’ouverture d’un bureau israélien au siège de l’OTAN est venu pour exercer davantage de pression sur Erdogan qui ne voyait pas d’un bon oeil cette initiative, lui dont le pays est membre du Traité de l’Atlantique Nord.

 

Abdellah El Hattach

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