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Un Tunisien condamné à mort pour des posts Facebook jugés insultants envers le président

Un verdict inédit qui ravive les inquiétudes sur les libertés en Tunisie

Un tribunal tunisien a prononcé, mercredi, une condamnation à mort à l’encontre d’un homme de 51 ans, accusé d’avoir publié sur Facebook des propos jugés insultants envers le président Kaïs Saïed et menaçants pour la sécurité de l’État. Son avocat a confirmé la sentence vendredi, la décrivant comme un précédent dangereux pour la liberté d’expression dans le pays.

L’accusé, dont l’identité n’a pas été révélée, a été reconnu coupable de tentative de renversement de l’État, d’insulte au président et de diffusion de fausses informations en ligne. Le tribunal s’est appuyé sur le Code pénal et sur le controversé décret 54, adopté en 2022, qui sanctionne sévèrement la diffusion de « fausses nouvelles » portant atteinte à la sécurité publique.

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Selon le jugement, les publications de l’homme « incitaient à la violence et au chaos », bien que son avocat soutienne qu’elles avaient pour unique but d’attirer l’attention sur ses conditions de vie précaires.

Détenu depuis janvier 2024, le condamné est père de trois enfants, journalier occasionnel, et souffre d’une invalidité permanente due à un accident du travail. Son avocat a souligné sa vulnérabilité sociale et son influence très limitée en ligne :

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« La plupart des contenus partagés étaient copiés d’autres pages, et certaines publications n’ont suscité aucun intérêt. »

La peine capitale figure toujours dans le droit tunisien, mais aucune exécution n’a eu lieu depuis 1991. Les tribunaux continuent néanmoins à prononcer des condamnations, rarement appliquées. Dans ce cas, les défenseurs des droits humains s’inquiètent d’un usage politique de la justice, destiné à intimider les voix critiques.

Un climat politique de plus en plus délétère

La Tunisie, berceau du Printemps arabe de 2011 et longtemps considérée comme un modèle démocratique, connaît depuis 2021 un resserrement autoritaire. Kaïs Saïed, après avoir suspendu le Parlement et gouverné par décrets, concentre aujourd’hui tous les pouvoirs. Ses principaux opposants sont soit emprisonnés, soit en exil.

Pour les observateurs, ce jugement illustre la dérive d’un système qui s’éloigne toujours plus des acquis démocratiques. L’application de la peine de mort pour des publications en ligne est perçue comme une rupture symbolique, inquiétant aussi bien la société civile que la communauté internationale.

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