Trump a tranché entre Israël et le Qatar. Il a choisi Doha

Le «Trump Peace Agreement» rebat les cartes : alors qu’une trêve fragile tient à Gaza, l’influence d’Israël sur le processus s’effrite au profit d’un axe Washington–Golfe où Doha s’impose comme chef d’orchestre. La décision charnière ? Après l’attaque israélienne manquée du 9 septembre à Doha, Donald Trump a privilégié la médiation qatarie et verrouillé son soutien à l’émirat, reléguant Benyamin Netanyahou au rôle de suiveur.

1) Le pivot : Doha, nouveau centre de gravité

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Dans son analyse, Lawrence Freedman (Financial Times) décrit un basculement : la libération des otages survivants, l’augmentation de l’aide et un retrait partiel de l’IDF ne suffisent qu’à ouvrir une phase de stabilisation… placée sous l’égide d’une coalition où le Qatar pèse, et où les États-Unis pilotent depuis le CENTCOM à Doha sans déployer de troupes de combat. Cette architecture réduit la marge de manœuvre d’Israël et recentre la médiation sur les monarchies du Golfe.

2) Le tournant du 9 septembre : la “bévue” stratégique

L’aval donné par Netanyahou à une frappe visant des dirigeants politiques du Hamas à Doha a provoqué l’ire du Qatar, qui a menacé de se retirer de la médiation. Trump a dû choisir : préserver l’allié médiateur clé ou couvrir l’escalade israélienne. Il a opté pour Doha, puis a exigé des excuses israéliennes, un signal d’autorité qui a déplacé le centre de gravité diplomatique.

3) Une force de stabilisation sous contrainte de temps

Le maillon suivant du plan : déployer rapidement une force internationale chargée d’imposer l’ordre à Gaza, de sécuriser la distribution de l’aide et de créer les conditions d’une autorité transitoire. L’Égypte est citée pour en prendre le lead, avec des contributions possibles d’Indonésie, du Pakistan, de l’Azerbaïdjan et d’autres partenaires,pendant que Washington coordonne sans «boots on the ground». Le calendrier est serré : chaque semaine perdue accroît le risque de chaos humanitaire et sécuritaire.

4) Victoires tactiques d’Israël, influence entamée

Militairement, Israël a infligé des revers majeurs au «front de la résistance» (affaiblissement du Hezbollah, pressions sur l’Iran). Politiquement, l’isolement a grandi, nourri par la gestion de la guerre et des discussions internes où l’«élimination totale» du Hamas servait de doctrine sans issue claire. Résultat : Trump soutient Israël “jusqu’à un point”, mais impose désormais le tempo, y compris en durcissant la garantie de sécurité à Doha après la frappe.

5) Le «jour d’après» : trajectoire sous conditions

Le scénario porteur et fragile repose sur des “si” cumulatifs :

  • déploiement effectif de la force de stabilisation ;
  • désarmement vérifiable des capacités lourdes du Hamas ;
  • montée en puissance d’une autorité transitoire capable de reconstruire ;
  • réformes de l’Autorité palestinienne ;
  • maîtrise des tensions en Cisjordanie.

Si l’ensemble s’aligne, une ébauche d’État palestinien pourrait émerger, avec peu de leviers immédiats pour Israël, une perspective déjà esquissée par le FT.

Ce qu’il faut retenir

Choix de Trump : après la frappe israélienne à Doha, la Maison Blanche a privilégié la relation stratégique et la médiation qataries.
Doha renforcée : protection politique et sécuritaire américaine explicitée à l’égard du Qatar ; effet d’entraînement dans le processus.
Force internationale : planification accélérée (Égypte pressentie en tête, contributions asiatiques/musulmanes à l’étude), coordination US sans troupe de combat.
Israël : gains tactiques, mais perte d’ascendant diplomatique sur la trêve et le “day after”.

Repères chronologiques
9 septembre 2025 : frappe israélienne à Doha — condamnations internationales ; crise avec le Qatar.
1er octobre 2025 : Washington explicite une garantie de sécurité renforcée envers le Qatar.
10–18 octobre 2025 : consolidation de la trêve et discussions accélérées sur la force de stabilisation.


Sources clés

  1. «Trump had to choose between Israel and Qatar. He chose Qatar», 18 octobre 2025. (Financial Times)
  2. « Planning under way for international force in Gaza », 15 octobre 2025. (Reuters)
  3. « Egypt expected to lead global stabilisation force in Gaza », 18 octobre 2025. (The Guardian)
  4. « ONU, sur la frappe du 9 septembre à Doha et ses suites », 9 septembre 2025. (Financial Times)

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