Le journalisme sportif marocain est en deuil. Saïd Hejaj, plus connu sous le nom de Najib Salmi, s’est éteint le dimanche 25 janvier 2025, à l’issue d’un long combat contre la maladie, à l’âge d’environ 76 ans. Avec lui disparaît une figure centrale de la presse sportive nationale, mais surtout une certaine idée du métier, façonnée par la rigueur, la retenue et le sens de la responsabilité.
Pendant plus de quarante années, Najib Salmi a incarné une presse sportive écrite exigeante, attachée à l’analyse, à la hiérarchie de l’information et à l’indépendance du jugement. Longtemps patron de la rubrique sportive du quotidien L’Opinion, il appartenait à cette génération pour qui le sport ne se racontait pas dans l’instant, mais se pensait dans la durée.
Entré très jeune au journal comme correcteur, il gravit progressivement les échelons, porté par une solide culture, une maîtrise reconnue de la langue et une lecture fine des dynamiques sportives. À la tête du service Sport, il impose une signature reconnaissable, à la fois ferme et mesurée. Sa chronique « Les points sur les i » devient un rendez-vous suivi, marquée par un ton direct, une analyse précise et une liberté de parole assumée, sans jamais céder à la facilité ni à la surenchère.
Observateur attentif des mutations du sport marocain, notamment du football, Najib Salmi savait dénoncer les dérives comme saluer les avancées, toujours dans un équilibre rare entre exigence critique et sens des responsabilités. Il refusait le procès permanent autant que la complaisance, convaincu que la crédibilité du journaliste se construit dans la constance et la justesse.
Son engagement s’est également exprimé au sein des instances professionnelles. Président de l’Association marocaine de la presse sportive de 1993 à 2009, il a œuvré à la défense de la profession, à la consolidation de ses principes déontologiques et au rayonnement des journalistes marocains dans les cadres internationaux.
Au-delà du journaliste, ses pairs évoquent un homme discret, profondément humain, attaché à la transmission et au collectif. Najib Salmi n’aimait ni les projecteurs ni les postures. Il privilégiait le travail de fond, l’accompagnement silencieux, le conseil donné sans ostentation. Pour plusieurs générations, il fut une référence, parfois un repère, souvent une école.
Sa disparition laisse un vide certain dans le paysage médiatique sportif marocain. Mais elle laisse aussi un héritage durable : celui d’une pratique du journalisme fondée sur la rigueur, l’éthique et le respect du lecteur.
Le défunt sera inhumé lundi après-midi au cimetière Chouhada, à Rabat.
À sa famille, à ses proches et à l’ensemble de la profession, nous adressons nos condoléances les plus sincères.


