Cinq ans après la reconnaissance par les Nations Unies de la Journée internationale de l’arganier, le Maroc rappelle, par la voix de sa Mission permanente à New York, la portée d’un arbre devenu bien plus qu’un emblème national : un patrimoine vivant, un levier de développement rural et une réponse concrète aux défis climatiques et hydriques.
Le représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies, Omar Hilale, a marqué, ce dimanche 10 mai 2026, le cinquième anniversaire de la reconnaissance historique par l’ONU de la Journée internationale de l’arganier. Dans une courte vidéo partagée par la Mission permanente du Royaume à New York, le diplomate marocain a rappelé que cet arbre, « trésor du Maroc et patrimoine de l’humanité », incarne aujourd’hui une solution concrète face aux défis du climat et de l’eau.
Omar Hilale inscrit l’arganier dans une triple dimension : nationale, parce que cet arbre est intimement lié aux territoires du Sud-Ouest marocain ; universelle, parce qu’il a été reconnu par le système multilatéral comme un patrimoine d’intérêt mondial ; prospective, enfin, parce que le Maroc entend continuer à porter cette ambition « au service d’un avenir plus durable et plus solidaire ».
La reconnaissance onusienne de l’arganier remonte au 3 mars 2021. Ce jour-là, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte par consensus la résolution A/RES/75/262 proclamant le 10 mai de chaque année Journée internationale de l’arganier. Le texte avait été soumis par le Maroc et coparrainé par 113 États membres, consacrant une mobilisation diplomatique rare autour d’un arbre, d’un écosystème et d’un modèle de développement territorial.
Cette consécration a couronné un long processus de reconnaissance internationale. Dès 1998, l’UNESCO avait désigné l’Arganeraie comme réserve de biosphère, reconnaissant le caractère unique de cet écosystème marocain, sa biodiversité, sa résilience en milieu aride et son rôle dans l’équilibre des territoires du Sud-Ouest du Royaume.
En 2014, les pratiques et savoir-faire liés à l’arganier ont également été inscrits par l’UNESCO au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette reconnaissance mettait en lumière les gestes transmis autour de la culture de l’arbre, de l’extraction de l’huile, de la préparation de produits dérivés et du rôle central des communautés rurales, en particulier des femmes, dans la préservation de ce patrimoine vivant.
Puis, en 2018, la FAO a reconnu le système agro-sylvo-pastoral de l’arganier dans la région d’Aït Souab-Aït Mansour comme Système ingénieux du patrimoine agricole mondial. Cette labellisation a souligné l’intelligence d’un modèle ancestral capable d’associer agriculture, élevage, gestion de l’eau, préservation des sols et adaptation à l’aridité.
L’arganier n’est donc pas seulement un arbre. Il est une infrastructure naturelle. Dans les zones semi-arides du Maroc, il protège les sols, limite l’érosion, contribue à la lutte contre la désertification, soutient la biodiversité et offre une base économique à de nombreuses familles rurales. La FAO rappelle que cet arbre, connu dans le monde entier pour son huile, demeure essentiel à l’équilibre fragile des paysages du Sud-Ouest marocain, tout en étant menacé par le changement climatique, la dégradation des sols et la raréfaction de l’eau.
C’est cette dimension que la déclaration d’Omar Hilale remet au centre du message marocain : l’arganier n’appartient pas uniquement au registre du patrimoine ou de l’identité. Il relève aussi d’une diplomatie climatique, où le Maroc défend des solutions enracinées dans les territoires, portées par les communautés locales et capables de répondre à des défis globaux.
À travers la Journée internationale de l’arganier, le Royaume a ainsi réussi à faire reconnaître un modèle marocain de résilience : un arbre endémique, un savoir-faire féminin et rural, une économie sociale organisée autour des coopératives, un écosystème menacé mais stratégique, et une vision du développement durable qui ne sépare pas la nature, la culture et la dignité économique des populations.
Cinq ans après la résolution de 2021, le message de la Mission permanente du Maroc à l’ONU prend donc la forme d’un rappel diplomatique : l’arganier est marocain par ses racines, mais universel par les réponses qu’il apporte. Dans un monde confronté à la sécheresse, à la pression sur l’eau et à la fragilisation des écosystèmes, cet arbre du Sud-Ouest marocain apparaît désormais comme l’un des symboles les plus puissants d’une écologie de terrain, patiente, sobre et profondément humaine.


