Akhannouch surgit du noir, rallume la scène politique et remet le RNI en ordre de bataille

Samedi, 19h00. Une vidéo tombe. Personne ne l’attendait. Il apparaît seul, debout, dans le noir. Pas de pupitre, pas de militants, pas de drapeaux, pas de salle chauffée à blanc. Aziz Akhannouch n’est plus président du RNI, mais c’est encore lui qui occupe l’écran. Dans une mise en scène au décor presque irréel, construite comme une bande-annonce, le chef du gouvernement s’avance dans une lumière froide, sur fond noir, avec les codes d’une keynote technologique plus que ceux d’une communication partisane classique.

Le message est bref. Il parle de « préparer le Maroc de demain », de « nouvelles idées » et de « grande ambition », afin que le pays soit prêt aux défis du futur. À l’écran, trois indications suffisent à installer le rendez-vous : « 25 min », « 5 axes », « 18/05/2026 ». Une durée, une architecture, une date. Le reste est volontairement laissé en suspens.

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Cette sortie est d’autant plus politique qu’elle intervient après le passage de témoin à la tête du RNI. En février dernier, Aziz Akhannouch a cédé la présidence du parti à Mohamed Chaouki, élu lors du congrès extraordinaire d’El Jadida, dans une succession présentée comme organisée et sans rupture. Transfuge du PAM, député de Boulemane, président du groupe RNI à la Chambre des représentants, Chaouki hérite d’un appareil puissant, mais encore très marqué par l’empreinte de son prédécesseur.

Or la vidéo publiée aujourd’hui dit précisément cela : Akhannouch a quitté la présidence formelle du parti, pas le centre de commandement politique. Face à un nouveau patron du RNI encore en phase d’installation, doté d’un charisme en construction et d’une autorité partisane qui reste à éprouver, le chef du gouvernement revient dans le champ non comme un ancien président, mais comme la figure qui donne le rythme.

Le calendrier renforce cette lecture. La sortie intervient au moment où le ministère de l’Intérieur a lancé la révision des listes électorales générales en prévision des législatives du 23 septembre 2026, et au lendemain de la réunion consacrée à l’accompagnement médiatique public du scrutin. Autrement dit, au moment précis où la machine électorale commence à s’ébranler, Akhannouch choisit de faire irruption dans un format énigmatique, maîtrisé, presque présidentiel.

Le contraste avec le reste du paysage politique est brutal. Les autres partis avancent dans le bruit : querelles internes, fuites, règlements de comptes, fragilités de leadership, figures historiques contestées ou exposées. Akhannouch, lui, choisit le silence scénarisé, le noir, le teaser, la promesse de cinq axes. Il ne commente pas la bataille. Il en fixe le seuil.

La vidéo ne dit pas encore ce que sera l’offre politique du RNI pour 2026. Elle dit autre chose, plus directement : même sorti de la présidence du parti, Aziz Akhannouch reste celui qui allume la scène. Et, ce 18 mai, il pourrait bien ne pas annoncer seulement un programme. Il pourrait donner le coup d’envoi de la campagne.

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