Fouzi Lekjaa salue le retrait du projet FIFA Forward Enterprise et soutient la démarche d’Infantino

Le président de la Fédération Royale Marocaine de Football, Fouzi Lekjaa, a salué la décision de Gianni Infantino d’abandonner son projet d’ouverture du capital des activités commerciales de la FIFA à des investisseurs privés. Ce retrait intervient après une mobilisation internationale conduite par l’UEFA, qui menaçait de boycotter les compétitions de la FIFA. Le projet avait également suscité des interrogations en raison de liens indirects avec l’entourage familial de Donald Trump.

Le président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), Fouzi Lekjaa, a salué la décision du président de la FIFA, Gianni Infantino, de retirer la proposition de création de FIFA Forward Enterprise.

Dans un communiqué, la FRMF estime que les progrès réalisés ces dernières années grâce aux programmes de développement de la FIFA, notamment en Afrique, constituent un acquis qui doit être préservé dans l’intérêt de l’ensemble des associations membres.

Fouzi Lekjaa considère néanmoins que l’unité du football mondial devait primer face aux divergences provoquées par le projet. Il qualifie de « sage » la décision d’Infantino, estimant qu’elle favorise le rassemblement, la cohésion et une approche participative entre les fédérations membres.

Le président de la FRMF a également réitéré son soutien à Gianni Infantino pour les initiatives visant au développement du football mondial. La fédération marocaine insiste, dans son communiqué, sur la nécessité de préserver l’unité de la famille du football dans les processus de décision.

Une entité valorisée à 20 milliards de dollars

Le projet FIFA Forward Enterprise prévoyait la création d’une nouvelle filiale chargée de regrouper les opérations commerciales et événementielles de la FIFA, notamment celles liées à la Coupe du monde, à la Coupe du monde des clubs, aux droits audiovisuels, au sponsoring, à la billetterie et aux licences.

La FIFA devait conserver le contrôle de cette structure, valorisée à environ 20 milliards de dollars, tout en cédant à des investisseurs extérieurs des participations minoritaires et sans pouvoir de contrôle pouvant atteindre 20% du capital. L’opération devait permettre de lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars.

Selon la FIFA, les fonds recueillis devaient être réinvestis dans le développement du football. L’organisation proposait notamment à chacune de ses 211 associations membres un accès facultatif à un financement exceptionnel pouvant atteindre 20 millions de dollars. Reuters a ensuite rapporté qu’Infantino avait évoqué, dans une lettre adressée aux fédérations, un montant global pouvant atteindre 40 millions de dollars par association en cas d’adoption de la proposition avant le 19 septembre.

Cette perspective était particulièrement importante pour plusieurs fédérations africaines, largement dépendantes des financements de la FIFA en raison du manque de sponsors, d’infrastructures et de ressources publiques. Le financement de base actuellement garanti par le programme FIFA Forward s’élève à huit millions de dollars par association sur un cycle de quatre ans.

L’UEFA au premier rang de la contestation

L’UEFA a joué un rôle central dans la levée de boucliers contre le projet. Dès son annonce, l’instance européenne a dénoncé l’idée de faire entrer des investisseurs privés dans une structure appelée à gérer les intérêts commerciaux des principales compétitions mondiales.

Les 55 associations nationales membres de l’UEFA ont ensuite rejeté unanimement la proposition. Elles ont menacé de ne plus participer aux compétitions organisées par la FIFA tant que le projet resterait sur la table et qu’aucune garantie ne serait apportée contre une future ouverture des compétitions à des intérêts privés. Cette menace, qui aurait concerné les Coupes du monde masculines et féminines, a constitué une étape déterminante dans le recul de la FIFA.

La contestation ne portait pas uniquement sur le principe de l’entrée d’investisseurs. L’UEFA et plusieurs autres confédérations reprochaient également à Infantino d’avoir avancé sans consultation suffisante du Conseil de la FIFA, des confédérations et des associations membres.

Après l’abandon du projet, l’UEFA a qualifié cette décision de « victoire pour l’ensemble du football », tout en affirmant que la direction actuelle de la FIFA avait perdu sa confiance. Elle a réclamé davantage de transparence et l’identification des personnes ayant participé à l’élaboration du projet. La Concacaf et la Confédération asiatique ont également critiqué le processus de gouvernance suivi par la FIFA.

Le retrait de FIFA Forward Enterprise ne met donc pas fin aux critiques visant Gianni Infantino. Plusieurs fédérations européennes ont remis en cause leur soutien à sa candidature pour un nouveau mandat lors de l’élection présidentielle prévue en mars 2027 au Maroc.

Un lien indirect avec l’entourage de Donald Trump

Le projet a également suscité des interrogations en raison du profil des investisseurs pressentis. Selon Reuters, le groupe appelé à conduire l’opération devait être mené par un véhicule fondé par Joshua Kushner, fondateur de Thrive Capital.

Joshua Kushner est le frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Cette proximité familiale a établi un lien indirect entre l’opération envisagée et l’entourage du président américain, alors que les relations publiques étroites entre Trump et Gianni Infantino faisaient déjà l’objet d’une attention particulière.

La FIFA a également démenti une information du New York Post selon laquelle Infantino aurait cherché à obtenir le soutien de Trump après l’échec du projet, qualifiant cette version de « pure fiction ».

Le soutien de responsables africains

La prise de position de Fouzi Lekjaa rejoint celles de plusieurs dirigeants influents du football africain. Hany Abo Rida, Hamidou Djibrilla et Ahmed Yahya, membres du Conseil de la FIFA représentant respectivement l’Égypte, le Niger et la Mauritanie, ont également salué le retrait de la proposition tout en apportant leur soutien à Infantino.

Veron Mosengo-Omba, ancien secrétaire général de la Confédération africaine de football et président de la Fédération congolaise, a publié une déclaration allant dans le même sens. La CAF n’a toutefois pas encore adopté de position officielle sur l’avenir du président de la FIFA.

Ces soutiens africains contrastent avec la rupture exprimée par l’UEFA et d’autres confédérations. Ils traduisent également l’importance du programme FIFA Forward pour les fédérations du continent, dont plusieurs considèrent les financements internationaux comme indispensables au développement de leurs infrastructures et de leurs sélections.

Les plus lus

Maroc : Séisme de magnitude 4,7 à 64 km de Midelt

Un séisme de magnitude 4,7 a été enregistré lundi...

Crise de Sebta : Rabat rappelle que le Maroc n’agit « ni sous pression ni sous chantage »

Le Maroc a réaffirmé, lundi 3 août 2026, son...

Sebta : deux ONG internationales dénoncent des conditions « inhumaines » et des retours forcés vers le Maroc

No Name Kitchen et l’Association Elín accusent les autorités...

Associated Press : comment des rumeurs sur les réseaux sociaux ont déclenché une crise migratoire majeure à Sebta

Des publications virales affirmant que la frontière espagnole était...

Related Articles

Focus Thématiques