Le représentant permanent des États-Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz, a reçu mardi à New York une délégation du Mouvement Sahraouis pour la Paix (MSP), une formation dissidente sahraouie qui plaide pour une solution négociée au dossier du Sahara.
La délégation était conduite par le premier secrétaire du MSP, Hach Ahmed Bericalla. Elle comprenait également El-Haja Baboit, membre de la Commission politique permanente, Mohamed Lamine Ennafaa, également membre de la Commission politique, ainsi que Mohamed Cherif, membre du Comité central et responsable des relations internationales du mouvement, selon un communiqué publié mercredi à Madrid par le MSP.
Au cours de la rencontre, les représentants du mouvement ont exposé leur vision pour le règlement de la question du Sahara occidental, qu’ils décrivent comme un « legs de la Guerre froide ». Ils ont également salué l’engagement du gouvernement américain en faveur d’une solution pacifique au conflit, estimant que cette approche rejoint celle défendue par le MSP depuis sa création en 2020.



Le mouvement affirme promouvoir une solution de compromis, « sans vainqueurs ni vaincus », susceptible de garantir la dignité des Sahraouis, leur retour sur leur terre et la préservation de leurs droits en tant qu’habitants originaires du territoire.
Selon le MSP, la délégation a remis à l’ambassadeur américain et à ses collaborateurs un mémorandum consacré à l’évolution du dossier du Sahara occidental depuis ses origines, ainsi qu’aux perspectives permettant de parvenir à un accord politique définitif.
À l’issue de l’entretien, Mike Waltz a publié un message sur son compte officiel X dans lequel il a confirmé sa rencontre avec les représentants du Mouvement Sahraouis pour la Paix. Il les a décrits comme des « voix sahraouies engagées en faveur de la paix, de la réconciliation et de la recherche d’une solution durable », ajoutant que « le monde devrait les entendre ».
Fondé en 2020 par d’anciens cadres et responsables sahraouis, le MSP se présente comme une alternative au Front Polisario. Le mouvement affirme rejeter la violence et défendre une approche fondée sur le dialogue, la réconciliation et le compromis politique. Ses responsables disent vouloir élargir la représentation sahraouie dans le processus onusien, au-delà des acteurs traditionnellement reconnus dans les négociations.
Le Polisario apparaît de plus en plus isolé dans son option de confrontation armée. En recevant à New York les dirigeants du Mouvement Sahraouis pour la Paix, l’ambassadeur américain Mike Waltz donne une visibilité inédite à une dissidence sahraouie qui revendique le dialogue, le compromis et une solution politique au conflit. Ce signal intervient au moment où Rabat accumule les gains diplomatiques : soutien des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni et de l’Espagne, entre autres, au plan d’autonomie, condamnations internationales des attaques contre Es-Semara, et adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui place l’initiative marocaine au cœur du processus onusien.
Les États-Unis poursuivent ainsi, sous l’impulsion du président Donald Trump, leurs efforts en faveur d’un règlement du conflit autour de la solution proposée par le Royaume du Maroc : le plan d’autonomie.



