Un adolescent de 15 ans a perdu sa main gauche, lundi 5 octobre 2026, lors d’un blocage aux abords du lycée professionnel Auguste Béhal, à Lens, dans le Pas-de-Calais. Hospitalisé au CHU de Lille, il est hors de danger vital. L’IGPN a été saisie, tandis que les circonstances exactes de l’explosion restent à établir.
Les faits se sont produits vers 10 h 30-11 h, rue Alexander Fleming, à proximité de l’établissement où le jeune garçon est scolarisé en seconde professionnelle depuis quelques semaines. Entre 200 et 250 lycéens étaient alors rassemblés dans le cadre d’un blocage.
Selon le préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch, une partie des jeunes a projeté des pierres, des feux d’artifice et des mortiers en direction des policiers. Une compagnie de CRS a été déployée. Le préfet a qualifié l’événement de « très grave » et de « regrettable », rappelant que le maintien de l’ordre n’avait pas vocation à « aboutir à ces faits ».
La terrible scène a été filmée par des lycéens présents sur place. Les images, particulièrement éprouvantes, montrent la main gauche déchiquetée de l’adolescent de 15 ans après l’explosion de la grenade de police.
Une version policière encore à confirmer
Selon les premiers éléments relayés par plusieurs sources policières citées par Le Parisien et Le Figaro, l’adolescent aurait ramassé une grenade de désencerclement lancée par les CRS afin de la relancer. Celle-ci aurait alors explosé dans sa main gauche.
Cette version n’est toutefois pas établie à ce stade. Le procureur de la République de Béthune, Étienne Thieffry, a indiqué ne pas être en mesure de confirmer formellement si le lycéen avait ramassé la grenade ou si celle-ci avait directement atterri sur lui. La nature exacte de la grenade utilisée n’a pas non plus été précisée.
L’IGPN saisie
L’Inspection générale de la Police nationale a été saisie pour « délit de violence entraînant une infirmité ou une mutilation permanente ». L’enquête devra reconstituer la chronologie précise des faits, identifier le type de grenade employé et déterminer si les conditions réglementaires de son utilisation étaient réunies.
Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent les suites immédiates de la blessure, sans permettre d’établir avec certitude le déroulement de l’explosion.
Les cours basculent à distance
Après l’incident, le lycée Auguste Béhal a basculé les cours en distanciel et ouvert une cellule d’écoute.
Le drame intervient dans un contexte de mobilisation lycéenne en France. Depuis la fin septembre, plusieurs centaines d’établissements ont été touchés par des blocages et des actions de protestation. Les élèves dénoncent notamment le manque de professeurs, les classes surchargées et l’état de certains locaux.
Les circonstances précises de la mutilation du lycéen restent désormais à établir par l’enquête.



