Gas To Power : Macron lobbyerait-il en faveur du groupe Total auprès de Rabat ?

A la veille de la visite officielle qu’effectuera le président français Emmanuel Macron au Maroc en milieu de semaine prochaine, le président de la branche gaz chez Total, Laurent Vivier, a annoncé jeudi l’intention du groupe pétrolier français d’investir dans des projets d’infrastructures énergétiques et gazières au Maroc et en Afrique du Sud dans le but d’explorer et d’exploiter de nouveaux marchés.

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Le groupe Total, qui compte doubler son portefeuille de gaz naturel liquéfié (GNL) à horizon 2020 pour le porter à 15 millions de tonnes par an, étudie les offres qui lui permettront de se lancer dans de nouveaux marchés et recruter de nouveaux acheteurs de gaz. En 2015, en cédant Total Coal South Africa, qui exploitait des sites de production de charbon en Afrique du Sud, Total avait annoncé sa décision de sortir du business du charbon (production et commercialisation) au profit du gaz.


Selon Laurent Vivier, le groupe Total serait très intéressé par le projet marocain «Gas To Power». Ce méga-projet énergétique d’une valeur allant jusqu’à 4,6 milliards de dollars, comprend l’importation de plus de 7 milliards de mètres cubes de gaz d’ici 2025 et l’installation d’infrastructures gazières et électriques de pointe : 1. Une jetée maritime ainsi qu’un terminal du Gaz naturel liquéfié (GNL) incluant les bacs de stockage à Jorf Lasfar ; 2. Des centrales à cycles combinés fonctionnant au gaz naturel approvisionné à partir du terminal GNL (d’une puissance totale d’environ 2.400 MW) ; 3. Des bretelles de raccordement des centrales à cycles combinés et éventuellement les cavités souterraines de stockage du gaz ; 4. Un gazoduc de transport reliant le terminal GNL au Gazoduc Maghreb-Europe existant.

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Le Maroc souhaite avoir affaire à une seule entreprise qui soit impliquée dans tout ce processus

Pour l’accompagner dans le déploiement du du projet «Gas to power», l’ONEE a désigné, en décembre 2016, le cabinet Ashurst et la banque HSBC pour un accompagneront dans le processus de déploiement.

L’assistance et le conseil juridique ont été confiés à la filiale française d’Ashurst LLP, cabinet d’avocats basé à Londres contre une rémunération de 1,9 millions d’euros. Quant au conseil financier, c’est HSBC Bank Middle East Limited, filiale émiratie de la banque britannique HSBC, qui pilotera ce volet en empochant au passage 7,2 millions de dollars.

En visite à Copenhague, Laurent Vivier, dans une déclaration à Reuters, a assuré que le Maroc «souhait[ait] avoir affaire à une seule entreprise qui soit impliquée dans tout ce processus (…) en vue de lancer un terminal GNL terrestre accompagné d’une infrastructure majeure.»

L’Afrique du Sud, l’autre cible africaine de Total

Le patron gaz de Total a par ailleurs affirmé que son groupe était également intéressé par un projet similaire au projet marocain en Afrique du Sud, où le gouvernement prévoit un investissement de 3,9 milliards de dollars qui nécessitera l’importation de 1,6 million de tonnes de gaz par an.

Total table sur des participations minoritaires dans de tels projets, sachant que la construction d’une centrale électrique à cycle combiné de 400 mégawatts coûte environ 300 millions de dollars.

«Tant qu’il s’agit d’un projet intégré dans lequel nous pouvons placer notre propre production de gaz, nous sommes intéressés de regarder cela de près», a conclu Laurent Vivier.

Notons que huit pays exportent à eux seuls 83,5% du GNL dans le monde : il s’agit du Qatar avec 31,8%, de l’Australie, 12%, de la Malaisie, 10,2%, du Nigéria, 8,3%, de l’Indonésie, 6,6%, de Trinité-et-Tobago, 5,1%, de l’Algérie, 5% et de la Russie avec la Russie avec 4,5%.

 

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