La France a décliné l’invitation du président américain Donald Trump à rejoindre le « Conseil de la paix » chargé de superviser les prochaines étapes à Gaza, en raison de préoccupations liées à son mandat et à son impact sur le cadre des Nations unies.
Dans un communiqué publié lundi, la présidence française a indiqué que la décision avait été prise en raison des pouvoirs jugés étendus du Conseil, au-delà d’une gouvernance transitoire de la bande de Gaza, et de risques d’atteinte aux principes et à la structure des Nations unies. Selon la même source, la charte du Conseil « dépasse le cadre de Gaza et soulève de sérieuses questions, notamment en ce qui concerne les principes et la structure des Nations unies, qui ne peuvent être remis en cause ».
Le président américain a annoncé vendredi la création de ce Conseil, qu’il a présenté comme un élément clé d’un plan en 20 points visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas. Il a précisé que l’organe serait présidé par lui-même.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a souligné lundi les dispositions de la charte du Conseil « à Gaza et ailleurs », ainsi que les « très larges pouvoirs » accordés à son président. Selon lui, le président du Conseil serait en mesure d’approuver la participation de ses membres, de désigner son successeur et d’opposer un veto aux décisions adoptées à la majorité. « C’est très, très éloigné de la Charte des Nations unies », a-t-il déclaré lors d’une intervention devant des universitaires à Paris.
Par ailleurs, le « Conseil de la paix » fait l’objet d’une controverse concernant une contribution d’un milliard de dollars que les pays membres devraient verser pour conserver un statut permanent au-delà de trois ans. Le Canada a indiqué qu’il participerait, mais sans s’acquitter de cette contribution, selon le Premier ministre Mark Carney.
Des invitations ont également été adressées à l’Allemagne, au Royaume-Uni, à l’Albanie, à l’Argentine, à l’Égypte, à la Hongrie, à l’Inde, à la Turquie et au Vietnam. La Russie a aussi reçu une invitation, a indiqué le Kremlin lundi. En Pologne, un conseiller du président Karol Nawrocki a confirmé la réception d’une invitation, tout en évoquant des réserves liées à la participation du président russe Vladimir Poutine. Le Premier ministre Donald Tusk a, de son côté, déclaré que toute adhésion nécessiterait l’approbation du Parlement.
De son côté, le Royaume du Maroc a répondu favorablement à l’invitation du président américain. Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Président du Comité Al-Qods, a accepté de devenir membre fondateur du Conseil de paix proposé par Donald Trump, a indiqué le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger. Dans ce cadre, le Maroc ratifiera la Charte constitutive de cette instance, appelée à prendre la forme juridique d’une organisation internationale œuvrant pour la promotion de la stabilité, la restauration de la gouvernance et la garantie d’une paix durable dans les zones touchées ou menacées par les conflits.
Selon un responsable saoudien, l’Arabie saoudite a également été invitée et examine actuellement cette proposition.
Le comité exécutif du Conseil doit inclure, entre autres, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, le secrétaire d’État américain Marco Rubio, Jared Kushner, gendre du président américain, ainsi qu’Ajay Banga, président de la Banque mondiale.






