La mort de Ali Abdallah Saleh fragilise l’axe MBS/MBZ

Moins de quarante-huit heures après l’annonce de son ralliement à l’Arabie saoudite et la rupture avec les rebelles houthis, l’ex-président yéménite a été tué ce lundi dans une attaque de son convoi blindé qui le transportait à la ville de Ma’rib. En tendant la main à Ryad, Ali Abdallah Saleh a payé cash ce que ses opposants et alliés de la veille appellent une «félonie».

Depuis samedi, jour où l’ex-président yéménite a proposé à la Coalition arabe, qu’il combattait depuis plus de deux ans aux côtés des houthis, de «tourner la page», l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont euphoriques, jubilant pour cette «grande prise». Pour Riyad et Abu Dhabi, le ralliement de Ali Abdallah Saleh signifiait un coup dur pour les rebelles houthis et leur supposé allié iranien.

Les saoudiens et émiratis avaient ouvert ces derniers mois plusieurs canaux de discussion avec le président déchu notamment à travers son propre fils, Ahmed Ali Abdallah Saleh. Ce dernier, ambassadeur du Yémen aux Emirats arabes unis de 2013 à 2015, avait été limogé par Abdrabbo Mansour Hadi, homme des saoudiens et nouveau président de la République du Yémen.


Ambitieux, Ahmed Ali Abdallah Saleh, 43 ans, qui réside toujours à Abu Dhabi, comptait sur le ralliement de son père à la Coalition arabe pour retrouver la tête de la Garde républicaine yéménite qu’il dirigeait d’une main de fer avant le déclenchement de la Guerre civile dans son pays.

Avec la mort de Ali Abdallah Salah, c’est toute la chaîne de commandement de la faction des Salah, emmenée par le Congrès général du peuple, qui est aujourd’hui réduite à néant. Car tout reposait sur le défunt président de 75 ans.

Mais qui avait intérêt à voir le président déchu éliminé de la scène d’une manière aussi violente ? Il y a tout d’abord les houthis qu’il a trahis quarante-huit heures auparavant. Il y a aussi ses propres combattants dont une large frange ne veut pas s’allier à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis. Mais il y a également une partie du pouvoir saoudien qui ne désirait nullement voir ressusciter les démons d’un Ali Abdallah Saleh qui n’en savait que trop sur les Al-Saoud. Le crime profite donc à plusieurs acteurs mais il est certain qu’il mènera la région vers l’inconnu.

L’axe composé des hommes forts d’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, Mohammed Ben Salmane Ben Abdelaziz et Mohammed Ben Zayd Al-Nahyane, qui cherche à gagner la guerre au Yémen par le K.O. se trouve aujourd’hui dans une impasse : 1) Les Nations unies et plusieurs puissances mondiales les incitent à trouver une issue au drame humanitaire qui se déroule au Yémen au vu et au su de la Communauté internationale ; 2) Ils viennent de perdre en Ali Abdallah Saleh l’acteur central qui allait renforcer considérablement le front de la Coalition arabe ; 3) A la veille du sommet du CCG prévu au Koweït, et que Riyad et Abu Dhabi considéraient comme une formalité avec l’éventualité de le boycotter à cause de la présence confirmée du Qatar, MBZ et MBS sont tenus aujourd’hui de revoir leurs cartes au risque de voir Doha, appuyée par l’Iran, reprendre de l’influence dans le dossier yéménite.

La tentative des houthis de frapper Abu Dhabi par un missile balistique Cruise, après celle, le mois dernier, d’atteindre Riyad, qui avait réellement secoué les capitales arabes et les chancelleries occidentales qui y sont représentées, vient profondément reconsidérer l’équilibre militaire et géopolitique et le jeu des alliances de toute la région. Il y va certainement aussi de l’avenir même de la Coalition arabe dont la mission et les objectifs sont voués à être repensés de fond en comble.

Les plus lus

Rita Zniber interdite de quitter le Maroc : les dessous d’une guerre d’héritage

Une plainte pour faux déposée par son beau-fils, des reconnaissances de dettes de 14,4 millions de dirhams et une contre-offensive pour chantage : Jeune Afrique dévoile les contours du nouvel épisode judiciaire qui touche la patronne de Diana Holding. Une affaire dont l’écho reste discret au regard du poids de ses protagonistes.

Istanbul sous l’eau : le gouverneur appelle les habitants à rester chez eux

Des pluies diluviennes ont provoqué des inondations majeures à Istanbul, faisant deux morts. Les écoles sont fermées les 15 et 16 octobre, tandis que les autorités appellent la population à limiter ses déplacements.

Fatima Ezzahra El Mansouri dévoile sa majorité gouvernementale autour de quatre partis

Le PAM, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS forment la nouvelle majorité gouvernementale, forte de 207 sièges à la Chambre des représentants.

À cause d’Israël, Washington menace l’Espagne de sanctions commerciales, Tanger Med récupère le trafic maritime

La Federal Maritime Commission envisage une redevance de 200 000 dollars par voyage pour les navires espagnols et des restrictions sur les importations. La presse espagnole détaille la riposte de Madrid et le report d'une partie des escales vers Tanger.

Implants cochléaires : la profonde gratitude du Panama à SAR la Princesse Lalla Asmaa

Des enfants panaméens atteints de surdité ont été opérés à Rabat pour recevoir des implants cochléaires, des dispositifs électroniques destinés à leur donner accès aux sons. Pour cette prise en charge, la Première Dame du Panama et les familles ont exprimé leur profonde gratitude à SAR la Princesse Lalla Asmaa et à Sa Fondation.

Maroc-Sénégal : Laftit et Cissé veulent approfondir la coopération sécuritaire

Abdelouafi Laftit et Mouhamadou Makhtar Cissé ont échangé à Rabat sur la sécurité, la protection civile et la gestion des grands événements sportifs.

Implants cochléaires : la profonde gratitude du Panama à SAR la Princesse Lalla Asmaa

Des enfants panaméens atteints de surdité ont été opérés à Rabat pour recevoir des implants cochléaires, des dispositifs électroniques destinés à leur donner accès aux sons. Pour cette prise en charge, la Première Dame du Panama et les familles ont exprimé leur profonde gratitude à SAR la Princesse Lalla Asmaa et à Sa Fondation.

IA : Google paie CNN, le Financial Times et Axios pour exploiter leurs contenus

Plus de 400 publications participent désormais au programme d’information de Google consacré à l’intelligence artificielle. Les éditeurs y négocient une rémunération pour leurs contenus, alors que les réponses générées par l’IA réduisent les visites sur leurs sites.

SAR la Princesse Lalla Asmaa inaugure à Rabat la première université inclusive au monde

SAR la Princesse Lalla Asmaa inaugure à Rabat la première université inclusive au monde : quatre écoles, seize diplômes, sept laboratoires et 3.500 places, ouverts aux étudiants sourds, malentendants et entendants.

Fondation Lalla Asmaa : plus de 1.100 Marocains ont bénéficié gratuitement d’un implant cochléaire

SAR la Princesse Lalla Asmaa auprès d’enfants marocains et panaméens à Rabat. Plus de 1.100 Marocains ont bénéficié gratuitement d’un implant cochléaire grâce à la Fondation.

Essaouira à 800 DH aller-retour : réservez votre vol direct depuis Casablanca

Dès le 1er novembre 2026, Royal Air Maroc relie Casablanca à Essaouira les mercredis et dimanches. Tarif fixe : 800 DH aller-retour en économique. Horaires et réservation.

La DGSN reçoit des délégations judiciaires de 24 pays dans son nouveau siège à Rabat

Des responsables judiciaires de 24 pays ont visité le nouveau siège de la DGSN à Rabat, en marge d’un congrès international consacré à la justice et à l’intelligence artificielle.

L’Europe abandonne la course de l’IA, aucun modèle ne peut dépasser celui des USA ou de la Chine

Mme Amal El Fallah Seghrouchni a-t-elle eu raison de miser sur Mistral ? Le tableau dressé par Politico donne de sérieuses raisons d’en douter : aucun modèle européen ne rivalise avec les meilleurs systèmes américains et chinois. La ministre a pourtant engagé un partenariat pluriannuel avec le champion français au nom de la souveraineté numérique. Pourquoi adosser une partie de l’ambition marocaine à un acteur distancé par les leaders ? Et que deviendrait cette stratégie si Mistral venait tout simplement à disparaître ?

Related Articles

Focus Thématiques