Le phosphate piraté par l’Afrique du Sud est et demeurera marocain

Après l’acte de piraterie caractérisé perpétré en mai 2017 par la Haute cour d’Afrique du sud, cette même cour semble aujourd’hui confondre le politique, le géopolitique, l’économique et le judiciaire, en décrétant la cargaison du phosphate du NM Cherry Blossom non marocaine. Une rancoeur et un acte de violence inouïes qui n’ont pas laissé de choix aux autorités marocaines et à l’OCP autres que de se retirer de cette mascarade de procès. Au Maroc, notre combat est un combat double : une cause nationale à défendre par une lutte continue pour la préservation de notre intégrité territoriale; et une quête perpétuelle pour un développement économique inclusif, rigoureux transparent et durable.

La justice sud-africaine a rendu ce vendredi son jugement dans l’affaire du navire transportant du phosphate marocain et qui a été arraisonné le 1er mai 2017. Le tribunal, qui prétend dans ses attendus que la prétendue RASD est le véritable propriétaire de la cargaison du NM Cherry Blossom, a ainsi donné raison à une entité non reconnue par les Nations unies. Le Maroc, qui est dans son droit, ne fléchira pas face à ce dangereux précédent qui n’est fondé sur aucun référentiel juridique et qui viole le droit international.


Qu’il s’agisse de l’affaire du cargo de Port-Elizabeth sur lequel a statué aujourd’hui la justice sud-africaine en dernier ressort, ou l’affaire du navire appartenant à la compagnie de transport danoise Ultrabulk qui a été immobilisé au Panama, au mois de mai 2017, en vertu d’une ordonnance d’un juge panaméen, l’Office chérifien des Phosphates, a respecté les procédures judiciaires locales tout en engageant les équipes d’avocats spécialisés dans ce genre de dossiers.

Si au Panama la question a vite trouvé une issue favorable et que le navire a pu quitter le port vers sa destination finale, il en était autrement en Afrique du sud dont l’appareil judiciaire est loin d’être neutre.

Le précédent d’aujourd’hui a, sans ambages, des relents purement politiques, et ni l’Office chérifien des phosphates, ni le gouvernement marocain, ni les observateurs de la question n’ont donc pas été surpris par l’arrêt du tribunal. Car ce procès, dont s’est retiré l’office en raison de l’inexistence de garanties judiciaires d’un traitement juste et équitable de l’affaire, était purement et simplement une pièce de théâtre orchestrée par le pouvoir sud-africain.

Il n’est pas du ressort de l’OCP de faire de la politique, cela relève du gouvernement El Othmani. Raison pour laquelle l’office a bien fait de ne pas glisser sur ce terrain, miné qu’il est. Par contre, ce qui est dangereux, et il faut le reconnaître, c’est que la Justice sud-africaine s’est basée dans son rendu sur les dispositions entreprises par la Cour européenne de justice dans le dossier de la pêche. Cette jurisprudence risque de faire tache et il est nécessaire de la prendre très au sérieux et d’anticiper les possibles et éventuelles futures basses manoeuvres.

Le gouvernement marocain avait tenté une anticipation diplomatique en approchant l’ancien président sud-africain Jacob Zuma, mais il a fallu que ce dernier soit débarqué du pouvoir par son propre camp de l’ANC, pour que la machine anti-marocaine en place à Pretoria se remette en branle et activer le processus judiciaire concernant la cargaison marocaine.

Choix cynique du timing

Le phosphate piraté n’aurait trouvé aucun acquéreur durant ces derniers neuf mois. Pretoria ne sachant quoi en faire. Ce qui a poussé les pouvoirs publics sud-africain à fixer rapidement une date pour expédier cette affaire dans les brefs délais et se débarrasser de la marchandise.

D’où le choix cynique du timing : la veille d’un jugement crucial attendu mardi 27 février au Luxembourg et qui va inéluctablement remettre en équation toute l’alliance maroco-européenne. Cette architecture machiavélique a été certes montée de toutes pièces par l’Algérie via le Polisario interposé, mais la tête pensante de ce plan démoniaque n’est autre que le dangereux et virulent Western sahara ressources watch –WSRS.

En effet, c’est l’influent WSRS, commandité et grassement financé par Alger, qui est derrière ces actes de piraterie. Malheureusement, la diplomatie marocaine n’est jamais parvenue à le mettre hors d’état de nuire. Pendant que Nasser Bourita faisait des accolades à Abdelkader Messahel à Alger, le WSRS préparait minutieusement son coup.

L’acte hostile que vient de perpétrer l’Afrique du sud à l’encontre du Maroc est une piètre tentative de déstabiliser tout un équilibre géopolitique en place. Le royaume, acteur mondial dans les secteurs du phosphate et de la pêche, est garant d’une stabilité géostratégique non seulement en Afrique mais dans tout le bassin méditerranéen et dans la région MENA. C’est cette portée qu’a feint aujourd’hui d’ignorer Pretoria et qu’on espère comprendront les juges de la Cour européenne de Justice : à défaut, il y a risque majeur de déconstruire toute une structure fondamentale la sécurité afro-euro-méditerranéenne garantie par le Maroc.

 

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